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Entretiens avec le cardinal Lubomyr Husar. Vers un christianisme post-confessionnel
Antoine Arjakovsky
Livre
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Année :
2005
Editeur :
Parole et silence
EAN13 :
9782845733114
Notre référence :
9564
Nombre de pages :
208

Présentation de l'éditeur
La révolution orange qu'a connue l'Ukraine en novembre-décembre 2004 a été une révolution pacifique. Bien que systématiquement divisés par le pouvoir, les médias et les manuels d'histoire depuis l'indépendance en 1991, des jeunes Ukrainiens russophones et ukrainophones, de confession gréco-catholique ou orthodoxe, venant de Galicie ou du Donbass, ont fraternisé sur la place de l'Indépendance à Kiev. Le cardinal Lubomyr Husar avait pressenti très tôt cette révolution de l'esprit. Archevêque majeur de l'Eglise gréco-catholique ukrainienne qui compte plus de six millions de fidèles dans le monde, il répétait aux jeunes, depuis la venue du pape en Ukraine en 2001 : "N'ayez pas peur". Dès le début de la campagne électorale, il refusa de soutenir le candidat du pouvoir malgré de fortes pressions et demanda à ses fidèles de prier pour des élections justes. Au premier jour de la révolution, lorsqu'il devint évident que le pouvoir avait préparé un putsch en détournant trois millions de voix, il descendit dans la rue et célébra un office de prières en plein air avec ses frères orthodoxes. Lorsque des balles furent distribuées aux soldats encerclés par les manifestants à Kiev, il défendit ses concitoyens en rappelant publiquement que l'homme est l'image de Dieu.
 


Recension

n°164

Au XXe siècle, l’Église catholique d’Ukraine (généralement appelée gréco-catholique à cause de son rite) a connu un destin singulier : une renaissance impressionnante après des siècles d’effacement, voire de dilution dans la latinité ; une condamnation à mort prononcée par Staline en personne et sa mise en oeuvre de la façon la plus radicale ; une survie dans la diaspora et clandestinement en Ukraine même, en butte souvent à l’indifférence, voire à l’hostilité de ceux qui auraient dû au contraire tout faire pour la soutenir ; une résurrection à la fin du siècle encore plus impressionnante que sa renaissance au début, sans doute l’illustration la plus forte de la vérité de l’adage : le sang des martyrs est semence de chrétiens. Ce passé récent dit tout le poids qui repose sur les épaules du successeur des grandes figures qui ont conduit l’Église d’Ukraine à bon port à travers les tempêtes du siècle passé : le métropolite Andrei Cheptytskyj, le cardinal Josepf Slipyj, le métropolite Wolodymyr Sterniuk. Mais Lubomyr Husar a été préparé à cette mission par la Providence. Né en Ukraine en 1933, il a connu les occupations et les persécutions soviétique et nazie, la fuite et les camps de réfugiés dans sa jeune enfance, puis l’errance entre Autriche, États-Unis et Italie. Il a reçu la vocation de prêtre très jeune puis celle de moine après son ordination sacerdotale. Père spirituel apprécié, supérieur du monastère studite de Grotafferata (Italie), il est ordonné secrètement évêque en 1977 par le cardinal Slipyj et connaîtra une quinzaine d’années la situation paradoxale d’évêque clandestin… en Occident. Coadjuteur du cardinal Lubachivskyj depuis 1996, il devient le chef en exercice de son Église en 2001.
Ces entretiens avec Antoine Arjakovski, fondateur de l’Institut d’Études OEcuméniques de l’Université Catholique de Lviv, font découvrir une forte personnalité « pleinement catholique, pleinement orthodoxe », pourrait-on écrire, au parler clair et franc, qu’il s’agisse de sa propre Église, des relations entre les deux poumons de l’Église catholique, des difficiles relations avec les orthodoxes ou de l’avenir de l’Ukraine. Les évènements de l’hiver 2004-2005 ont montré non seulement que l’Ukraine est le coeur géographique de l’Europe, mais que l’avenir de notre continent s’y joue en partie. Cela vaut aussi spirituellement. C’est pourquoi ce livre d’Antoine Arjakovsky (lui-même orthodoxe) vient à son heure. Alors que de nouveaux nuages s’amoncellent et que les vieilles divisions continuent à produire des fruits empoisonnés, le cardinal Lubomyr Husar montre par son exemple personnel et l’impulsion donnée à son Église que le pire n’est jamais le plus sûr et qu’une voie, une vérité et une vie chrétienne, fondées sur l’unité et la charité, sont toujours possibles. Découvrir la figure attachante du chef de l’Église catholique d’Ukraine, c’est se donner des clés pour comprendre les enjeux actuels de ce pays, et la soutenir de notre prière.
Didier Rance