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La tentation relativiste ou la démocratie en danger
Jacques Rollet
Livre
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Année :
2007
Editeur :
Desclée de Brouwer
EAN13 :
9782220057132
Notre référence :
28701
Nombre de pages :
246

Présentation de l'éditeur
Le triomphe de la démocratie est aujourd'hui incontestable dans les sociétés occidentales contemporaines, à travers l'aspiration générale à l'égalité. Mais ce triomphe de l'égalité et de la liberté fait dangereusement dériver nos sociétés vers un relativisme généralisé. À force de dire que toutes les valeurs sont équivalentes, que toutes les revendications des communautés, groupes ou individus sont légitimes, notre démocratie ne court-elle pas à l'éclatement ?

C'est contre cette dérive que s'élève Jacques Rollet. Il s'en prend au positivisme qui marque encore fortement les réflexions contemporaines et tend à évacuer les valeurs au profit des faits. Car la démocratie suppose une réflexion éthique et peut mieux se comprendre en faisant appel aux ressources théoriques du judéo-christianisme.
Il n'est que temps de réhabiliter des valeurs fondées sur le sens de l'homme et l'universel.
 


Recension

n°193 mai 2008

En 2001, Jacques Rollet nous avait déjà offert un intéressant essai, Religions et politique. Le christianisme, l’islam, la démocratie (Grasset) dans lequel nous regrettions qu’il ne prenne pas suffisamment en compte le caractère pervers et tyrannique d’une démocratie qui rejette jusqu’à la notion de loi naturelle. Ce nouvel essai semble vouloir répondre à cette critique, puisqu’il part justement du constat de la tyrannie de l’opinion, qui se déclare majoritaire et qui « s’appuie sur le relativisme des valeurs fondé sur le primat du désir individuel » (p. 8). Cela touche particulièrement le mariage et la famille, aujourd’hui attaqués de toutes parts. C’est la notion d’universel, léguée par le judéo-christianisme, qui est ainsi remise en cause, avec la conception même de la personne humaine et de sa dignité. Dans une première partie, Jacques Rollet explique les mécanismes intellectuels qui ont conduit au relativisme, ce qui est l’occasion de mieux connaître certains aspects de la pensée de Weber, Bourdieu, Strauss, Habermas, Rawls. Puis dans une seconde partie, il montre que la démocratie, pour éviter le fléau du relativisme, a besoin de revenir aux sources théoriques du judéo-christianisme, ce qui est l’occasion de faire un détour intéressant du côté de René Girard et Jacques Maritain (avec quelques considérations sur la sécularisation qui nous semblent plus discutables). « Il faut bien comprendre, écrit notre auteur, que la démocratie ne peut être viable que si l’idée de nature humaine continue de tenir. Sinon, tout est convention et tous les choix se valent » (p. 237). On en revient bien à la nécessité de la loi naturelle! CQFD. Christophe Geffroy