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L'accord de Metz, ou pourquoi notre Mère fut muette
Jean Madiran
Livre
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Année :
2006
Editeur :
Via romana (d)
EAN13 :
9782916727066
Notre référence :
25543

Présentation de l'éditeur
Présentation de l'éditeur
Le 16 janvier 1963, un journal communiste révèle l’existence d’un accord secret par lequel l’Église catholique prit l’engagement d’aucune attaque contre le communisme au Concile Vatican II afin d’obtenir que l’URSS y laisse venir des représentants de l’Église orthodoxe russe.
Pour les questions temporelles, la référence officielle de la Hiérarchie catholique demeure la constitution conciliaire Gaudium et spes pastoralement entachée par la décision, consécutive à l’accord de Metz, d’ignorer le communisme, donnant ainsi l’exemple et imposant la consigne de ne plus le critiquer. Un tel désarmement intellectuel face au marxisme-léninisme a-t-il durablement débilité la pensée, l’action, les institutions catholiques ? Il aura fallu la profonde connaissance du communisme qu’était celle de Jean-Paul II pour y mettre un terme.
 


Recension


Cette très brève étude de Jean Madiran soulève un problème grave qu’il faudra bien que les historiens examinent très sérieusement : un accord secret aurait été passé entre des représentants de l’Église catholique et de l’Église orthodoxe russe dans le but de permettre à des observateurs orthodoxes russes d’être présents au concile Vatican II, en échange de quoi Rome se serait engagée à ne pas condamner le communisme lors du concile. Et de fait, malgré la pétition signée en 1965 par quelque 450 pères conciliaires réclamant une condamnation explicite du communisme, celui-ci ne fut qu’évoqué dans une note de Gaudium et spes renvoyant à l’encyclique de Pie XI, Divini redemptoris (1937).
L’explication officielle est que cette pétition s’était perdue et n’avait pu être prise en compte à temps !
Face à ce mystère, la thèse de l’accord secret n’a rien d’absurde. C’est l’évêque de Metz, qui a révélé dans un entretien au journal régional Le Lorrain du 9 février 1963, repris par La Croix du 15 février, l’existence d’une rencontre dans son diocèse entre le cardinal Tisserand, du côté romain, et Mgr Nicomède, du côté russe orthodoxe, d’où le nom donné par Jean Madiran à cet « accord ».
L’article ne dit pas explicitement que Rome s’était engagée à ne pas condamner le communisme, mais le suggère clairement lorsqu’il souligne que les Russes sont prêts à accepter l’invitation au concile, « à condition que soient données des garanties en ce qui concerne l’attitude apolitique du concile » (cité p. 29).
À l’heure où la Pologne est touchée par le passé « collaborationniste » de certains de ses prêtres avec le communisme, Jean Madiran soulève un sujet épineux sur lequel l’Église aurait tout intérêt à faire la pleine lumière.

Patrick Kervinec