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Il faut tenter de vivre
Robert Redeker
Livre
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Année :
2007
Editeur :
Seuil
EAN13 :
9782020931359
Notre référence :
25865
Nombre de pages :
135

Présentation de l'éditeur
Le 19 septembre 2006, Robert Redeker, professeur de philosophie, publie dans Le Figaro une tribune intitulée : " Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? ".
Le lendemain, sa vie bascule. Accusé d'avoir " offensé le Prophète ", il reçoit par e-mail des menaces d'une extrême violence. Plus grave, il est frappé d'une condamnation à mort sur un site islamiste crypté, authentifié par la DST. Sa photo, son numéro de portable, son adresse, celle du lycée où il enseigne, des plans détaillés pour s'y rendre, tout cela figure sur ce site, où l'on appelle à lui trancher la tête. Depuis, Robert Redeker et les siens vivent cachés, sous protection policière permanente.
Parce que sa vie est en danger, Robert Redeker est réduit au silence. Afin de rompre cet enfermement, afin de dire aussi combien il est inacceptable qu'en République française, un homme soit condamné à mort et de facto censuré pour avoir usé de sa liberté d'expression et d'opinion, voici son témoignage.
Un texte poignant, où l'on prend la mesure, précise, concrète, quotidienne, de ce qu'il a traversé et devra encore affronter. Parce qu'il refuse tout simplement de capituler.
 


Recension


Le philosophe Robert Redeker a enfin la possibilité de dire ce qu’il vit depuis le mois de septembre, date à laquelle il a simplement exercé l’un de nos droits fondamentaux, celui de la liberté d’expression et d’opinion.
Il faut tenter de vivre est un cri, le cri d’un homme libre soudain livré au risque de l’assassinat par la barbarie. Le cri d’un intellectuel abandonné par une famille de pensée, une certaine gauche, qui juge « normal » ce qui lui arrive.
Cette même partie de la gauche qui est pourtant, paraît-il, opposée à la peine de mort, tout autant d’ailleurs qu’au mélange des genres entre religion et politique. Redeker le note : s’il avait écrit contre le catholicisme, les lâches ne l’auraient pas abandonné, ils l’auraient soutenu.
Un cri, oui, encore, contre la réalité stalinienne des conditionnements et des comportements au sein de l’Éducation Nationale, ses salles des profs et son ministre, lequel a considéré Redeker responsable.
Mais de quoi ? D’avoir écrit son opinion. Rien d’autre.
Ce livre est poignant par ce qu’il dévoile de l’état de l’esprit de notre pays ; poignant par l’écriture de Redeker, sa souffrance, ses incompréhensions devant cette France républicaine qui chaque jour, depuis septembre, trahit la République en la vie même du philosophe ; poignant par ce qu’il montre : que les beaux esprits avides de résistance virtuelle, par leur abandon de la liberté d’expression pourtant symbolisée par Redeker, sont d’ores et déjà prêts à soutenir la collaboration avec le pire.
Un livre poignant, oui, parce qu’il faut tenter de vivre dans un pays où un intellectuel, un philosophe, peut être menacé de mort et abandonné par la majeure partie des « garants » de la République. Parce que, comme s’il ne suffisait pas qu’il soit menacé dans sa vie, il peut être sali par toutes ces bonnes consciences imbues d’elles-mêmes. Redeker est menacé de mort. Redeker est victime d’une double peine : nos bonnes consciences ont restauré le délit d’opinion à son encontre.
Il faut être fier d’avoir lu son article dans Le Figaro. Il faut être fier de lire ce livre. Il faut être fier du choc des opinions, condition de la liberté de penser. Ce livre est un cri et ce cri doit résonner au dehors, comme au plus profond de nous. Si nous voulons, en effet, continuer à vivre.

Matthieu Baumier