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Mazarin le maître du jeu
Simone Bertière
Livre
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Présentation de l'éditeur
Défiant un monde qui ne prévoyait pas de place pour lui, Mazarin, un étranger sans naissance ni fortune, a gagné sur tous les tableaux. A sa mort, il se trouvait maître de la France et arbitre de l'Europe, plus puissant que ne le fut jamais aucun ministre : ascension d'autant plus insolite qu'elle a échappé au naufrage final qui guette ce genre d'exploit. Il s'est fait lui-même, il a travaillé, il s'est battu, il a failli sombrer, il a triomphé de tous les obstacles. Il dut à son intelligence et à sa ténacité une victoire sans appel. Sa victoire était aussi celle de la France, à l'issue de la longue lutte qui l'opposait à la maison d'Autriche, et elle apportait à l'ensemble de l'Europe la paix ardemment désirée. La présente biographie n'est pas un roman. Fondée sur l'information la plus rigoureuse, elle retrace sa fabuleuse aventure, telle qu'il la vivait au jour le jour dans l'incertitude de l'avenir. Elle met l'accent sur ses objectifs, ses convictions, ses choix. Elle fait surgir un homme sans illusions ni préjugés mais foncièrement optimiste, habile à piéger ses adversaires mais fidèle à ceux qu'il a choisi de servir, l'esprit libre, indulgent aux faiblesses humaines et dépourvu de toute cruauté, amateur passionné de bonne chère, de peinture et de musique. Autour de lui, les papes Urbain VIII et Innocent X, Anne d'Autriche et le jeune Louis XIV, Condé, Turenne, le cardinal de Retz et tant d'autres, que le style alerte de Simone Bertière convoque pour dresser un panorama vivant et vrai de cette période charnière, qui fut la matrice du " Grand Siècle ". Passionnante par elle-même, cette plongée dans un passé tumultueux ouvre au détour du chemin quelques réflexions salutaires sur notre présent.
Recension
n°192 avril 2008
L’ouvrage doit son intérêt à la
personnalité du cardinal Mazarin,
autant qu’à sa politique
intérieure et à son action diplomatique
qui firent de lui – selon
Voltaire – « un grand homme
d’État, immortalisé par l’acquisition
de l’Alsace à la France », en
l648, par le Traité de Westphalie.
Promu au sommet de la hiérarchie
en une décennie, ce prélat,
simple clerc sous la pourpre,
parvint, en moins de vingt ans, à
rétablir la paix intérieure de la
France, devenue l’arbitre d’une
Europe assujettie aux Habsbourg
; il avait, entretemps, restauré
l’autorité royale et la paix
avec l’Espagne par le mariage de
Louis XIV avec l’Infante.
La carrière exceptionnelle de
Mazarin tenait à sa connaissance
infatigable des dossiers, à l’intelligence
des problèmes et à l’intuition
de leurs solutions ; la
hardiesse de celles-ci n’excluait
jamais la mesure du risque, mais
son aptitude à transiger dans
une affaire peu propice à la
négociation le rendait capable
« de céder sur l’accessoire sans renoncer
à l’essentiel » .
Ministre principal auprès de
la Régente puis du jeune roi, il le
prépare au pouvoir personnel,
préfigurant ainsi le Siècle de
Louis XIV. Il devra déjouer les
complots, transiger avec les privilèges
parlementaires, et se concilier
un clergé puissant, tout en
apaisant les révoltes de province
et les mécontents d’une fiscalité
alourdie par la guerre. Il devra
surtout dominer la Fronde des
princes et, parmi eux, le séditieux
coadjuteur puis archevêque de
Paris et bientôt cardinal de Retz.
Au prix de deux exils, il reprendra
en main le gouvernement,
laissant au roi une France pacifiée.
L’auteur clarifie un sujet
rendu complexe par les intrigues
intérieures et la Guerre de
Trente ans, à laquelle Mazarin
mit fin tout en sauvegardant
l’unité religieuse du royaume
contre les prétentions des Réformés
et la querelle janséniste,
finalement tranchée par la
condamnation papale de l’Augustinus,
en 1656. Sans verser
dans la simplification historique,
cet ouvrage de référence
s’appuie sur des sources manuscrites
encore inexploitées, afin
de rectifier des erreurs et démentir
certains soupçons entachant
l’honneur de Mazarin.
Chanoine Georges Dole