Recherche
 
 
Votre panier est vide

 
 
 
Pour recevoir régulièrement des nouvelles de La Nef, entrez votre courriel et validez
 
Lanef.net Archives de la Nef Église Rome, Magistère
Benoît XVI aux Etats-Unis
M. l'abbé Christian Gouyaud

Source : La Nef n°193 de mai 2008
Le pape a fait aux États-Unis en ce printemps 2008 un voyage important, dont l’étape-clé a été son discours à l’ONU. Compte-rendu.

Du 15 au 21 avril, le Saint-Père s’est rendu aux États-Unis d’Amérique. Ce voyage revêtait d’abord un caractère de « visite pastorale » du Pasteur universel à l’Église qui est en Amérique, à l’occasion du 200e anniversaire de la création des sièges épiscopaux de New York, Boston, Philadelphie et Louisville à partir de l’Église « mère » de Baltimore, laquelle, du même coup, commémorait son élévation, il y a aussi deux cents ans, au rang d’archidiocèse. Selon l’expression de Benoît XVI, il s’agissait d’évoquer, pour rendre grâce, « le bicentenaire d’un partage des eaux dans l’histoire de [votre] Eglise aux États-Unis ». Mais le pape s’exprimait aussi en tant qu’autorité suprême du Saint-Siège qui est un sujet de droit international, notamment lors du discours qu’il prononça à l’Organisation des Nations Unies. La sollicitude du Souverain Pontife devait enfin prendre en considération le traumatisme de tout un peuple consécutif aux attentats du 11 septembre 2001 : de là ce temps fort de son voyage que constitua la prière pour la paix à « Ground Zero ».

Benoît XVI a alterné discours pastoraux ou académiques et gestes symboliques. Les rencontres étaient variées, avec les grands de ce monde comme avec les personnes handicapées. Avec les jeunes de la côte Est, le pape s’est épanché avec beaucoup d’émotion sur son adolescence abîmée par un régime « qui pensait posséder toutes les réponses » et a développé le thème qui lui tient sans doute le plus à cœur : le rapport entre la liberté et la vérité. On retiendra ici trois sujets majeurs de ce voyage.

Une laïcité positive

Bien qu’il soit parfaitement lucide quant aux travers de la société occidentale dont la société américaine est à de multiples points de vue l’archétype, Benoît XVI apprécie particulièrement dans ce peuple « le concept positif de laïcité », lié au fait que, historiquement, les communautés et les personnes qui ont émigré en Amérique ont fui les « Églises d’État » pour fonder un État laïc ouvert aux diverses confessions : « Dans ce pays de liberté religieuse, les catholiques trouvent la liberté non seulement de pratiquer leur foi, mais aussi de participer pleinement à la vie civile, en apportant leurs convictions morales les plus profondes sur la place publique [...]. » En rejetant « une fausse dichotomie entre foi et vie politique [...] la communauté catholique de cette Nation s’est distinguée par son témoignage prophétique pour la défense de la vie », travaillant ainsi « à enrichir la société et la culture américaines avec la beauté et la vérité de l’Évangile ». Un peuple qui « n’hésite pas à introduire dans les discours publics des raisons morales enracinées dans la foi biblique ». A contrario, le laïcisme fragmente l’unité de la personne et ampute l’homme en le privant d’une partie de lui-même – sa foi – afin d’être un citoyen actif. Benoît XVI donne ici toute sa signification à la véritable liberté religieuse dont la pleine garantie « ne peut pas être limitée au libre exercice du culte, mais doit prendre en considération la dimension publique de la religion et donc la possibilité pour les croyants de participer à la construction de l’ordre social ».

Le scandale de la pédophilie

L’Église aux États-Unis a été meurtrie par le scandale des crimes pédophiles de la part d’un certain nombre de membres du clergé. L’onde de choc a été dévastatrice : des milliers de victimes recensées, la faillite de cinq diocèses pour dédommagements et autres frais de justice, un terrible soupçon planant désormais sur une grande majorité de prêtres intègres. Les médias, on le sait, se sont focalisés sur cette situation, laquelle, aux dires du président de la Conférence épiscopale, a « parfois été très mal gérée ». Benoît XVI n’a pas voulu esquiver ce problème 
   Page 1 2 3 Page suivante