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La mère horizontale
Carole Zalberg
Livre
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Année :
2008
Editeur :
Albin Michel
EAN13 :
9782226182036
Notre référence :
30875
Nombre de pages :
206

Présentation de l'éditeur
" Je n'ai de ma mère que des souvenirs horizontaux. Je ne la vois guère autrement que couchée, étendue, jetée à terre. Je ne me la rappelle qu'échouée. " La mère horizontale creuse un chemin singulier, celui des égarés de l'Histoire, à travers trois générations de femmes, des mères qui ne savent pas être mères ou si mal, des filles à la dérive et au capital d'amour inexploité. Une écriture musicale et expressive, un roman sobre, émouvant et juste, allant à l'essentiel.
 


Recension

n°191 mars 2008

Le dernier roman de Carole Zalberg, La mère horizontale, tisse un entrelacs subtil où se croisent, se nouent et se dénouent trois histoires parallèles qui, le lecteur le comprendra vite, ne forment en réalité qu’une seule et même aventure, celle de l’amour maternel. Trois générations de mères se superposent dans un récit formellement original – on pourrait dire sériel – qui nous bouleverse parce qu’il touche au coeur même de notre affectivité : la relation à la mère. Emma, Sabine et Fleur esquivent, trébuchent et rédiment la maternité. En lisant ce roman, on songe à l’essai de Jacques de Guillebon, Nous ne sommes les enfants de personne, qu’il illustre d’une certaine manière mais avec cette touche proprement féminine qui sauve au moment même où il accuse. Un savant « tuilage » des temporalités nous plonge dans la profondeur de la relation fillemère avec beaucoup de pudeur et parfois de rudesse. Solitude, mensonge, évitement et rachat, angoisse enfin d’avoir à être mère, à être fille et petite fille quand tous les repères semblent avoir disparu. Seuls subsistent la lucidité de la narratrice et un secret espoir, ténu en vérité, comme dans certains romans de Dostoïevski, où il faut passer par l’abîme pour entrevoir la possibilité d’une relation qui ne soit pas à tout jamais manquée. Le roman de Carole Zalberg nous touche parce qu’il parle de ce à quoi nous avons tous aspiré et que nous espérons encore : croire que nous pouvons aimer, malgré tout, les êtres qui nous sont les plus chers et dont nous portons en nous l’inguérissable blessure. Alain Durel