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Le rêve de Jules Lebridour
Neuf contes de notre temps
Jacques Trémolet de Villers
Livre
Disponibilité : Habituellement expédié sous 6 à 10 jours
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Editeur : Dominique Martin Morin
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Présentation de l'éditeur
Aux dires de certains experts autoproclamés, le conte et la nouvelle seraient des genres littéraires en voie de disparition.
Telle n'est pas l'opinion de Jacques Trémolet de Villers qui livre ici neuf contes, dont les personnages se croisent sans se rencontrer et emmènent le lecteur de Paris à Ajaccio, des fêtes du Royaume d'Arles à la montagne corse, du Haut Anjou à l'Andalousie.
Le conte veut une plume rapide qui suggère sans insister, favorise le rêve sans épuiser l'attention. Parce qu'il n'appuie pas, évite la démonstration et n'a rien à prouver, il est ami du coeur autant que de l'esprit. Il adoucit d'un sourire ce que son intelligence aurait de trop cruel.
Bref, il est ailé, comme la parole des chants d'Homère et comme le casque des guerriers de cette tribu en voie de disparitionmais qui n'en finit pas de se moquer de la défaite et de l'ennui, les gaulois, nos ancêtres.
Il se pourrait bien que, défiant les pronostics des tristes marchands de papier, les contes soient le genre ailé de notre temps.
Recension
Si Jacques Trémolet de Villers
est devenu orateur, nul doute
qu’il était né poète.
L’avocat aux
causes célèbres, le chroniqueur
férocement drôle promoteur de
l’idée royale se révèle enfin
aujourd’hui, non pas à lui-même
certainement puisqu’il est indubitable
qu’il s’est toujours connu
comme tel, mais au jugement du
public, à la manière d’un conteur
hors pair dont l’ardeur de la
veine stylistique dépasserait encore
la puissance de l’organe
vocal.
Les neuf contes « de notre
temps », neuf contes comme
autant d’enfants, qu’il nous
donne aujourd’hui, dégagent à
l’ouverture une brusque pudeur
d’amoureux qui se déclare.
Amoureux d’une civilisation qui
aurait emprunté le visage d’une
patrie pour élever le monde,
amoureux d’une humanité
entière à qui le salut est un destin,
le nouvelliste engage à travers
la pitoyable figure de son
héros récurrent, ce jeune homme
au patronyme douteux, Jules
Lebridour, une partie contre la
fatalité des temps. Ainsi, celui
qui « n’avait pas d’âme », fruit
adultérin du commerce de l’argent
avec le pouvoir, devient
bientôt fil conducteur de la
manifestation salvifique de
l’Esprit dans le monde.
De Paris
nocturne à Florence tard le soir,
passant par la Corse terre brûlée
et une Vendée qu’hantent ses
martyrs oubliés, Lebridour,
Jules, déserteur, ces jeunes filles
aperçues qui n’ont jamais arrêté
de fumer, ces étudiants tombés
en mystique au porche des églises
se constituent en autant
d’« hommes qui se rapprochent »,
toujours plus près de ce gouffre
étrange qu’on appelle l’espérance,
vide où c’est par où l’on a
chuté qu’on est finalement
sauvé.
Jacques de Guillebon