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Comment le Djihad est arrivé en Europe
Jürgen Elsässer
Livre
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Présentation de l'éditeur
Voici un ouvrage d'investigation exemplaire. Prenant à contre-pied la clameur générale, Jürgen Elsässer a patiemment remonté la piste des kamikazes du 11 septembre. Ce qui l'a mené tout droit en Bosnie, véritable tête de pont de l'activisme islamiste en Europe et en Occident. Avant de s'attaquer aux populations de l'Occident, les moudjahiddin ont été recrutés, formés, entraînés par les services secrets occidentaux. Sur cette collusion, la " guerre contre le terrorisme " proclamée à grand fracas par Washington au début des années 2000, a jeté un voile de ténèbres et de mutisme. Passionnant comme un roman d'espionnage, ce livre éclaire les souterrains de la politique mondiale et fait parler le silence. De New York à Istanbul, de Berlin à Tora-Bora, il nous entraîne à la découverte du plus équivoque des réseaux. Composant, au fil de son récit, le tableau d'une guerre occulte où les distinctions communes - Occident/Islam, amis/ennemis, terrorisme/pacification - perdent leur sens.
Recension
n°173
Jürgen Elsässer est
l’un des journalistes
d’investigation allemands
les plus reconnus.
Dix ans d’enquête,
de séjours en Bosnie et
une utilisation exhaustive
des meilleures
sources mènent à un
constat prévisible mais décortiqué
ici par le menu : l’alliance
« afghane » bien connue entre
les États-Unis et les moudjahiddin,
au temps où le danger
soviétique autorisait toutes les
combinaisons, a écrit une nouvelle
page de son histoire dans
les Balkans, lors de l’éclatement
de la Yougoslavie. C’est ainsi
que les plus importants suspects
du 11 Septembre y ont vécu
leur baptême du feu. La Bosnie-
Herzégovine, en particulier,
réunissait de bonnes conditions,
de par son histoire, pour
l’ouverture d’un front du
Djihad, et un certain Oussama
Ben Laden ne s’y était pas
trompé, qui avait obtenu à
Vienne un passeport
bosniaque en 1993.
Les djihadistes perpétrèrent
de sanglants
actes de barbarie au
cours de cette guerre
qui a duré trois ans
(1992-1995), dont
quelques-uns des massacres
qui ont été attribués aux
Serbes.
À l’époque, Ben Laden ne faisait
pas mystère du formidable
camp d’entraînement que le
théâtre bosniaque constituait
pour sa cause. Une bonne partie
de ces activités furent financées
par le truchement d'organisations
humanitaires américanosaoudiennes.
Ainsi donc, une
tête de pont terroriste a été établie
en Bosnie-Herzégovine
grâce aux protections occidentales,
notamment allemandes et
américaines, dans ce qui apparaît
au terme de la démonstration
comme une manipulation
cynique qui a très mal tourné.
Frédéric Pichon