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La mère horizontale
Carole Zalberg
Livre
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Présentation de l'éditeur
" Je n'ai de ma mère que des souvenirs horizontaux. Je ne la vois guère autrement que couchée, étendue, jetée à terre. Je ne me la rappelle qu'échouée. " La mère horizontale creuse un chemin singulier, celui des égarés de l'Histoire, à travers trois générations de femmes, des mères qui ne savent pas être mères ou si mal, des filles à la dérive et au capital d'amour inexploité. Une écriture musicale et expressive, un roman sobre, émouvant et juste, allant à l'essentiel.
Recension
n°191 mars 2008
Le dernier roman
de Carole Zalberg,
La mère
horizontale, tisse un
entrelacs subtil où se croisent, se
nouent et se dénouent trois histoires
parallèles qui, le lecteur le
comprendra vite, ne forment en
réalité qu’une seule et même
aventure, celle de l’amour maternel.
Trois générations de mères se
superposent dans un récit
formellement original – on pourrait
dire sériel – qui nous bouleverse
parce qu’il touche au coeur même
de notre affectivité : la relation à
la mère. Emma, Sabine et Fleur
esquivent, trébuchent et rédiment
la maternité. En lisant ce roman,
on songe à l’essai de Jacques de
Guillebon, Nous ne sommes les
enfants de personne, qu’il illustre
d’une certaine manière mais avec
cette touche proprement féminine
qui sauve au moment même où il
accuse. Un savant « tuilage » des
temporalités nous plonge dans la
profondeur de la relation fillemère
avec beaucoup de pudeur et
parfois de rudesse. Solitude, mensonge,
évitement et rachat,
angoisse enfin d’avoir à être
mère, à être fille et petite fille
quand tous les repères semblent
avoir disparu. Seuls subsistent la
lucidité de la narratrice et un
secret espoir, ténu en vérité,
comme dans certains romans de
Dostoïevski, où il faut passer par
l’abîme pour entrevoir la possibilité
d’une relation qui ne soit pas à
tout jamais manquée. Le roman
de Carole Zalberg nous touche
parce qu’il parle de ce à quoi
nous avons tous aspiré et que
nous espérons encore : croire que
nous pouvons aimer, malgré tout,
les êtres qui nous sont les plus
chers et dont nous portons en
nous l’inguérissable blessure.
Alain Durel