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Réflexions d'un inhumaniste
Entretiens avec François Bousquet
Jean-Claude Albert-Weil
Livre
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Présentation de l'éditeur
Avec son invention verbale, ses grandioses visions uchroniques, son sens swiftien de la satire, Jean-Claude Albert-Weil est peut-être le dernier auteur maudit de la littérature française. Dans cette confession déroutante, il est question de style romanesque aussi bien que de nos origines extraterrestres, d'écologie et d'éducation, de souffrance animale et d'aveuglement humain, de sexe et de pouvoir. Le tout placé sous la haute bannière de l'inhumanisme, seule philosophie susceptible, selon J.-C. A.-W., de sauver ce monde, sa nature - et l'humanité elle-même - du danger que représente la civilisation moderne. " On doit prescrire, dans les écoles, les prisons et les ministères, la lecture du contre-monde romanesque de Jean-Claude Albert-Weil. Ce n'est pas seulement le lieu d'expérimentation d'une géopolitique parfois discutable, mais un projet grandiose de réforme de l'orthographe ". (F. B.)
Les propos de Jean-Claude Albert-Weil ont été consignés par François Bousquet, l'auteur de Jean-Edern Hallier ou le narcissique parfait (Albin Michel).
Recension
n°192 avril 2008
Les excellentes éditions
Xénia ont eu la non moins
excellente idée de dépêcher
François Bousquet, fin
connaisseur de l’oeuvre d’Albert-
Weil, afin de recueillir ces
précieux entretiens avec celui
que le conformisme académique
qualifierait d’hurluberlu.
Ainsi, dans ce livre délicieux, le
romancier se définissant luimême
comme un inhumaniste,
nous livre-t-il sans réserve ses
méditations sur l’écologie, sur la
science, sur l’Académie française,
sur l’éducation, sur la
société du spectacle, sur Dieu.
« L’humanisme est devenu une
idéologie fascisante, issue des
Lumières, quand l’homme, petit
à petit, s’est érigé en créature
supérieure » ; « L’omerta intellectuelle
et littéraire est toutepuissante
chez nous, cher pays
le plus hypocrite du monde » ;
« Il y a bien longtemps, Chrétien
de Troyes a décrit une
société à honneur. Nous ne
devons surtout pas considérer
Perceval, Lancelot comme des
personnages de contes de fée,
mais les chevaliers bien réels
d’une société qui se combattaient
loyalement. » Au fil de
ces entretiens, c’est ainsi un peu
de la quintessence de l’oeuvre
atypique et authentique d’Albert-
Weil qui nous est donné de
mieux comprendre, un peu de
ses dons d’inventeur de langage
qui brille devant nos yeux. L’auteur
méconnu de la trilogie L’Altermonde, oeuvre grandiose et
magique, sortira peu à peu de
l’ombre où on l’a cantonné. À
moins qu’il ne s’y soit cantonné
lui-même : « Les vingt dernières
années de ma vie, les années utiles,
j’ai voulu les consacrer à
l’écriture, sans chercher à faire
carrière. J’écris ce que j’ai dans le
ventre. Voilà, est-ce qu’on écrit ce
qu’on veut ou est-ce qu’on fait
carrière ? »
Gwen Garnier-Duguy