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Lanef.net Archives de la Nef Église Rome, Magistère
Dominus Jesus : mise au point de Rome
Christophe Geffroy
Directeur du mensuel catholique La Nef

Source : La Nef n°109 d'Octobre 2000

La déclaration Dominus Iesus, approuvée par le pape le 16 juin 2000 et signée le 6 août 2000 par le cardinal Ratzinger, en tant que préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, ne cache pas son but : elle est une mise au point qui s'adresse aux catholiques, et plus particulièrement à ceux qui sont engagés dans l'œcuménisme ou le dialogue interreligieux. Mise au point qui est apparue nécessaire parce que « la pérennité de l'annonce missionnaire de l'Eglise est aujourd'hui mise en péril par des théories relativistes, qui entendent justifier le pluralisme religieux, non seulement de facto mais aussi de iure (ou en tant que principe) » (1). Ce faisant, la déclaration propose un utile rappel de la doctrine de la foi catholique sur ces questions. Rien de nouveau donc dans ce texte court mais dense, si ce n'est d'avoir rassemblé l'essentiel des références doctrinales nécessaires à une bonne approche de l'œcuménisme et du dialogue interreligieux.


La première partie dénonce les erreurs sur la révélation de Jésus-Christ. « Pour remédier à cette mentalité relativiste toujours plus répandue, il faut réaffirmer avant tout que la révélation de Jésus-Christ est définitive et complète » (n. 5). « Est donc contraire à la foi de l'Eglise la thèse qui soutient le caractère limité, incomplet et imparfait de la révélation de Jésus-Christ, qui compléterait la révélation présente dans les autres religions. La cause fondamentale de cette assertion est la persuasion que la vérité sur Dieu ne pourrait être ni saisie ni manifestée dans sa totalité et dans sa complétude par aucune religion historique, par le christianisme non plus par conséquent, et ni même par Jésus-Christ » (n. 6).


Ce relativisme s'enracine dans une conception erronée de la Révélation et de la foi. La foi n'est pas une simple croyance qui s'appuie sur l'intelligence et la volonté humaines, elle « est un don de grâce », vertu surnaturelle infuse pas Dieu, qui comporte une double adhésion : « à Dieu qui révèle et à la vérité qu'il révèle, à cause de la confiance accordée à la personne qui affirme » (n. 7). C'est pourquoi, il convient d'éviter « l'identification entre la foi théologale, qui est l'accueil de la vérité révélée par le Dieu Un et Trine, et la croyance dans les autres religions, qui est une expérience religieuse encore à la recherche de la vérité absolue, et encore privée de l'assentiment à Dieu qui se révèle. C'est là l'un des motifs qui tendent à réduire, voire même à annuler, les différences entre le christianisme et les autres religions » (n. 7). Enfin, afin d'éviter toute ambiguïté, le texte rappelle que seuls les livres canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testament sont inspirés par le Saint-Esprit. Les livres sacrés des autres religions comme le Coran ne peuvent être qualifiés d'« inspirés », même s'ils reçoivent par ailleurs « du mystère du Christ les éléments de bonté et de grâce qu'ils contiennent » (n. 8).


La seconde partie de la déclaration s'intéresse aux conceptions erronées du Christ, présenté comme une figure historique particulière du divin, mais de façon non exclusive : il existerait ainsi d'autres présences complémentaires, également sujettes de révélations et voies de salut (Mahomet pour les musulmans, par exemple, Bouddha, etc.). « L'Infini, l'Absolu, le Mystère ultime de Dieu se manifesterait ainsi à l'humanité sous maintes formes et par maintes figures historiques : Jésus de Nazareth serait l'une d'entre elles. Plus concrètement, il serait pour certains l'un des multiples visages que le Logos aurait pris au cours du temps pour communiquer salvifiquement avec l'humanité. […] Ces thèses contrastent vivement avec la foi chrétienne » (nn. 9-10). En s'appuyant sur le Nouveau Testament et l'enseignement de l'Eglise, la déclaration montre que le Christ est l'unique médiateur et rédempteur universel.


Cela n'empêche pas que « l'action salvifique de Jésus-Christ, avec et par 

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