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Pie XII et les juifs
Le mythe du Pape d'Hitler
David Dalin
Livre
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Editeur : Editions Tempora
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Présentation de l'éditeur
Pie XII n’a pas été le pape d’Hitler, comme certains de ses
détracteurs voudraient nous le faire croire. Bien au
contraire, ce pape de la Seconde Guerre mondiale a lutté,
dès les premières heures du régime nazi, pour sauver les victimes
de l’antisémitisme.
Par une multitude de faits historiquement établis, le rabbin et
professeur Dalin démonte le mythe qui affirme que Pie XII serait
le “Pape d’Hitler”, prouvant ainsi l’inanité d’attaques scandaleuses
tel l’ouvrage de John Cornwell intitulé The Hitler’s pope.
« Imputer la condamnation qui revient à Hitler et aux Nazis à un
pape qui s’opposa à eux et était ami des juifs est une abominable
calomnie. Quels que soient leurs sentiments vis-à-vis du
Catholicisme, les juifs ont le devoir de rejeter toute polémique
qui s’approprie la Shoah pour l’utiliser dans une guerre des
progressistes contre l’Église catholique. Si un tel combat devait être
couronné de succès, cela minerait les fondements du Christianisme
ainsi que du Judaïsme, du fait de l’incommensurable mépris de la vérité
et de la religion traditionnelle dont ces détracteurs sont animés ».
Rétablir la vérité, c’est le leitmotiv du rabbin Dalin. Et il s’exécute
de manière magistrale, nous faisant pénétrer dans les coulisses
diplomatiques de l’Histoire et réclamant pour Pie XII le titre de
“Juste des Nations” en reconnaissance des si nombreuses vies juives
sauvées par ce pape.
LE RABBIN DAVID DALIN, spécialiste de l’Histoire
juive américaine et des relations juives et
chrétiennes, professeur d’Histoire et de Sciences-
Politiques à Ave Maria University, est auteur de
plusieurs livres sur l’Histoire juive, en particulier
Religion and State in the American Jewish experience,
sélectionné par Choice comme l’un des meilleurs
travaux académiques en 1998.
PIE XII ET LES JUIFS, LE MYTHE DU PAPE D’HILTER a obtenu une très
large audience à sa sortie aux États-Unis en juillet 2005
(plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires vendus), touchant à la
fois conservateurs et républicains, catholiques et juifs, et autres
amateurs de livres religieux ou historiques.
Recension
Yves Chiron - La Nef Juillet/Août 2007
UNE DEFENSE DE PIE XII PAR LE RABBIN DALIN
Le rabbin américain David Dalin, qui est aussi professeur d’université, publie une étude historique très dense pour défendre de Pie XII. Un livre-événement publié chez un jeune éditeur catholique.
L’édition américaine du livre porte en sous-titre : « Comment le Pape Pie XII a sauvé les Juifs des nazis ». En réalité, s’il traite bien de ce sujet, avec de nombreux faits à l’appui, le rabbin Dalin élargit son étude, en amont et en aval.
Il ne se contente pas de montrer que Pie XII n’a pas été « silencieux » face au massacre des Juifs par Hitler. À l’encontre des auteurs qui estiment que le prétendu « silence » de Pie XII trouve son origine dans un antisémitisme qui serait « au cœur du Catholicisme », David Dalin consacre un chapitre complet aux « papes qui défendirent les Juifs ».
Le grand historien Cecil Roth, qui fut titulaire de la chaire d’Histoire juive à Oxford de 1939 à 1964, avait montré que la Rome pontificale avait été, de tout temps, la seule capitale européenne « où ne se sont jamais produites d’atrocités perpétrées contre des juifs ». David Dalin fait remonter cette tradition de protection des Juifs au pape Grégoire Ier (590-604). Le décret historique qu’il publia, Sicut Judaeis, interdisait « d’avilir les Juifs » et les autorisait « à vivre en tant que Romains et à avoir les pleins droits sur leurs biens. »
On trouvera, dans le livre de Dalin, bien d’autres faits de cette protection pontificale à travers les siècles. Auraient pu être signalées aussi, en parallèle, les œuvres des Papes pour favoriser la conversion des Juifs.
