Recherche
 
 
Votre panier est vide

 
 
 
Pour recevoir régulièrement des nouvelles de La Nef, entrez votre courriel et validez
 
Lanef.net Boutique Politique
Julien Freund : Au coeur du politique
Livre
Notre prix :
17,10 €
Prix éditeur :
18,00 €
Economisez :
0,90 €
 
-5 % 
Disponibilité :
Habituellement expédié sous 6 à 10 jours

 
Mon panierX

Ce produit a été
ajouté à votre panier
Passer la commande
Continuer les achats
 
Ajouter à ma commande
Année :
2008
Editeur :
Editions de La Table Ronde
EAN13 :
9782710329473
Notre référence :
30871
Nombre de pages :
154

Présentation de l'éditeur
Philosophe, sociologue et historien des idées, Julien Freund (1921-1993) est l'un des rares penseurs du politique que la France a vu naître au XXe siècle. Avec Jacques Maritain, Bertrand de Jouvenel et Raymond Aron, et aussi Claude Lefort ou Cornelius Castoriadis, il fut du petit nombre de ceux qui ont représenté la philosophie politique de langue française. Formé par une lecture continuée de Max Weber, Freund fut un penseur du politique partagé entre un héritage aristotélicien assumé et une influence schmittienne reconnue autant que réfléchie. Son courage intellectuel et sa lucidité lui valurent d'être frappé d'ostracisme, après Mai 68, par une intelligentsia de gauche modelée par le marxisme et soucieuse de conserver le pouvoir intellectuel. Machiavélien pratiquant la vertu d'espérance, Freund fut un libéral conservateur insatisfait. Sa pensée politique, fondée sur la thèse que la politique vit du conflit, oscille entre un libéralisme combatif et un conservatisme éclairé, indissociable d'une réinterprétation sélective de la tradition occidentale, selon lui menacée d'autodestruction. Dans la chaîne idéale d'éclaireurs qui, dans la France du XXe siècle, va de Paul Valéry à Raymond Aron, l'" inconformiste " Freund a sa place.
 


Recension

n°191 mars 2008

Julien Freund (1921-1993) est un philosophe politique puissant aujourd’hui largement oublié. Sa pensée s’est révélée au contact de celle de Carl Schmitt (1888-1985), le sulfureux auteur qui a élaboré le concept « ami-ennemi » en politique, concept repris par Freund, mais auquel il a jouté deux autres couples antagonistes comme étant des catégories irréductibles du politique : commandementobéissance et privé-public. Tout cela a été exposé dans une thèse monumentale publiée en 1965 : L’essence du politique (rééd. Dalloz, 2003). L’ouvrage de Pierre- André Taguieff est une excellente introduction à sa pensée, introduction réalisée dans un esprit filial d’hommage à un homme vraiment libre, résistant durant l’Occupation, qui se moquait du « politiquement correct » et vilipendé en raison notamment de son amitié jamais démentie avec Carl Schmitt, un moment rallié aux nazis. Freund était catholique, mais force est de constater que cela n’apparaît guère dans son oeuvre de philosophie politique. Aucun de ses principaux maîtres – Machiavel, Weber, Aron, Schmitt – n’était influencé par la philosophie politique chrétienne. Et la systématisation de sa thèse centrale sur le couple « ami-ennemi » nous paraît pour le moins discutable d’un point de vue chrétien, même si certains aspects nous paraissent justes, comme celui-ci : « La diabolisation de l’ennemi est le prix à payer par ceux qui méconnaissent l’opposition ami-ennemi. D’où les guerres d’extermination qui, visant des ennemis réduits à des incarnations du diable, sont conduites au nom de fins sublimes (paix perpétuelle, fraternité universelle, etc.) » (p. 54). C’est tout le problème de la politique extérieure américaine qui est soulevé ici, on l’a bien vu avec l’Irak (sur ce thème, il faut signaler l’intéressant essai d’Alain de Benoist, Carl Schmitt actuel, Krisis, 2007, 162 pages, 19 €). Taguieff montre que Freund a été assez prophétique à l’égard de l’islamisme. Bref, voilà un tableau plus que sympathique d’un philosophe atypique avec lequel il n’est pas interdit de diverger. Encore faudrait-il le connaître… et le reconnaître comme l’un des philosophes politiques importants de ces dernières décennies. Christophe Geffroy