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Le Candidat
Jean Cau
Livre
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Présentation de l'éditeur
Sollicité par des amis bienveillants, Jean Cau entreprit en 1989, peu avant sa mort, la démarche la plus contraire à son caractère et à ses principes : il brigua le siège d'Edgar Faure à l'Académie française. Le Candidat est le récit de cette aventure incongrue. Visites, lettres, dîners en ville : il fallut déployer toute la panoplie du flagorneur pour un bide que, au fond, il souhaitait sans se l'avouer. On retrouve dans ce récit tout l'humour et le panache de l'hidalgo Jean Cau, servis par un style éblouissant. On y retrouve aussi le détail, quasi ethnologique, des coutumes bizarres de la prestigieuse institution. Et puis, caustiquement campées, des figures qui ont fait l'actualité littéraire et culturelle française des années quatre-vingt. Spéculations et cabales politiques vont bon train tandis que le Candidat, ce " mouton noir " de la littérature française, va au pinacle comme il irait à l'abattoir...
Recension
À l'heure où l'Académie Française
connaît une crise d'âge malgré
les progrès de la médecine
gériatrique, le récit posthume de Jean Cau sur sa
candidature à l'habit vert vient à point nommé
nous offrir sa vision de la course aux honneurs,
sport national qui n'épargne que le cénobite le
plus endurci.
Ironie de voir ces vénérables personnes, galets
lisses du ressac de l'existence, garder assez de
force pour l'hypocrisie la plus courtoise et les
combats inutiles d'une institution qui semble
avoir perdu jusqu'à son âme. Le fictif discours
d'investiture qu'il nous livre est proprement jubilatoire,
et il eut été dommage qu'il fût perdu, face
aux lénifiants propos téléscriptés délivrés par la
clique médiatique qui, à quelques salutaires
exceptions, a troqué le verbe pour la novlangue.
Notre candidat va ainsi effectuer la campagne
la plus courte et la plus farfelue, allant visiter
en leur tanières les plus aimables des académiciens,
à qui la flatterie doit être pesée avec
précision. Dopé par ses supporters, allant de
roulade en roulade, Jean Cau dédie ce livre à
ses frères de plume, ouvrant le chemin qu’il ne
faut jamais prendre. Lui l’a pris, à la rigolade :
merci !
Aldric van Gaver