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L'aube des traducteurs : De l'hébreu au grec
traducteurs et lecteurs de la Bible des Septante IIIe s. av. J.-C. - IVe s. apr. J.-C.
Alexis Leonas
Livre
Prix :
29,00 €
Disponibilité :
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Année :
2007
Editeur :
Cerf
EAN13 :
9782204080354
Notre référence :
26498
Nombre de pages :
239

Présentation de l'éditeur
" Il était une fois une traduction... " Ainsi commence ce livre qui n'est pas un conte mais qui paraît en raconter un : bien que fruit d'une culture archaïque et étrangère aux Grecs, avorton littéraire en marge d'une culture riche et presque saturée, les Ecritures juives, par la grâce de la traduction des Septante, devinrent l'Ecriture sainte du monde gréco-romain. Et le conte a perduré : devenu religion officielle de l'Empire romain, le christianisme a instauré la Bible comme son livre de référence, et c'est toujours son statut vingt-trois siècles après cette première traduction. Première ? Oui. Dans un monde où toute culture s'enfermait dans sa suprématie (soit contre tout ce qui était " barbare " pour les Hellènes, soit, au contraire, contre tout ce qui était grec, donc étranger, pour les autres peuples méditerranéens - qui résistaient déjà à une première vague de globalisation), dans un monde où les échanges entre les cultures se faisaient par des voies obliques, on ne pratiquait pas la traduction littéraire (l'idée même d'une telle transmission, si coutumière pour nous, était absente de l'horizon intellectuel de l'Antiquité). Et cette traduction improbable a surgi. C'est cette histoire qui nous est racontée : celle des traducteurs, celle des lecteurs, celle des mots et du langage. Des considérations sur l'intérêt philologique et historique de cette première traduction émerge tout naturellement la question du sens de l'Ecriture - tel qu'il était pour l'Antiquité tardive, tel qu'il pourrait être pour une modernité tardive.
 


Recension

n°192 avril 2008

Depuis un siècle, la domination absolue de la version hébraïque (massorétique) de la Bible, fixée par les rabbins dans un contexte de polémique violente entre juifs et chrétiens, a singulièrement obnubilé, rétréci et même déformé en sens unique la réception catholique des Livres Saints. Mais la découverte providentielle des manuscrits de la mer Morte et l’approfondissement des autres textes traditionnels très anciennement attestés a suscité un intérêt renouvelé pour les autres versions et, surtout pour la Septante, qui sortent bien souvent renforcées par la confrontation. Alexis Léonas affirme, avec des développements très serrés, que l’araméen et l’hébreu sont deux sources aussi anciennes et aussi respectables. Et extrêmement imbriquées. Il rappelle par exemple les affirmations du Talmud de Babylone sur l’araméen, langue d’Adam, les étymologies araméennes des premiers noms de la Genèse, et la lecture possible en seul araméen de quelques versets clés. Il resitue ainsi la langue sacrée entre les deux idiomes. Mais ce qui est fondamental, c’est que les Écritures juives sont devenues, par la lecture des Septante, l’Écriture sainte de l’oikouméné. Si, très rapidement, cette traduction a été considérée comme miraculeuse, nous savons bien, qu’elle a été au moins providentielle en préparant le monde antique à la révélation chrétienne. Si l’Église latine rappelle régulièrement que la Vulgate reste le seul texte de référence liturgique, de même que les Églises orientales n’ont jamais utilisé que la Septante, ce n’est pas par hasard. Quand on entend aux offices de Noël, en français, qu’« une jeune femme va enfanter » on peut bien sûr se demander l’intérêt d’une aussi banale information, mais surtout se scandaliser en pensant à la Vierge, Parthenos de la Septante, Virgo de la vieille (version) Latine comme de la Vulgate. Et même à l’Almah dont le rabbin Drach expliquait déjà voilà 150 ans qu’il voulait toujours dire simplement vierge, malgré toutes les traductions polémiques antichrétiennes. Jacques Bordelais