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Les Récits d'un pèlerin russe
Livre
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Présentation de l'éditeur
Dans la Russie du XIXe siècle, un pèlerin anonyme erre dans les campagnes dénudées avec pour seul bagage la prière extatique. Cette Russie, qui est celle de Dostoïevski et de Tolstoï, des grands espaces et des climats éprouvants, est le théâtre extérieur de ce classique de la spiritualité universelle. Son paysage intérieur est celui que dessine la prière du cur, ou prière de Jésus, qui prend sa source dans les conseils spirituels de saint Paul, des Pères du désert et des Pères de l'Église. Guidée par la traduction russe de la Philocalie, l'ardeur à la prière du pèlerin sera parfois éprouvée, souvent récompensée, par la paix et l'amour qui l'emplissent. Ce récit, à la lumière surnaturelle et au souffle enthousiaste, est accompagné d'un commentaire qui en éclaire les références culturelles et mystiques. Il permet ainsi à chacun de participer, à son rythme, à cette grande aventure de l'âme et du cur.
Recension
n°193 mai 2008
Il est des livres au destin
imprévisible et mystérieux,
surgis par grâce d’un néant
obscur, contre toute
logique. Ainsi des Récits d’un
pèlerin russe, d’un auteur
anonyme, pèlerin véritable ou
starets, publiés en Russie en 1881,
et devenus un classique de la littérature
russe et un véritable traité
d’initiation à la prière du coeur.
Comment répondre en tous temps,
tous lieux et toutes occupations à
l’injonction de l’apôtre : « Priez
sans cesse » (1Th 5,17) ? L’Orient
chrétien, dès les Pères du désert,
s’est attaché à formuler une
réponse à cette interpellation,
cristallisée autour du Nom (dont
on sait l’importance dans la tradition
biblique comme révélant la
présence de l’invoqué) et de la
prière monologique : « Seigneur
Jésus-Christ, Fils de Dieu, ayez
pitié de moi pécheur » qui, associée
au souffle respiratoire, fait
peu à peu « descendre l’esprit
dans le coeur », et dégage le lieu
enfoui de l’être duquel surgit la
prière pure perpétuelle. C’est cette
initiation mystique soigneusement
didactique, d’une puissance infinie
et d’une simplicité déconcertante,
ayant pour décor la Russie poétique
et colorée du XIXe siècle, que
le pèlerin russe découvre, pour lui
et pour nous, avec l’aide de la
Philocalie, cette compilation monumentale
d’enseignements des
pères orientaux.
Les Récits nous reviennent avec
une nouvelle traduction, qui perd
en clarté et en fraîcheur et n’équivaut pas à celle de Jean
Laloy, mais avec, en vis-à-vis, des
commentaires et des extraits de la
Philocalie éclairant leur contexte
social et religieux ainsi que la
pratique de la prière du coeur.
Une version annotée et fournie qui
a le souci d’enseigner tous ceux
qu’attire cette forme de prière qui,
sans être la seule, est sans aucun
doute l’un des plus grands trésors
spirituels qui nous ait été transmis
tant est vraie cette parole de saint
Grégoire Palamas, ardent
défenseur des hésychastes : « Rien
ne peut être comparé à la grâce
de la prière intérieure ! Elle maintient
l’homme dans une conversation
permanente avec Dieu ».
Notre vocation, en somme.
Alexis de Guillebon