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La tentation relativiste ou la démocratie en danger
Jacques Rollet
Livre
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Editeur : Desclée de Brouwer
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Présentation de l'éditeur
Le triomphe de la démocratie est aujourd'hui incontestable dans les sociétés occidentales contemporaines, à travers l'aspiration générale à l'égalité. Mais ce triomphe de l'égalité et de la liberté fait dangereusement dériver nos sociétés vers un relativisme généralisé. À force de dire que toutes les valeurs sont équivalentes, que toutes les revendications des communautés, groupes ou individus sont légitimes, notre démocratie ne court-elle pas à l'éclatement ?
C'est contre cette dérive que s'élève Jacques Rollet. Il s'en prend au positivisme qui marque encore fortement les réflexions contemporaines et tend à évacuer les valeurs au profit des faits. Car la démocratie suppose une réflexion éthique et peut mieux se comprendre en faisant appel aux ressources théoriques du judéo-christianisme.
Il n'est que temps de réhabiliter des valeurs fondées sur le sens de l'homme et l'universel.
Recension
n°193 mai 2008
En 2001, Jacques
Rollet nous avait déjà offert un
intéressant essai, Religions et politique.
Le christianisme, l’islam, la
démocratie (Grasset) dans lequel
nous regrettions qu’il ne prenne
pas suffisamment en compte le
caractère pervers et tyrannique
d’une démocratie qui rejette
jusqu’à la notion de loi naturelle.
Ce nouvel essai semble vouloir
répondre à cette critique,
puisqu’il part justement du
constat de la tyrannie de l’opinion,
qui se déclare majoritaire
et qui « s’appuie sur le relativisme
des valeurs fondé sur le primat du
désir individuel » (p. 8).
Cela touche particulièrement
le mariage et la famille, aujourd’hui
attaqués de toutes parts.
C’est la notion d’universel,
léguée par le judéo-christianisme,
qui est ainsi remise en
cause, avec la conception même
de la personne humaine et de sa
dignité. Dans une première partie,
Jacques Rollet explique les
mécanismes intellectuels qui ont
conduit au relativisme, ce qui est
l’occasion de mieux connaître
certains aspects de la pensée de
Weber, Bourdieu, Strauss,
Habermas, Rawls. Puis dans une
seconde partie, il montre que la
démocratie, pour éviter le fléau
du relativisme, a besoin de revenir
aux sources théoriques du
judéo-christianisme, ce qui est
l’occasion de faire un détour
intéressant du côté de René
Girard et Jacques Maritain (avec
quelques considérations sur la
sécularisation qui nous semblent
plus discutables). « Il faut bien
comprendre, écrit notre auteur,
que la démocratie ne peut être viable
que si l’idée de nature
humaine continue de tenir. Sinon,
tout est convention et tous les choix
se valent » (p. 237). On en
revient bien à la nécessité de la
loi naturelle! CQFD.
Christophe Geffroy