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Je dis nous
Guy Dupré
Livre
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Editeur : Editions de La Table Ronde
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Présentation de l'éditeur
Sous le titre je dis nous sont ici regroupés articles, préfaces ou études qui reflètent les préoccupations et prédilections majeures du romancier mémorialiste du Grand Coucher et des Manœuvres d'automne. Des arrière-plans de la Révolution française à l'affaire Dreyfus, de la Grande Guerre au drame des officiers perdus, de la guerre franco-française telle que l'a vécue la première génération française d'anciens non-combattants à la décoloration progressive de l'Histoire de la France, c'est une véritable revisitation de nos anciens théâtres d'opérations intérieures et extérieures.
Recension
Qu’on nous cite un seul
homme, un seul écrivain français
vivant capable d’écrire avec
autant d’amour et de plain-pied
sur Barrès et sur Crevel, sur Breton
et sur De Gaulle en même
temps. Sinon Guy Dupré.
Les éditions de La Table
Ronde ont eu l’audacieuse idée
de republier, compilés, une trentaine
d’articles de critique littéraire
tombés de la main de Guy
Dupré depuis 1952, ce vieux
monsieur qui se révèle ici aussi
fin journaliste qu’il est magnifique
romancier. Dupré aborde les
plus grands, d’Apollinaire à
Gracq, et refait l’histoire de la
littérature française au XXe siècle
à sa convenance, non sans jeter
ses filets beaucoup plus loin,
chez Rimbaud, chez Hugo ou
chez Balzac.
C’est une mémoire,
avec tout ce que cela importe de
vivant, qui passe devant nous,
un ressouvenir de splendeurs
passées et de folies
éteintes, où Barrès est
raconté par Maurras
dans La feue France,
Nerval redessiné et
Barbey encore convoqué. Voici
aussi De Gaulle qui « donne le
spectacle d’un type d’ambitieux
qui n’aurait pas trouvé son romancier
– lui qui n’a eu que Malraux
aurait passionné Barrès, qui n’eut
que Boulanger ».
Merveilleux voyage vers un
hier et un avant-hier déjà si lointains,
dont nos ordinateurs, qui
ont le pouvoir de la simultanéité
mais pas celui du retour, nous
écartent toujours un peu plus.
Alors, reste à s’exclamer, avec
Théophile Gautier :
« Ne nous moquons pas de ces
hommes
Qu’en riant le gamin poursuit ;
Ils furent le jour dont nous sommes
Le soir et peut-être la nuit ».
Jacques de Guillebon