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La vérité sur l'avortement aujourd'hui
Sabine Faivre
Livre
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Présentation de l'éditeur
Présentation de l'éditeur
L'objectif de cette étude est d'évaluer le retentissement psychologique de l'avortement auprès de toutes les personnes impliquées dans cette pratique, et de dégager, à partir de l'observation de cette réalité, de nouveaux enjeux d'ordre éthique. L'étude repose sur une enquête menée durant plusieurs mois, au sein même du système hospitalier. L'axe visé a été à la fois celui de l'observation neutre et de l'écoute empathique des personnes, de l'assistante sociale au médecin en charge des IVG, des femmes concernées aux conseillers conjugaux et aux équipes d'infirmiers. Toutes les entrevues ont fait l'objet d'une retranscription fidèle : elles montrent, parfois de façon saisissante, la réalité vécue par les différents acteurs. On est au cœur du système, et ce qu'on observe nous interpelle très profondément : le malaise des soignants, l'inadéquation entre la loi et les réalités vécues, des dysfonctionnements générant des situations injustes, les pressions répétées, les IVG " tardives " pratiquées au-delà du délai sans consultation préalable, l'urgence à agir, l'absence de temps d'écoute et de parole, mais surtout la souffrance personnelle vécue par chacun, à tous les niveaux, et une forme insidieuse de loi du silence qui l'empêche d'être entendue. Cette observation ne se veut pas représentative ; cependant, elle dit quelque chose des enjeux éthiques soulevés au sens large par la pratique de l'avortement aujourd'hui en France, et appelle à une prise de conscience collective.
Jacqueline Picoche pour www.librairievatholique.com
L’auteure, sociologue et psychologue, mère de trois enfants et active dans le diocèse de Fréjus-Toulon a voulu voir quelle réalité recouvre la locution idéologiquement correcte d’IVG, “Interruption Volontaire de Grossesse” dont le synonyme plus usuel est “avortement”. Selon le discours officiel, l’IVG, droit récemment reconnu à la femme, est, avec la contraception, dont elle corrige les erreurs éventuelles, l’instrument de sa libération sexuelle : intervention chirurgicale bénigne ne nécessitant même pas une journée complète d’hospitalisation, ou mieux encore, grâce au RU 486, expulsion précoce de l’embryon sans autre sensation que des règles un peu douloureuses.
Jadis tenu pour un crime, cet acte est aujourd’hui non seulement un droit, mais, de l’avis de plusieurs, un devoir en cas de malformation grave du fœtus. Les instances internationales y attachent tellement d’importance qu’elles font pression sur les États récalcitrants pour qu’ils ne s’en tiennent pas à des conceptions morales dépassées.
Sabine Faivre, elle, a voulu connaître la “réalité psychologique” de l’avortement. Elle a assisté pendant deux mois, en milieu hospitalier public, à des entretiens pré-IVG (obligatoires pour les mineures, facultatifs pour les majeures) et elle a interrogé tous les acteurs concernés : assistantes sociales, conseillers conjugaux, psychologues, infirmiers et médecins.
La première partie de son ouvrage est la transcription de ce qu’elle a jugé le plus significatif de ces entretiens et la deuxième partie leur analyse. Le fait que ceux qu’elle cite donnent une image négative de la situation ne prouve pas que, peut-être, d’autres, qu’elle ne cite pas, n’auraient pas donné un autre son de cloche. Mais enfin, les paroles qu’elle a transcrites ont bien été prononcées et suffisent à justifier l’inquiétude du lecteur. En fait de liberté, on ne voit dans son livre que des femmes soumises à de lourdes pressions non seulement des circonstances, mais de leurs parents, et plus souvent de leur “copain”, de leur “mec”, le mot “mari” n’apparaissant pas dans le texte, “obligées”, “forcées” de faire ce qu’elles auraient préféré ne pas faire. Certaines sont bouleversées d’avoir entendu, à l’échographie, battre le cœur de l’enfant condamné. Des femmes hésitantes auraient eu besoin d’un long entretien, peut-être de plusieurs, mais l’assistante sociale, pressée de “faire vite” par le nombre des candidates et l’insistance du médecin, n’a que le temps de leur préciser les modalités de l’intervention sans leur faire envisager d’autres solutions (accouchement sous X, maison maternelle, adoption) ; des médecins font ce travail peu gratifiant parce qu’il fut bien que quelqu’un le fasse, mais en sont écoeurés ; des psychologues voient revenir après coup des femmes complètement déstabilisées. Elle-même dit avoir été “lessivée, broyée” par tout ce qu’elle avait vu et entendu. Bref, le tableau n’est pas brillant. Il est certain qu’aucune des personnes qui parlent dans ces pages ne considère l’avortement comme elle considérerait l’opération d’une appendicite ou la pose d’une prothèse de la hanche, et le non-dit rendu obligatoire par la pression de l’idéologie officielle augmente le malaise de tous.
