Recherche
 
 
Votre panier est vide

 
 
 
Pour recevoir régulièrement des nouvelles de La Nef, entrez votre courriel et validez
 
Lanef.net Boutique Culture
Le roi vient quand il veut
Propos sur la littérature
Pierre Michon
Livre
Prix :
22,00 €
Disponibilité :
Habituellement expédié sous 6 à 10 jours

 
Mon panierX

Ce produit a été
ajouté à votre panier
Passer la commande
Continuer les achats
 
Ajouter à ma commande
Année :
2007
Editeur :
Albin Michel
EAN13 :
9782226179685
Notre référence :
28874
Nombre de pages :
393

Présentation de l'éditeur
Parmi les entretiens que j'ai donnés depuis 1984, j'en ai réuni trente. On y trouvera le jeu de masques que ce genre exige, des contrevérités peut-être, de l'incongru, des traits de mauvaise foi, mais sûrement aussi quelques vérités, pas toutes involontaires. Et puis, relisant ces propos, je me dis qu'à défaut de la vérité introuvable, on y trouve enlacés les souvenirs et les lectures qui m'ont constitué : le panthéon aztèque et la chasse à Dieu dans Moby Dick, " le petit roman de trente pages " de Lautréamont et le rasoir d'un théologien anglais, une écoute enfantine de Salammbô qui est ma scène primitive, des lieux et des noms. Melville et Faulkner, Beckett y voyagent parmi des toponymes limousins. Mes morts bavards, Flaubert, Rimbaud et Villon, Giono et Borges, Hugo y fréquentent des prolétaires morts sans discours. J'ajoute que, si j'ai peu touché aux entretiens que j'avais donnés par écrit, j'ai retouché librement ceux qui, enregistrés, avaient été récrits par mes interlocuteurs. Que ceux-ci ne me tiennent pas rigueur de cette réappropriation.
 


Recension

n°192 avril 2008

Pierre Michon est un auteur pour happy few, un auteur de cercle, qui se transmet comme un mot de passe. Il faut pourtant briser l’omerta, car c’est un de nos meilleurs écrivains. Ses publications sont rares mais éclatantes. Tout d’abord Les Vies minuscules qui, comme le titre le sous-entend, sont des vies, genre littéraire à part entière où se sont illustrés Plutarque, Jacques de Voragine ou Schwob. Dans toute son oeuvre, Michon s’attache à faire vivre les petits et les humbles, qui n’ont aucune place dans la littérature. C’est cette oeuvre riche de concision, intense d’humanité, courte en volume et forte de charité sur laquelle Michon revient, dans Le roi vient quand il veut. Il la traite parfois avec désinvolture, souvent avec humour. Ce recueil d’articles nous permet de mieux cerner une vision littéraire qui paraît, à de nombreux égards, énigmatique. Rentrer dans le monde de l’auteur de La grande Beune, c’est un peu comme entrer en religion (michoniste, bien entendu !). Notre auteur, qui aurait pu faire une belle carrière en hérésie, est fasciné par la religion catholique, ce qu’il ne cesse de clamer. Le grand intérêt de l’oeuvre de Michon réside dans le fait de sa démarche créatrice. Dans un monde sans Dieu, Michon redonne leurs lettres de gloire aux pauvres et aux petits qui ont disparu. Écrire sur ces petits leur permet d’accéder à une première « résurrection des corps ». Michon dit écrire comme s’il s’adonnait à la prière, son oeuvre est une oraison à un monde vide, où l’homme a abandonné Dieu et la personne au profit du marché et de l’individu. Derrière la nostalgie des pauvres qu’il chante, paraît le rejet de la société du marché triomphant, où l’oeuvre est objet commercial. Pourtant, aux yeux de Michon, qui résiste par la brièveté de son écriture, la Grâce existe, elle se cache dans les oeuvres qui elles-mêmes font la preuve de Son existence. Dans ses aventures de « créature déchue en individu », Michon, frère d’un Péguy non converti, défend une société aux valeurs chrétiennes qui s’évanouit à la suite du monde paysan. Par ailleurs, Michon relit l’histoire littéraire avec l’idée sous-jacente que la création artistique s’inspire d’une réalité supérieure et sacrée, en particulier chez Flaubert et Faulkner. À la lumière de son inspiration, Michon nous réenracine dans le monde. Et Dieu dans tout ça ? « Il existe, car il est le dédicataire de l’art. » François Tranchant