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Le politique et le sacré
Essai
Falk Van Gaver
Livre
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Editeur : Presses de la Renaissance
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Présentation de l'éditeur
La fin du XXe siècle a vu disparaître les idéologies totalitaires qui, longtemps, ont nourri la réflexion mais ont épuisé progressivement le filon des promesses. Le monde est entré dans une phase de désarroi moral et spirituel. Le libéralisme, idéologie marchande, occupe désormais tout l'espace intellectuel. Il réduit d'homme à l'état de consommateur aux désirs perpétuellement inassouvis. Et pourtant, nous avons plus que jamais besoin de repères. Dans cet essai nourri d'une quantité impressionnante de lectures, Folk van Gaver soumet avec bonheur notre époque à l'épreuve de l'Evangile et nous entraîne dans un tourbillon de pensée où foi et raison s'entremêlent et dont surgit la modernité éternelle du message civilisationnel du Christ. Le Politique et le Sacré répond à sa manière au message du pape Jean-Paul Il qui invite les chrétiens à s'engager, à faire entendre leur voix. Il est en ce sens porteur d'une nécessité qui se proclame et s'assume.
Recension
n°160
"Réclamer la restauration du Sacré au sommet du politique relève de la provocation en ces temps d’apologie de la si particulière laïcité républicaine. Pourtant Falk van Gaver ne revendique pas autre chose : « rendre à Dieu toute sa place, remettre César à sa place ». « Dans un solipsisme délirant, le monde moderne a clos l’horizon et s’est proclamé à grand renfort spectaculaire, l’unique possible ». Son premier essai, dense et charpenté d’une multitude de références philosophiques (qui pourront peut-être décourager certains), en appelle au sursaut catholique. « Au nom d’une pseudo-paix civile, la théologie a abandonné tout discours politique authentiquement chrétien ». Résultat ? « Nous avons récolté mensonge et mort ». L’Église absente, faut-il alors s’en remettre au politique ? « Comment envisager un citoyen quand il n’y a plus de civisme que dans l’antifascisme incantatoire, quand les cités ont remplacé la Cité, quand citoyen est devenu un adjectif publicitaire ? »
Le constat est amer. Et le jeune auteur n’éclipse aucun aspect du désastre. Spirituel, moral, sexuel, écologique, politique. La révolution a chassé Dieu de la vie terrestre. Au rang des accusés, l’arrogance libérale qui, niant Dieu et la loi supérieure, bafoue toutes ses œuvres, humaines et naturelles. Il est aujourd’hui de la mission de chaque chrétien de réinviter Dieu dans la vie quotidienne. Van Gaver affirme la liberté de l’homme… et sa responsabilité. « Sous le prétendu ordre des choses se cache toujours la décision diffuse et masquée, et qui ne tient que par le consentement des peuples, actif, passif ou forcé ». Et de proclamer à la suite de Maritain, la primauté de la morale. « L’urgence n’est pas de ménager un moyen pour influencer le pouvoir laïc, mais de restaurer une pratique religieuse capable de redonner aux chrétiens la conscience de la dimension politique de la foi ». L’impératif est encore et toujours à la conversion.
Guillaume Desanges dans La Nef