Cet ouvrage a été préfacé par Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon qui rappelle que “la vie est un cadeau du ciel” et appelle à une prise de conscience collective sur le respect de la vie et la dignité des personnes.
On souhaiterait que ce petit livre peu couteux connaisse une large diffusion auprès des jeunes et moins jeunes en âge de procréer, et leur fasse comprendre que l’amour, qui mène à la transmission de la vie, est une joie, mais n’est pas une bagatelle.
Recension
Attention : livre terrible !
Sabine Faivre, spécialiste
d'éthique médicale et maître en sociologie, s'est attelée
à un travail courageux et pénible. Elle a enquêté
durant plusieurs mois, en milieu hospitalier, auprès
des médecins, des femmes impliquées, des assistantes
sociales, des infirmiers, des généticiens, des gynécologues-
obstétriciens, sur la réalité psychologique engendrée
par l'avortement en France. À travers le prisme
de la psychologie, naturellement, l'avortement n'est
plus simplement une noble conquête de la modernité,
chiffrable, propre, mais le révélateur de la souffrance
et de l'ignominie de toute une époque, la nôtre.
Avec plus de 200 000 avortements annuels en France, la loi Veil
s'avère être un cuisant échec par rapport aux ambitions de départ
qui étaient de protéger les femmes, de les mieux informer et ainsi
de diminuer les actes d'avortements clandestins. Le remède a
engendré la prolifération de la maladie puisque depuis 1975 (l'Institut
National des Études Démographiques, source sûre s'il en est,
estime à 65 000 les avortements annuels avant la loi Veil), date
d'entrée en vigueur de la légalisation de l'avortement, la pratique
de celui-ci a considérablement augmenté. L'idéologie totalitaire de
nos temps post-démocratiques n'entend pas créer de débat participatif
sur ce sujet capital, reflet de notre visage monstrueux dans la
psyché humaine, encore moins se faire l'écho de la souffrance
mentale vécue par tous les acteurs de l'industrie de l'avortement.
Or, c'est là que le livre de Mme Faivre se trouve puissamment efficace.
Basé sur une série d'entretiens avec les acteurs de l'IVG, l'envers
du décor se révèle une véritable torture psychique pour toutes
les personnes impliquées. Femmes sous-informées, non suivies
après l'acte médical, subissant souvent des pressions familiales
voire des incitations du corps hospitalier lui-même, société paradoxale,
question taboue dans les médias, tout concours à ce que la
réalité de l'avortement soit totalement passée sous silence, niée,
cachée.
Un petit florilège de réponses aux questions de Mme Faivre en
rendra compte : « C'est paradoxal : d'un côté, la société fait des efforts
pour favoriser l'intégration des personnes handicapées, pour qu'elles
aient une place reconnue et défendue ; d'un autre côté, on a mis en
place tous les outils pour les empêcher de naître » (Docteur M., généticienne
dans un centre de diagnostic prénatal) ; « vous savez,
zigouiller un foetus, ce n'est franchement pas drôle, le piquer dans le
coeur, et le voir se tordre sous les convulsions, c'est dur »; « je vais vous
donner un exemple qui m'a marqué : le cas de cette femme qu'on a
prise en situation d'urgence pour une IVG tardive à 14 semaines […]
on a réalisé que cette femme avortait en fait sous la contrainte, et
comme elle voyait ce qu'on était en train de lui faire, elle s'est mise à
crier qu'elle voulait garder son enfant. Mais l'enfant avait déjà un pied
dans le vagin, c'était trop tard. L'enfant est né vivant et elle a voulu le
prendre sur son sein, il jappait, c'était horrible » (Professeur N.).
On l'aura compris, c'est à une prise de conscience collective
qu'en appelle ce livre poignant. Qu'une époque qui a connu les
fours crématoires engendre en retour l'avortement de masse n'est
pas le moindre des paradoxes à l'oeuvre dans le cerveau mortifère
de l'être humain. Mais que notre société se prétendant si ouverte
refuse d'entendre la souffrance de milliers de femmes traumatisées
par l'interruption du développement de l'être humain qu'elles
portaient en leur sein, celle des médecins meurtris par la pratique
régulière d'opérations sur des femmes dont ils ont entendu l'histoire,
c'est là ce qui devient absolument inacceptable à la
conscience de notre temps se disant plus que jamais concernée par
le crime contre le vivant. Il en va du salut du genre tout entier.
Gwen Garnier-Duguy