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La France excédée
Jacques de Guillebon
Livre
Produit épuisé
Editeur : Presses de la Renaissance
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Présentation de l'éditeur
La France est au bord de la crise de nerfs. Les grandes utopies ont fait faillite. Les lendemains qui chantent déchantent. Les classes dirigeantes s'inquiètent. La révolte gronde. Les banlieues s'enflamment. Mais rien ne change. Avec fougue et pugnacité, Jacques de Guillebon se livre à une dissection au scalpel des tumeurs qui métastasent la société française. Tout y passe : la violence qui empoisonne les rapports entre hommes et femmes, les conflits de générations, le désespoir social, la frustration inhérente à l'idéologie du plaisir à tout prix, l'échec de l'intégration des immigrés, les problèmes de logements, le rejet de la classe politique dans son ensemble, l'absence de projet, le sentiment d'un avenir plombé. Radiographie sociale et politique, La France excédée surprend par la pertinence de son propos. Un pari sur l'avenir.
Recension
n°170
La France serait-elle un pays aux ressources insoupçonnées ? Elle semble être au bord de l’implosion, tout y va de mal en pis… et pourtant elle continue bon an mal an, rien ne change réellement qui la sortirait de cette torpeur qui la conduit à la mort lente. Dans cet essai vif et incisif, l’ami Jacques de Guillebon promène son regard sur les maux qui rongent notre société. Tout y passe et le panorama n’est guère réjouissant, mais il est hélas ! le reflet de la réalité. Voyons cela. Ce qui frappe dans cette enquête, c’est la montée du désespoir par perte de sens de la vie elle-même. Plus les progrès techniques se développent, plus la vie est facilitée et plus le vide aussi augmente. Si nous avions des yeux pour voir, nous comprendrions que cette situation sonne la faillite de l’idéologie matérialiste et libérale qui nous gouverne. Elle ne peut qu’engendrer des déracinés névrosés et malheureux. La consommation à tout prix n’a jamais donné un sens à la vie. La France n’est-elle pas le premier consommateur de médicaments en Europe, le pays où l’on compte le plus de patients suivis en psychiatrie (1,5 million, soit 2,5 % de la population) ? Un tel chiffre en dit long sur notre santé mentale ! Autre symptôme révélateur : le suicide des jeunes, première cause de mortalité chez les 25-34 ans et deuxième chez les 15-24 ans. Là aussi, ces chiffres révèlent un mal-être inquiétant. Mal-être que l’on retrouve en amont dès l’école et, surtout, dans la famille. À l’école où, au nom d’une laïcité réductrice et sectaire qui se veut « neutre », les valeurs morales et la religion n’ont plus leur place dans l’enseignement public. Jacques de Guillebon cite là un texte étonnant de Bill Clinton, datant de 1995 et analysant les conséquences de cette évacuation : la violence des jeunes, encouragée par le spectacle quotidien avilissant du cinéma ou de la télévision. Face à cette dérive, Bill Clinton affirme que « les Américains ne devraient jamais avoir à cacher leur foi. […] La religion a sa place en privé et en public parce que la place publique appartient à tous les Américains ». La famille est l’exemple même du dérèglement de nos sociétés. Tout est fait pour la déstabiliser, l’affaiblir et finalement la ruiner. Facilité toujours plus grande du divorce, encouragement de toutes les formes de « couples », notamment homosexuels, généralisation de l’homoparentalité, avortement totalement banalisé qui fait perdre le sens même de la vie, etc. Bref, le petit d’homme d’aujourd’hui risque fort de grandir dans une famille éclatée qui sera bien incapable de lui transmettre les repères, les valeurs et la stabilité dont il a besoin. À ce déracinement familial s’ajoute celui de la nation. On a encore pu le mesurer avec la polémique sur la colonisation, la France entretient une haine d’elle-même qui relève d’un véritable masochisme. Comment les jeunes Français, et a fortiori les étrangers, pourraient-ils aimer une nation qui passe son temps à s’autoflageller, à dénigrer son passé ? Dans ce contexte, Jacques de Guillebon a raison d’écrire : « Il est indéniable que le mal français trouve l’une de ses causes les plus prononcées dans le rapport silencieux qui a été noué entre le peuple et les questions… de l’immigration et de l’islam. » L’intérêt de ce constat bien noir est de porter l’analyse jusqu’à la source du mal (ce que n’a pas fait un Nicolas Baverez dans le bestseller La France qui tombe) qui est d’abord spirituel. C’est pourquoi le remède est en nous-mêmes, c’est un combat contre nos propres tendances mortifères qu’il faut engager. Un tel livre aide à poser le bon diagnostic. C’est déjà beaucoup.
Christophe Geffroy