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L'avènement de la démocratie : Tome 1, La révolution moderne
Livre
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Année :
2007
Editeur :
Editions Gallimard
EAN13 :
9782070786152
Notre référence :
29476
Nombre de pages :
206

Présentation de l'éditeur
L'Avènement de la démocratie propose, échelonnées sur quatre livres, à la fois une histoire philosophique du XXe siècle et une théorie de la démocratie. L'entreprise constitue la suite du Désenchantement du monde. Ce qui advient avec la sortie de la religion, c'est un monde où les hommes ambitionnent de se gouverner eux-mêmes. Mais c'est en fait le monde le plus difficile à maîtriser qui soit. Ce sont les péripéties de ce parcours tumultueux, traversé d'embardées et de crises, dont il est fait une analyse raisonnée. Le premier volume, La Révolution moderne, est une sorte de prologue. Il campe l'arrière-fond, en retraçant sous une forme ramassée la révolution qui court entre 1500 et 1900, celle de l'autonomie. Surtout, il s'emploie à identifier les trois composantes spécifiques du monde désenchanté, du point de vue politique, juridique et historique. L'originalité de notre démocratie tient à la combinaison de ces trois éléments, qui est simultanément son problème permanent. Le deuxième volume, La Crise du libéralisme, présente une analyse en profondeur des années 1880-1914, qui constituent la matrice du XXe siècle, de ses tragédies et de ses réussites. En même temps que sont jetées les bases de la démocratie libérale, à la faveur de l'association du régime représentatif et du suffrage universel, le nouvel univers qui se déploie fait exploser le cadre hérité de l'univers religieux qui avait soutenu l'édifice des libertés fraîchement acquises. Ce sera la source des folies totalitaires comme ce sera le ressort de l'approfondissement et de la stabilisation des démocraties libérales. C'est précisément cet épisode crucial qu'examinera le troisième volume, A l'épreuve des totalitarismes. Le quatrième et dernier volume, Le Nouveau Monde, sera consacré, dans la même perspective et avec les mêmes instruments de lecture, à la réorientation de la vie de nos sociétés depuis le milieu des années 1970 et à la nouvelle crise de croissance de la démocratie dans laquelle elle nous a plongés.
 


Recension

n°191 mars 2008

Depuis Le désenchantement du monde paru en 1985, Marcel Gauchet, est l’un des exégètes les plus lucides de la modernité. Décrypteur de ses fondements et analyste de ses conséquences, il poursuit dans les deux premiers volumes des quatre tomes qui composeront L’Avènement de la démocratie son exploration du monde de l’autonomie et de l’individualisme d’où toute référence transcendante a été bannie. Relisant l’histoire de la philosophie politique occidentale, il en décrit certes les grandes étapes qui, de ce « commencement » qu’est « la révolution religieuse initiée par Luther » en passant par les interrogations sur le droit divin et la souveraineté, mènent au contrat social de Hobbes puis de Rousseau mais, au-delà, il caractérise la démocratie libérale, objet principal de son étude, comme un « régime mixte » fondé sur trois piliers : le politique – en tant que « relais du religieux », avènement de l’État puis de la nation –, le droit – lequel s’origine dans les individus isolés – l’histoire, enfin, – en tant qu’ouverture vers l’avenir et clôture du passé. Ce sont ces trois domaines qui structurent sa lecture inédite du programme moderne. Dans un second temps, Marcel Gauchet met en scène le philosophe- artiste et médecin Nietzsche qui, en diagnostiquant dès avant la fin du XXe siècle les symptômes du nihilisme destructeur, assène des coups de marteaux aux « idoles libérales » que sont « le progrès, le peuple, la science » auxquelles il opposera l’éternel retour et la volonté de puissance du surhomme, sans se douter d’ailleurs combien le « dernier homme » des sociétés libérales avancées dispose de ressources pour ne pas mourir… À cela s’ajoutent, dans le domaine politique, la crise du parlementarisme et de la représentation, la naissance du socialisme dit scientifique ou, plus grave peutêtre, de l’individu omnipotent des « droits de l’homme » qui, tel un monstre, se retourne contre son créateur et menace jusqu’à l’idée même de société politique (c’est ce que Marcel Gauchet, dans un livre précédent au titre éponyme, avait appelé « la démocratie contre elle-même »). À ces deux ouvrages, qui sont la geste éloquente du « fondamentalisme démocratique » et de la « théologie de la démocratie », on espère que succèdera une mise en évidence aussi irréfutable de leurs désastres politiques, moraux et psychologiques. Rémi Soulié