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L’Opus Dei : 80 ans au service de l’Église
Mgr Antoine de Rochebrune

Source : La Nef n°192 d'avril 2008
Saint Josémaria a fondé l’Opus Dei le 2 octobre 1928 : 80 ans d’une œuvre de sanctification des laïcs dans le monde. Mgr Antoine de Rochebrune, vicaire
de la prélature de l’Opus Dei pour la France, répond à nos questions.


La Nef — Pourriez-vous nous rappeler dans quelles circonstances et dans quel but a été fondé l’Opus Dei en 1928 ?
Mgr Antoine de Rochebrune – La fondation de l’Opus Dei relève du souffle impétueux de l’Esprit Saint, qui ne cesse de susciter dans l’Église des forces de renouvellement et de rayonnement. Un matin de 1928, un prêtre de 26 ans qui, depuis déjà de longues années, se sentait « travaillé » par le pressentiment d’un appel particulier, « vit » enfin ce que Dieu attendait de lui. C’était au cours d’une retraite spirituelle. Il comprit qu’il devait devenir l’instrument d’une grande convocation de chrétiens à la sainteté personnelle et à l’apostolat, au milieu du monde. Ce prêtre a pour nom saint Josémaria Escriva. Il a été canonisé par Jean-Paul II en 2002.

Comment définiriez-vous le charisme propre ou la spécificité de l’Opus Dei dans l’Église ?
Dans l’Église, nous sommes tous appelés à devenir saints dans la vie quotidienne, et à travailler avec toute la perfection possible, pour l’amour de Dieu. Pour rappeler à tous cet appel, Dieu a suscité l’Opus Dei.
Son charisme propre, c’est cette recherche de la sainteté dans et à travers l’accomplissement des devoirs ordinaires du chrétien. Vous le voyez, l’énoncé en est assez simple, mais la réalisation demande une véritable mise en œuvre pastorale. La sainteté est un défi ; la prélature propose des moyens pour avancer dans cette voie.

Peut-on dire qu’il y a une spiritualité de l’Opus Dei comme il y a une spiritualité franciscaine, carmélitaine,… ? Et à quelle spiritualité se rattachait saint Josémaria ?
L’Opus Dei ne propose pas une spiritualité, au sens limité d’une méthode particulière de vie spirituelle. Il propose ce que je préfère appeler un esprit, un style de vie au quotidien, fondé sur la conscience d’être enfant de Dieu, et dont l’axe est la sanctification du travail. Cet esprit tend vers « l’unité de vie » : unité entre la vie de relation avec Dieu et la vie quotidienne. On peut dire que l’esprit de l’Opus Dei repose sur deux vérités centrales : le monde, en tant que créé par Dieu, est bon et peut être le lieu d’une authentique rencontre avec Dieu ; l’Incarnation du Christ témoigne de ce que le divin peut imprégner et régénérer tout l’humain.
Quant à saint Josémaria, il avait des « lieux » de référence privilégiés : l’Évangile, où il voulait inscrire sa vie « comme un personnage de plus » ; les Pères de l’Église, chez qui il retrouvait cette conscience d’être tous appelés à la sainteté ; et enfin, à titre plus personnel, sainte Thérèse d’Avila et saint Jean de la Croix, ses compatriotes, avec lesquels il devait sentir une certaine affinité de tempérament. Son attachement à la vie d’enfance spirituelle le rapproche à certains égards de sainte Thérèse de Lisieux.

À propos de votre fondateur, y a-t-il des traits particuliers qui caractérisent sa sainteté ?
Sans hésitation – même si cela vaut pour tous les saints – je pense à son amour de l’Eucharistie et à son amour de la Vierge Marie. Il disait que la Messe était « le centre et la racine » de toute vie intérieure. Il fut aussi un apôtre du Rosaire. Son petit livre Saint Rosaire, rédigé d’une traite à la fin de la Messe, en 1934, est un merveilleux guide pour découvrir ou redécouvrir les richesses de cette dévotion.
Je pense aussi à sa foi en l’Église, trempée dans les épreuves de la fondation, des incompréhensions du début, et aussi dans les années de crise post-conciliaire qui ont coïncidé avec la fin de sa vie.
Il me semble enfin que sa sainteté était, pour ainsi dire, extrêmement « aimable » : joyeuse, pleine d’humour 
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