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Entre les lignes de front
Ernst Nolte
Livre
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Editeur : Editions du Rocher
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Présentation de l'éditeur
Dans ce livre d'entretiens avec le philosophe Siegfried Gerlich, Ernst Nolte revient sur son itinéraire intellectuel, en insistant sur ses deux centres d'intérêt principaux : la philosophie allemande et l'histoire des idéologies et des mouvements idéologiques.
Nolte revisite la querelle des historiens qui, en 1986-1987, a animé le champ de l'histoire contemporaine en Europe et l'a opposé à Jurgen Habermas.
Il aborde ensuite cinq thèmes majeurs : - L'influence de la révolution bolchevique sur le XXe siècle et sa relation dialectique avec l'apparition du nazisme ; - l'influence de Marx et du marxisme dans l'émergence des exterminations de masse du XXe siècle ; - la part de la passion exterminatrice dans l'œuvre de Nietzsche ; - sa relation à Martin Heidegger, dont il fut l'étudiant après guerre ; - l'évolution de la droite en Allemagne depuis 1945.
Au total, un livre de philosophie historique, mais aussi un livre très personnel et donc très vivant.
Recension
n°192 avril 2008
Bon connaisseur
des modernes phénomènes
totalitaires, Ernst Nolte, voilà une
vingtaine d’années, s’est acquis
une assez mauvaise réputation
pour avoir expliqué les origines
du nazisme par le précédent bolchevique,
en d’autres termes,
pour avoir soutenu l’existence
d’un « nexus causal » entre la
révolution d’Octobre, considérée
par lui comme la « catastrophe
originelle » du XXe siècle, et la
folle aventure hitlérienne. Ainsi,
le concept de race, chez le fondateur
du IIIe Reich, serait une
réponse au concept marxiste de
classe, et le projet d’assassinat
racial issu d’un projet antérieur :
l’assassinat social (nobles, bourgeois,
koulaks, intellectuels…).
Bien entendu, des désaccords se
manifestèrent, âpres et même violents,
qu’on a englobés sous le
nom de « querelle des
historiens », déclenchée en 1986.
Nolte, d’ailleurs, un peu plus
tard, n’allait pas arranger son
cas lorsque parurent, en 1993-
1994, les Streitpunkte (« Points
litigieux ») et, par-dessus le marché,
un entretien donné au Spiegel,
ces deux textes ayant la particularité
de s’intéresser (dans une
perspective, à vrai dire, exclusivement
scientifique) au propos
« révisionniste ». C’était commettre,
en Allemagne, un « péché
mortel ». Il ne lui a jamais été
pardonné.
Au reste, sur ses concitoyens,
Nolte pose un regard soucieux.
Beaucoup, aujourd’hui, sont hostiles
à la patrie, et se fait jour une
aspiration, « puissante et tout
bonnement prédominante », à
abolir l’État national – aspiration
qui trouve des champions jusque
dans les rangs de la CDU. Fin de
la culture allemande ? Fin du peuple
allemand ? De toute façon,
questions actuelles.
Michel Toda