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Lanef.net Archives de la Nef Église Rome, Magistère
Précisions de Rome sur l'Église
M. l'abbé Christian Gouyaud

Source : La Nef n°185 de septembre 2007
Le 10 juillet a été rendu public un document de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur « la doctrine sur l’Église ». Il répond très clairement à ceux qui pensent que Vatican II a marqué un changement dans la doctrine en la matière, soit pour s’en réjouir, soit pour s’en offusquer.
La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a publié, le 10 juillet 2007, des « Réponses à des questions concernant certains aspects de la doctrine sur l'Église ». Le même jour, la même Congrégation fournissait un « commentaire officiel » du document en question. Les deux textes se liront aisément de façon synoptique.
Les « Responsa ad questiones » relèvent d'une fonction de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : « la défense des points de la Tradition chrétienne et du magistère qui sont mis en péril par des doctrines neuves et inacceptables ». Comme les « Notifications » qui visent un ouvrage particulier, le ton des Responsa consiste en des énoncés brefs qui, rappelant des interventions magistérielles antérieures, entendent canaliser la recherche théologique, parfois non exempte d'erreurs et d'ambiguïtés, sans articuler davantage des argumentations en vue d'exposer ou d'illustrer une doctrine.
Les Réponses qui nous sont ici apportées visent le thème, central à Vatican II, de l'Église. Ce concile, à la suite du reste de Vatican I, a déporté de façon réflexive son attention de l'objet cru (les mystères de Dieu) au sujet croyant (l'Église), dans une perspective cependant résolument théologique et christocentrique.
La réponse à la première question – Vatican II a-t-il changé la doctrine antérieure sur l'Église ? – a une portée générale qui nous renvoie au grand dessein de Benoît XVI : « l'herméneutique de réforme, de renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Église » (1). Pour le pape, il s'agit de mettre en lumière la croissance organique (l'évolution homogène) de la doctrine catholique quand le Magistère, assisté par l'Esprit Saint, s'attache à parvenir à une meilleure intelligence du mystère. Benoît XVI récuse fermement une interprétation qui conduirait à envisager une « révolution copernicienne », c'est-à-dire une rupture, opérée à la faveur de Vatican II. Certaines expressions, cependant, ont été sollicitées dans un sens qui ne consonne pas avec la foi. D'où ces Responsa.
Les deuxième et troisième Réponses traitent de la question du « subsistit in ». Selon la Constitution conciliaire Lumen gentium, « l'Église du Christ […] subsiste dans l'Église catholique » (n. 8). Pourquoi ne pas simplement identifier l'Église du Christ et l'Église catholique en disant que l'une est l'autre ? Le jésuite Leonardo Boff soutint que l'unique Église du Christ peut aussi exister en d'autres Églises chrétiennes. Ce relativisme ecclésiologique fut condamné en son temps (11 mars 1985) par une Notification de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Les Réponses maintiennent évidemment cette position de la Congrégation en précisant deux aspects :
1) L'expression « subsister dans » est plus forte que « être » car subsister, c'est exister historiquement dans un sujet (un suppôt) individuel concret, par définition incommunicable, donc l'Église du Christ n'existe que dans l'Église catholique.
2) Hors de l'Église catholique, cependant, il n'y a pas de « vide ecclésial » mais on trouve (inveniantur) des éléments d'Église. Le Commentaire officiel, ici, emprunte beaucoup à une conférence de J. Ratzinger donnée en février 2000. Les Réponses, en tant qu'elles émanent de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et qu'elles ont été ratifiées et confirmées par le pape, tranchent par conséquent la question que le théologien W. Kasper pensait devoir « laisser ouverte » : de savoir « si subsistit est employé dans le sens aristotélisque-scolastique de “hypostase-subsistentia” ou dans un sens plus général » de façon « à gagner de la marge sur le “est” en faveur des Églises et des communautés 
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