Pie XI et le cardinal Pacelli
Dans l’entre-deux guerres, qui voit l’antisémitisme intégré dans des politiques étatiques, la papauté est dans la continuité de ce refus de la persécution. David Dalin cite à juste titre le décret de 1928 par lequel Pie XI condamnait « particulièrement, et sans réserve, la haine envers le peuple qui fut choisi par Dieu, haine communément appelée antisémitisme ». Il y aura aussi, toujours sous le pontificat de Pie XI, l’encyclique Mit brennender Sorge (1939), encyclique de condamnation du racisme hitlérien, dont la rédaction fut mise au point par le cardinal Pacelli (le futur Pie XII), mais dont la première rédaction fut élaborée par certains évêques allemands.
Un des ouvrages les plus virulents contre Pie XII est celui de John Cornwell, intitulé The Hitler’s pope (« Le pape d’Hitler »). Cornwell voyait dans le concordat signé par le Saint-Siège, en 1933, avec l’Allemagne, la première manifestation publique de cet appui donné à Hitler. Le Concordat, signé par Pie XI quelques mois après l’arrivée d’Hitler au pouvoir, avait été préparé par le cardinal Pacelli, secrétaire d’Etat. David Dalin montre bien que ce concordat n’était point une soumission politique au nouveau régime mais « au contraire, une mesure diplomatique réaliste, moralement juste, destinée à protéger les catholiques allemands et à préserver la relative liberté et l’Eglise catholique en Allemagne. »
Quand Hitler violera ce Concordat et multipliera les pressions puis les persécutions contre les catholiques allemands, Pie XI et son Secrétaire d’Etat multiplieront les protestations publiques ou par la voie diplomatique (des dizaines de dépêches et de notes de protestation, parfois très longues, ont été envoyées par le Saint-Siège entre 1930 et 1939).
Les esprits honnêtes ne s’y sont pas trompés. Au lendemain de la mort de Pie XI, en février 1939, le National Jewish Monthly, périodique de grande influence publié par le B’nai Brith américain, saluera « la position ferme et inflexible du pape Pie XI contre la brutalité fasciste, le paganisme et les théories raciales. »
Pie XII face à la Shoah
Une partie importante du livre est consacrée, bien sûr, à l’action de Pie XII en faveur des Juifs pendant la IIe Guerre mondiale. Les onze tomes des Actes et documents du saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale publiés par le Saint-Siège avaient déjà rendu publiques les instructions envoyées par le Saint-Siège aux représentants du pape en Slovaquie, en Roumanie et en Hongrie pour qu’ils interviennent contre des déportations imminentes de Juifs par les Allemands. Mais ces Actes sont peu connus voire ignorés par de nombreux auteurs.
Les interventions personnelles de Pie XII sont nombreuses, et bien connues déjà par d’autres livres. On citera, notamment, en octobre 1943, les ordres donnés pour que les couvents et institutions religieuses de Rome accueillent les Juifs que les Allemands commençaient à rafler. Dalin estime : « Cent cinquante-cinq couvents et monastères de Rome en abritèrent quelque cinq mille ».
Pie XII a dû moduler son action et ses interventions en fonction des circonstances. David Dalin écrit justement : « Il fallait que le pape pèse ses mots afin de ne pas mettre en danger la vie des milliers de Juifs cachés dans le Vatican, dans de nombreux couvents, monastères et églises de Rome, et dans les églises et institutions catholiques à travers l’Italie. Il se devait, quand il parlait, de ne pas mettre en danger la vie du clergé catholique, des religieux et des laïcs qui s’efforçaient de sauver des Juifs. Et, bien sûr, il lui fallait éviter de provoquer les Nazis pour qu’ils n’envoient pas davantage encore de prêtres en camp de concentration. »
Dans la dernière partie de son livre, le rabbin Dalin expose, en contrepoint, ce qu’il pense être la plus source la plus dangereuse de l’antisémitisme contemporain : l’Islam. Ces pages peuvent être contestées dans certains de leurs aspects et elles auraient pu faire l’objet d’un autre livre.
Reste que le livre courageux et bien informé du rabbin Dalin dans sa défense de l’action de Pie XII offre une synthèse argumentée et riche en informations historiques.