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Lanef.net Archives de la Nef Église Rome, Magistère
À propos de l’autorité du Magistère
Christophe Geffroy
Directeur du mensuel catholique La Nef

Source : La Nef n° 124 de Février 2002

Discerner les degrés d'autorité du Magistère est parfois un exercice difficile et périlleux. L'un des pièges courants à éviter est de se contenter de distinguer de façon binaire les enseignements infaillibles – qui exigent obéissance – et les enseignements non infaillibles – que chacun serait loisible de contester. Sur cette question, l'instruction La vocation ecclésiale du théologien (Donum veritatis), publiée par la Congrégation de la Doctrine de la Foi le 24 mai 1990, demeure une référence. En voici un extrait relatif à notre sujet :


« La liberté propre à la recherche théologique s'exerce à l'intérieur de la foi de l'Église (n. 11).


« Lorsque le Magistère de l'Église se prononce infailliblement pour déclarer solennellement qu'une doctrine est contenue dans la Révélation, l'adhésion requise est celle de la foi théologale. Une telle adhésion s'étend à l'enseignement du Magistère ordinaire et universel quand il propose à croire une doctrine de foi comme divinement révélée.


« Lorsque celui-ci propose "d'une manière définitive" des vérités concernant la foi et les mœurs qui, même si elles ne sont pas divinement révélées, sont toutefois étroitement et intimement connexes avec la Révélation, celles-ci doivent être fermement acceptées et tenues.


« Lorsque le Magistère, même sans l'intention de poser un acte "définitif", enseigne une doctrine pour aider à l'intelligence plus profonde de la Révélation ou de ce qui en explicite le contenu, ou encore pour rappeler la conformité d'une doctrine avec les vérités de foi, ou enfin pour mettre en garde contre des conceptions incompatibles avec ces mêmes vérités, un assentiment religieux de la volonté et de l'intelligence est requis. Celui-ci ne peut pas être purement extérieur et disciplinaire, mais doit se situer dans la logique et sous la mouvance de l'obéissance de la foi.


« Enfin le Magistère, dans le but de servir le mieux possible le Peuple de Dieu, et en particulier pour le mettre en garde contre des opinions dangereuses pouvant conduire à l'erreur, peut intervenir sur des questions débattues dans lesquelles sont impliqués, à côté de principes fermes, des éléments conjecturaux et contingents. Et ce n'est souvent qu'avec le recul du temps qu'il devient possible de faire le partage entre le nécessaire et le contingent. La volonté d'acquiescement loyal à cet enseignement du Magistère en matière de soi non irréformable doit être la règle » (nn. 23-24).


Au niveau de ces deux derniers degrés du Magistère, l'instruction accepte qu'il puisse y avoir des oppositions entre le théologien et le Magistère, à condition toutefois que cette opposition ne procède pas d'un sentiment d'hostilité et ne soit pas objet de scandale, ce qui suppose notamment d'éviter « de recourir aux mass-media […], car ce n'est pas en exerçant ainsi une pression sur l'opinion publique que l'on peut contribuer à la clarification des problèmes doctrinaux et servir la vérité » (n. 30).


On peut donc résumer ainsi les différents degrés d'autorité du Magistère :
1) Le Magistère infaillible concerne les vérités qui appartiennent à la Révélation et qui sont enseignées, soit par un acte extraordinaire du pape (ex cathedra : ex. l'Assomption, 1950) ou d’un concile, soit par le Magistère ordinaire et universel définitif du pape et des évêques en communion avec lui (ex. Evangelium vitæ, 1995).


2) Le Magistère « définitif » concerne les vérités connexes ou liées à la Révélation. Selon Mgr Bertone, secrétaire de la Congrégation de la Doctrine de la Foi, ce Magistère « définitif » est infaillible, mais selon « un type différent » (1), et peut être enseigné soit par un acte extraordinaire du pape (ex cathedra) ou d’un concile, soit dans le cadre du Magistère ordinaire et universel (ex. Humanæ vitæ, 1968 [2] ou Ordinatio sacerdotalis, 1994) (3).


3) Le Magistère « authentique » n'est pas irréformable, mais on 

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