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Théologie morale fondamentale, Tome 3
M. l'abbé Jean-Pascal Perrenx
Livre
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Présentation de l'éditeur
La béatitude éternelle est la fin de l'homme : il a été créé pour elle (tome 1). Il progresse vers elle par ses actes bons et méritoires, s'en éloigne par ses actes mauvais (tome 2). Le chapitre 3 est le complément logique et indispensable des précédents : il ne peut en être isolé. Comment l'homme juge-t-il ses actes comme à faire ou à omettre ? Comment les discerne-t-il comme bons ou mauvais ? Méritoires ou non ? C'est le traité de la conscience, « sanctuaire où l'homme est seul avec Dieu et où Sa voix se fait entendre» (Vatican II, GS 16), lieu intime de la personne qui discerne le bien et le mal, en une exigence radicale d'ouverture et de disponibilité à la vérité : « La liberté existe seulement dans la vérité » (Jean-Paul II). « Porte qui ouvre à toute la théologie morale » (saint Alphonse), la conscience juge la personne.
Ce volume étudie la notion de conscience (avec son histoire et son origine chrétienne), son fonctionnement (le jugement actuel de conscience et la syndérèse), ses propriétés (Faut-il toujours suivre sa conscience ? Existe-t-il une conscience chrétienne ?), sa possibilité d'erreur (La conscience erronée oblige-t-elle ? L'homme qui suit sa conscience erronée et va contre la volonté de Dieu agit-il bien? Avec mérite ?), de doute (la morale thomiste de la vérité face aux morales de la conscience, la controverse du probabilisme et la position de saint Alphonse), de maladie (la conscience relâchée et les scrupules), son éveil et sa formation.
Recension
n°191 avril 2008
L’auteur publie le cours qu’il
dispense depuis de nombreuses
années en plusieurs instituts. Par
sa double compétence , médecin
et moraliste, l’abbé Perrenx pratique
judicieusement la « pluridisciplinarité
» qu’il préconise
(p. 59). On lui sait gré aussi
d’avoir renouvelé les « autorités »
auxquelles il se réfère : en puisant
dans le Magistère vivant, l’abbé
Perrenx démontre qu’un manuel
n’est pas nécessairement un exercice
de répétition d’un système
exténué. Ce premier tome comporte
d’abord une Introduction à
la théologie morale, laquelle « étudie
le comportement de l’homme à
la lumière de la Révélation et de la
raison » (p. 45). Le lecteur y
trouvera, mis en ordre, les fondamentaux
de cette partie de la
théologie. Sur la méthode, l’auteur
demande d’unir l’investigation
positive des sources à la
déduction à partir des principes
et à la considération des situations
particulières. Il nous semble
que la « casuistique » a rendu
de mauvais services à la théologie
morale dite « classique » : à
notre sens, un chrétien peut parfaitement
s’engager dans la vie
morale avec très peu de principes
pourvu qu’il
agisse avec la
vertu cardinale
de prudence. À
la fin de ce
chapitre, l’auteur
signale
l’un des problèmes qui se pose
aujourd’hui : à vouloir spécifier
la morale chrétienne, ne lui ôtet-
on pas son caractère d’universalité
(inhérent à la loi naturelle)
? On espère que cette question
sera reprise au fil des questions
évoquées dans les tomes
suivants. Le second chapitre de
ce premier volume est consacré à
la béatitude. L’abbé Perrenx
emboîte le pas au Père Pinckaers
qui a remis à l’honneur la morale
du bonheur, si importante chez
Aristote et saint Thomas. Nul
doute qu’on retrouvera cet
accent mis sur l’intention morale
quand seront traités les actes
humains. Sur la question de la
dualité des fins (naturelle et surnaturelle),
l’auteur fait le point
sur le débat à partir des réactions
suscitées par la position de H. de
Lubac. Cette « question disputée
», on le sait, « clive » les thomistes
contemporains.
Abbé Christian Gouyaud