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Le dernier corsaire (1914-1918)
Félix de Lückner
Livre
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Année :
2006
Editeur :
Bibliotheque
EAN13 :
9782909688381
Notre référence :
23222
Nombre de pages :
297

Présentation de l'éditeur
Héros national, assez souvent considéré comme le Nelson allemand, Félix de Luckner (1881-1966) était le capitaine d’un navire corsaire, qui coula quatorze cargos alliés entre janvier et juillet 1917. Il relate dans son ouvrage comment il coula un certain nombre de navires alliés (marchands ou non), sombra à son tour, se réfugia sur une île du Pacifique, fut fait prisonnier, puis s’évada. Publié pour la première fois en 1927 (chez Payot), cette histoire vraie de voilier pirate à l’âge de la radio et de la navigation à moteur laisse stupéfait.
 


Recension

n°173

Il existe une vaste confrérie à travers le monde, celle des élèves qui ont passé leur scolarité à regarder pousser les arbres dans la cour de récréation. Le jeune Félix de Luckner (1881-1966) fut de ceux-là. Cancre et chenapan, il promit un jour à un père excédé de passer en quatrième et de porter l’uniforme de la marine impériale.Mais il ne passa jamais en quatrième.
Devant son échec, il rafla chez lui 120 marks, un revolver, un poignard et une pipe, et alla s’embarquer à Hambourg comme mousse.
Tour à tour officier de l’Armée du Salut, aide-gardien de phare, chasseur de kangourous, apprenti fakir, boxeur, soldat de l’armée mexicaine, naufragé et bien d’autres métiers exotiques, le jeune comte de Luckner fut longtemps porté disparu dans les annuaires du gotha. Mais la mer le rappela chaque fois et il ne revint dans la demeure paternelle que plusieurs années plus tard revêtu d’un uniforme d’officier, à l’ébahissement de ses « chanoinesses de tantes ». L’Allemagne avait alors des colonies, où on pouvait chasser l’éléphant en casque à pointe, et des bâtiments de guerre flambant neufs s’appelant Kaiser ou Strasbourg.
Loin de ces mastodontes d’acier, Luckner prit en 1916 le commandement d’un trois mâts qui devint vite fameux. Grimé en bateau norvégien, le Seeadler, à force de ruses et de déguisements, réussit à forcer le blocus anglais pour aller porter la terreur dans tout l’Atlantique. Plus que ces deux vieux canons, concédés par une amirauté dubitative, Jeannette, l’affriolante femme du capitaine, dont à chaque alerte un matelot jouait merveilleusement le rôle, fut peut-être l’arme la plus redoutable de ce vaisseau fantôme. Luckner levait ainsi hardiment le guidon rouge et blanc des corsaires, une longue flamme frappée d’une effrayante tête de mort blanche. Le dernier corsaire de la marine à voile entrait dans la danse. En huit semaines, il coula 40 000 tonnes de cargaison et fit 263 prisonniers, sans jamais verser une goutte de sang ! La guerre d’un gentilhomme à l’époque du gaz moutarde. Le récit de son naufrage dans le Pacifique sur un banc de corail et les milliers de milles qui lui fallut parcourir dans un canot pour sauver son équipage, contraint pendant ce temps-là de robinsonner sur une île perdue, n’est pas la partie la moins vivante de ses mémoires, enfin réédités en français. Tous ceux qui n’ont pas peur des embruns, de la ruse des corsaires et du tonique des vertus chevaleresques ouvriront avec bonheur les aventures de cet « éternel élève de troisième ». Nicolas Vimar