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Edouard VII
Antoine d'Arjuzon
Livre
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Présentation de l'éditeur
Fils de la reine Victoria, le futur Edouard VII (1841-1910) devra attendre soixante ans pour ceindre la couronne d'Angleterre. Sa jeunesse fut marquée par quelques frasques qui lui valurent d'être impliqué dans des scandales retentissants. Animé d'une ardente francophilie et passionné par la politique étrangère, il établit, au cours de fréquents voyages à Paris, des relations confiantes avec Napoléon III, puis avec des hommes politiques de la IIIe République aussi connus que Gambetta, Delcassé ou Clemenceau. Devenu roi, Edouard VII poursuit logiquement dans la même voie. Dans un contexte international difficile (affaire de Fachoda, guerre des Boers soutenue par l'opinion française), il fait en 1903 un voyage officiel en France et, par son charme et sa persuasion, retourne l'opinion en faveur de son pays. L'Entente cordiale était née. Au-delà de la biographie fouillée et exhaustive d'une forte personnalité, l'auteur évoque avec brio les fastes de l'Angleterre à une époque où elle régnait sur le monde
Recension
n°155
Fils de la reine Victoria, le prince Albert-Edouard approchait des soixante ans quand il monta, au début de 1901, sur le trône d'Angleterre. Rarement, dans l'histoire, héritier présomptif aura dû faire preuve d'autant de patience, et ce bien tardif avènement pouvait être accueilli par lui ainsi qu'une décorative et paisible retraite. Or le contraire se produisit. Le sybarite de la veille, le voluptueux, l'arbitre des élégances, échappant à sa longue oisiveté dorée, allait prendre très au sérieux la fonction royale.
Certes, des droits que, dès lors, la pratique constitutionnelle accordait encore au monarque, être consulté, encourager, avertir, il semblait difficile de déduire une politique. S'éloignant de plus en plus de la théorie du gouvernement mixte et tempéré, sorte de balance entre les deux assemblées du Parlement, entre ce dernier et un roi conseillé par ses ministres, tendant à concentrer toute l'autorité effective dans la seule Chambre des communes dont le cabinet n'est qu'une délégation, la Grande-Bretagne, à l'aube du xxe siècle, interdisait à Edouard VII, du moins en apparence, l'initiative et la décision. Pourtant, armé de son instinct, de son tact, de son habileté, il parvint à influer sur la marche des affaires, en particulier dans le domaine militaire et dans celui de la diplomatie. Au point, comme le dira Charles Maurras (dans Kiel et Tanger), de mener, aux applaudissements de son peuple, la barque à son gré ? Peut-être pas tout à fait. Mais on souscrit volontiers aux lignes suivantes d'Antoine d'Arjuzon, biographe admiratif et scrupuleux : « Par ses innombrables voyages sur le continent, le roi avait su mettre l'Angleterre dans l'Europe, et ce que ses ministres accomplissaient par des traités, il l'avait rendu possible par la force de son extraordinaire présence et de sa personnalité. »
Michel Toda