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Carnets du Concile
Tomes I et II
Livre
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Présentation de l'éditeur
" Une nouvelle étonnante. " C'est par ces mots que le père Henri de Lubac, dont l'orthodoxie avait été si vivement mise en cause, consigna l'annonce de sa participation au concile Vatican II. Ses Carnets retracent les deux années de préparation, les quatre sessions conciliaires, ainsi que les trois intersessions. Ils nous donnent d'assister à la discussion des schémas, mais aussi, lors des réunions de la Commission théologique et des sous-commissions, à l'élaboration et à la correction des textes ensuite soumis aux Pères conciliaires. L'éminent théologien est pour le lecteur un guide sûr, l'introduisant dans le bouillonnement théologique que fut le Concile, et lui permettant de saisir les enjeux de débats parfois animés. Le père de Lubac n'hésite pas, en effet, à exprimer nettement ce qu'il pense des théologiens qui l'entourent, des nouvelles conceptions qui se font jour, à la faveur du Concile, ou des problèmes qu'il juge les plus graves pour la foi chrétienne. C'est ainsi à une plus grande intelligence historique et théologique du Concile que ces Carnets nous invitent.
Recension
C’est un ouvrage exceptionnel
sur le concile Vatican II qui est
paru.
Il s’agit de la publication
des « Carnets » tenus par le P. de
Lubac entre le 25 juillet 1960,
jour où le célèbre théologien
jésuite reçoit la lettre officielle
qui le nomme consulteur de la
Commission théologique préparatoire
au concile Vatican II, et le
8 décembre 1965, jour de la
cérémonie de clôture du concile.
Plus de mille pages, écrites au
jour le jour, en cinq ans et demi.
Il est à noter, néanmoins, que ces
Carnets, tels qu’ils sont publiés
aujourd’hui, sont une version,
amendée par le P. de Lubac lui-même,
de notes rapides, prises
au jour le jour dans six cahiers
successifs.
Reste que le témoignage du P.
de Lubac, par son ampleur
même, est particulièrement intéressant.
Comme le dit Jacques
Prévotat dans la préface donnée
au livre, le P. de Lubac a été
« acteur ou témoin du Concile
dans la diversité de ses aspects :
congrégations générales, Commission
doctrinale (qui fonctionne
l’après-midi pendant les sessions,
mais poursuit son travail pendant
les intersessions), réunions d’évêques
français, rencontres privées
entre évêques français et étrangers
sur des questions de fond, entretiens
divers, préparation et mise au
point d’interventions au Concile, à
la demande de plusieurs évêques,
conférences devant des auditoires
d’évêques ou de séminaristes en
cours d’études à Rome ».
L’histoire du concile Vatican II
est bien connue dans ses grandes
lignes – même si elle connaît des
interprétations divergentes –, de
nombreux participants ont laissé
des témoignages (journaux, carnets ou correspondances) qui,
année après année, voient le
jour. Les Carnets du P. de Lubac
ajoutent néanmoins à la
connaissance de cet événement
historique. Il ne se contente pas
de livrer des échos et des anecdotes.
Il est souvent très précis,
il cite beaucoup de noms, donne
des extraits des interventions au
sein de l’aula conciliaire. Son
témoignage, comme le fait
remarquer Loïc Figoureux, qui a
très précisément annoté les deux
volumes, permet aussi d’« appréhender
le climat intellectuel »,
bouillonnant, qui a accompagné
les quatre sessions du concile et
sa préparation. Des écoles théologiques
s’affrontent, des campagnes
d’opinion sont lancées,
des personnalités émergent. Le
nom de Karol Wojtyla (le futur
Jean-Paul II) apparaît trois fois
dans le premier volume, près de
quarante fois dans le deuxième.
On lira aussi avec intérêt les
diverses appréciations sur Joseph
Ratzinger, alors simple théologien.
Le P. de Lubac admire son
intelligence, « théologien aussi
pacifique et bienveillant que compétent
».
Yves Chiron