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Jésuites et compagnie
Hervé Yannou
Livre
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Présentation de l'éditeur
Quatre siècles et demi après la mort de son fondateur Ignace de Loyola, la Compagnie de Jésus tient toujours une place fondamentale dans l'Eglise et dans l'entourage des papes, même si elle lui a été souvent contestée : ce fut notamment le cas avec l'Opus Dei pendant le pontificat de Jean-Paul II. Elle est présente sur tous les fronts - l'essor du christianisme en Asie, la mondialisation, la révolution Internet, le choc des biotechnologies et les interrogations éthiques qui l'accompagnent, l'environnement, le face-à-face avec l'islam, etc. -, et s'efforce d'inventer le christianisme de demain. C'est à travers son histoire mouvementée qu'Hervé Yannou dresse le portrait vivant et contrasté de la Compagnie et de ses quelque dix-neuf mille membres. Derrière le mythe de la puissance occulte des " hommes en noir ", quelle est la réalité d'aujourd'hui ? Quels sont leurs ambitions, leurs moyens, leurs alliés et leurs ennemis ? Au moment où l'avenir de l'Eglise après Jean-Paul II suscite bien des interrogations, cet ouvrage fait le point sur la Compagnie de Jésus et son héritage. Pour une part, l'avenir du christianisme se joue là.
Recension
n°191 mars 2008
En 1965, au début
du Concile, l’Ordre est à son
zénith. Il compte quelque 30 000
membres, il est présent de façon
aussi active que diverse dans plus
de cent pays du monde et son
influence est dominante depuis le
gouvernement de l’Église, la
Civilta cattolica et Radio Vatican jusqu’aux meilleurs établissements
d’éducation, à commencer
par la Grégorienne, mais
aussi par les missions qui de
l’Inde à la Corée et au Japon
sont le fer de lance de l’évangélisation
en Asie et partout ailleurs.
Sans compter mille autres
activités dans les médias, la
recherche et les oeuvres sociales.
En quatre cents ans les
Jésuites ont connu les plus
grands succès et les plus grands
revers mais ils étaient toujours
restés fidèles. Pratiquement pas
de défection en quatre siècles !
Et, tout à coup, en 13 ans,
plus de deux mille d’entre eux
s’en vont, le recrutement en
Occident s’effondre, au point
qu’aujourd’hui ils sont moins de
20 000, avec un âge moyen de
57 ans (64 ans pour les prêtres)
et encore 375 défections en
2006.
Au fil du livre très complet
d’Hervé Yannou on comprend
que leur grand souci permanent,
témoigner et dialoguer
dans le langage de leur époque,
les a amenés systématiquement
à être de plain-pied avec
toutes les modes intellectuelles et
artistiques… et même à plonger
dedans.
En art, plus baroques que les
baroques, plus néo-gothiques
que les néo-gothiques, plus abstraits
que les abstraits, et j’en
passe...
En politique, plus réactionnaires
que la Sainte Alliance, puis
plus papistes que le pape, mais
aussi plus chinois que les chinois,
plus libéraux que les capitalistes
(l’école de Salamanque)
puis plus marxistes que le Che ;
et enfin, aujourd’hui, alter-mondialistes
et écolos !
Comme le dit Hervé Yannou,
le XXIe siècle a soif de transcendance,
ne doutons pas que les
fils de saint Ignace sauront
prendre ce nouveau (bon)
virage et revenir après tant de
détours à leur sainte vocation
de soldats du Christ.
Jacques Bordelais