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François-Ferdinand d'Autriche
De Mayerling à Sarajevo
Jean-Louis Thiériot
Livre
Prix : 21,50 € Disponibilité : Habituellement expédié sous 6 à 10 jours Ajouter à ma commande Année : 2005 Editeur : Fallois EAN13 : 9782877065528 Notre référence : 9567 Nombre de pages : 367 |
François Mauriac a évoqué quelque part (dans un texte de 1959) « ce monde inimaginable où le tsar de toutes les Russies était notre allié, où l'empereur d'Autriche avait droit de veto au conclave, où tous les trônes étaient encore debout... » – ce monde européen d’avant 1914, d'avant le déluge. À Vienne, et à Budapest, à Prague, à Cracovie, régnait le vieux François-Joseph de Habsbourg-Lorraine, recru de drames familiaux et d'épreuves nombreuses, mais demeuré majestueux et stoïque malgré les coups du destin. Son fils Rodolphe suicidé à Mayerling, c'est son neveu François-Ferdinand (si scrupuleusement étudié par Jean-Louis Thiériot) qui doit, le jour venu, assurer la succession. Cependant, le nouvel héritier présomptif a commis une faute grave : il a enfreint le principe de l'Ebenbürtigkeit, de l'égalité de naissance nécessaire à toute union archiducale. Quoiqu'appartenant à la haute noblesse de Bohême, Sophie Chotek, la femme bien-aimée, qui sera une épouse et une mère exemplaire, et succombera à Sarajevo aux côtés de son mari, n'est point membre d'une maison souveraine ou anciennement souveraine. Certes, le prince héritier a fini par arracher à l'empereur son consentement. En le payant toutefois de la solennelle renonciation au nom de Sophie et des enfants qu'elle lui donnera à tous droits dynastiques tant pour les pays héréditaires que pour ceux de la couronne de Hongrie. Probablement donc, François-Ferdinand à la Hofburg, jamais Sophie n'aurait reçu le titre impérial, et, après lui, ce n'est pas l'un de ses fils qui serait monté sur le trône. N'empêche que l'avènement de cet homme énergique et catholique fervent, résolu à entreprendre sans tarder la grande révolution conservatrice qu'il méditait depuis longtemps, pouvait régénérer l'Empire et redonner, en Europe, leur chance aux valeurs traditionnelles. L'idéal de sa vie, celui pour lequel il était décidé, de son propre aveu, à se battre de toutes ses forces, il le voyait dans l’affermissement, dans l'exaltation du credo monarchique, inspirant et guidant les peuples rassemblés sous les couleurs noire et jaune des Habsbourg. Les balles d'un assassin anéantirent son (impossible ?) espérance.
Miche Toda