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L'Enigme des sables
Erskine Childers
Livre
Produit indisponible
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Année :
2099
Editeur :
Editions Phébus
EAN13 :
9782752903396
Notre référence :
30868

Présentation de l'éditeur
Une courte missive reçue d'un ami perdu de vue, une invitation à venir le rejoindre sur son yacht pour une croisière, avec la perspective de chasser quelques canards... et voilà le jeune Carruthers, qui s'ennuie dans son ministère à Londres, embarqué dans une aventure invraisemblable. Celle-ci va le conduire de la Mer Baltique aux îles de la Frise, et à la découverte d'un redoutable plan d'invasion de l'Angleterre.
L'Enigme des sables, paru en 1903, est au roman d'espionnage ce que les aventures de Sherlock Holmes sont au roman policier : une œuvre fondatrice, incontournable, que toute bibliothèque devrait posséder. Mêlant humour et aventures maritimes, ce texte est aussi un document historique exceptionnel.
 


Recension

n°193 mai 2008

Habituellement, les auteurs de romans d’espionnage ont l’imagination débordante et meurent dans leur lit. Ce n’est pas le cas de l’Irlandais Erskine Childers qui aura le sinistre privilège de mourir debout, le regard droit, face aux fusils britanniques. Pourquoi vous parler de Childers, auteur aujourd’hui bien oublié ? La raison la plus simple est que les éditions Phébus viennent de rééditer The riddle of the Sands, L’Énigme des sables en français, le roman historique de Childers. Travaillant sur l’histoire de la révolution irlandaise, j’avais entendu parler de ce livre, sans avoir pu ni pris le temps de le lire. Sa réédition est tombée fort opportunément. Le caractère historique de L’Énigme des sables ne tient pas tant à ses qualités littéraires – il n’en est pas dénué, mais sans excès – qu’au rôle qu’il a joué avant la Première Guerre mondiale. Irlandais, fidèle sujet de sa Très Gracieuse Majesté britannique, Erskine Childers était persuadé que la flotte militaire allemande pouvait menacer la Grande-Bretagne. Pour convaincre les autorités britanniques, il n’a rien trouvé de mieux que d’écrire un roman expliquant fort astucieusement les risques d’invasion de la Grande-Bretagne, à partir des îles de la Frise et de la mer Baltique. Lors de sa parution en 1903, The riddle of the Sands eut un grand succès en Angleterre. Auprès du public auquel il offrait un nouveau genre de littérature et qu’il tenait en haleine au rythme des vagues et des aventures des deux héros. Auprès des autorités militaires, aussi, bien que différemment. Elles furent moins sensibles, semble-t-il, à l’aspect picaresque qu’à l’étendue du désastre qui s’ouvrait devant eux, en cas de guerre contre l’Allemagne. L’auteur avait remporté la partie. Il avait joué sur les goûts du public et sur sa fibre patriotique ainsi que sur l’inquiétude qui habite souvent les États-Majors. Pendant la Première Guerre mondiale, on s’empressa de traduire le livre en français. C’était en 1915 et on espérait encore vite gagner la guerre. Il fallait donc aller à pas cadencé pour que le public français fût tenu dignement en haleine. Comme si les nouvelles du front ne devaient pas suffire… Apparemment, les spécialistes du roman d’espionnage placent L’Énigme des Sables parmi les oeuvres fondatrices du genre. Pourquoi pas ? En tous les cas, il représente beaucoup plus que cela puisqu’il associe à l’intrigue un véritable traité de navigation en mer Baltique. Un peu lente à démarrer, l’histoire débute quand le jeune Curruthers – le narrateur – reçoit une missive d’un ami perdu de vue l’invitant à le rejoindre pour une croisière et une chasse aux canards. L’ennui d’un ministère aidant, le jeune homme s’embarque finalement sur un yacht trop petit et découvre qu’en fait de canards il va chasser de l’Allemand. Combattant courageux dans la Royal Navy pendant la Première Guerre mondiale, Erskine Childers ne se fera pas pardonner son engagement républicain lors de la guerre d’Indépendance en Irlande. On a dit que les peuples avaient la mémoire courte. Il faut croire que les gouvernements l’ont aussi. On ne fusille pas un homme qui a risqué sa vie pour une nation qui n’était pas la sienne. P.M.