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Demain, la décroissance !
Penser l'écologie jusqu'au bout
Alain de Benoist
Livre
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Présentation de l'éditeur
Peut-il y avoir une croissance infinie dans un espace fini ? Tout montre que non. Aux dérèglements climatiques et à la dégradation du milieu naturel sous l'effet des pollutions de toutes sortes s'ajoute l'épuisement des ressources naturelles, à commencer par le pétrole, sur l'exploitation accélérée desquelles repose toute la civilisation industrielle. En un siècle, l'homme a consommé des stocks que la nature avait mis 300 millions d'années à constituer.
On sait désormais que si tous les habitants du globe consommaient autant que les Occidentaux, il faudrait quatre ou cinq planètes supplémentaires pour couvrir nos besoins en matières premières !
Les partisans de la décroissance savent que le " développement durable " ne fait au mieux que repousser les échéances. Ils savent qu'on ne peut durablement préserver le milieu naturel tout en permettant à la croissance de poursuivre sa folle course en avant, cause principale de sa dégradation, et que la protection de l'environnement ne peut se concilier avec la recherche permanente de profits financiers toujours accrus. Ils veulent agir sur les causes, et pas seulement sur les effets. Rompant avec la logique du " toujours plus ", ils s'emploient à mettre en application le mot d'ordre lancé par Ivan Illich : " Vivre autrement pour vivre mieux ". Les préoccupations écologiques touchent aujourd'hui de plus en plus de monde, mais toutes les conclusions n'en ont pas encore été tirées.
Une rupture est nécessaire. Et d'abord dans les mentalités. Rupture vis-à-vis de l'omniprésence de l'économie et du primat des valeurs marchandes. Rupture aussi dans notre rapport à la nature : il s'agit d'en finir avec l'idéal qui fait de la Terre un objet intégralement appropriable par le sujet humain.
Au travers d'une interrogation sur la croissance, c'est tout le problème de la relation de l'homme à la nature et du sens de la présence humaine au monde qui est posé.
Recension
n°191 mars 2008
Alain de Benoist, ç’a longtemps
été le diable. L’homme
avait réussi il y a trente ans, avec
sa nouvelle droite paganisante, à
se mettre à dos tout ce que la
France comptait et de droits-del’hommiste
habituels et de catholiques
fervents. Il semble qu’il ait
heureusement quitté ces étranges
rivages pour approfondir une
pensée politique plus proche du
réel, notamment nourrie de Carl
Schmitt et de ses disciples. Mais
l’essayiste a plus d’un tour dans
son sac et dispose d’une curiosité
inlassable – en témoigne sa
mythique bibliothèque que l’on
crédite de plusieurs dizaines de
milliers d’ouvrages – qui l’a mené
à s’emparer vigoureusement de
la question écologique. Dans un
petit livre où il défend la décroissance,
il réunit ainsi aujourd’hui
plusieurs longs articles précédemment
publiés dans la revue Éléments.
S’inspirant, comme tous les
décroissants, des travaux de
l’économiste roumain Nicholas
Georgescu-Roegen, Alain de
Benoist délivre une salutaire critique
d’un monde contemporain
assujetti au libéralisme. De sa
vaste érudition, le lecteur fera son
miel. Cependant, l’honnête
homme ne pourra que s’irriter
que l’intelligent politologue persévère,
au détour d’un paragraphe,
dans sa haine du christianisme,
accusé d’avoir libéré les forces
d’un progrès aveugle dont les
effets ravagent la planète, quand
un simple détour par l’histoire
montre que de Pascal à Chesterton,
de Jacques Ellul à Benoît
XVI, jamais l’ordre du cosmos et
la véritable écologie, l’humaine,
n’ont été mieux défendus que par
les chrétiens.
Jacques de Guillebon