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Le Communisme du XXIe siècle
Renaud Camus
Livre
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Présentation de l'éditeur
Sans contester la validité de la lutte contre le racisme ni l'honneur de ceux qui en furent les pionniers, Renaud Camus fustige l'aveuglement que le " communisme du XXIe siècle " (selon l'expression d'Alain Finkielkraut pour désigner l'antiracisme dogmatique), impose, en s'appuyant sur la déculturation de masse, à la société française quant à son destin.
Nous n'allons pas, explique-t-il, vers un fraternel mélange de cultures, mais, entre violence et enseignement de l'oubli, vers un rapide réensauvagement de l'espèce.
A quelques mois de l'élection présidentielle - " peut-être la dernière chance " -, Camus met en garde aussi contre les remèdes " pires que le mal ", tel le vote Le Pen...
Sans crainte des tabous, sans provocation gratuite, mais avec une concise gravité, ce pamphlet va droit au but : mettre en lumière, avant qu'il soit trop tard, une entreprise de nivellement et d'intimidation qui, selon lui, promet à une rapide disparition une culture, un art et un mode de vie naguère admirés parmi les plus précieux - la civilisation française.
Recension
Nous autres les chiens savons maintenant que notre bassesse
est immortelle. C’est ce que le super-talentueux
Renaud Camus vient aujourd'hui, avec à propos, nous réapprendre.
Un communisme chasse en effet l’autre, prétend-il,
et celui de notre temps, mieux rodé encore que le précédent
s’il se peut dans sa méthodologie culpabilisante, qui s’appelle
antiracisme, fulmine une loi plus roide que l’airain à quoi l’on
n’échappe pas. Car si « tout anticommuniste est un chien » selon
Sartre, « tout antiraciste est un pitbull, un pis que chien, un
moins que chien, une hyène, une larve, une Bête immonde »,
commente l’homme de lettres aux cinquante livres, passé du
côté obscur de la France depuis son affaire avec une radio
d’État qui lui avait valu, pour quelques lignes de son Journal
fustigeant la mainmise de commentateurs d’origine israélite
sur l’information en provenance d’Israël, un clouage au pilori
en règle et une désignation ignominieuse à la vindicte publique.
À Alain Finkielkraut qui l’avait alors, seul contre tous,
défendu des hurlements de la meute, Renaud Camus
emprunte aujourd’hui cette expression de « Communisme du
XXIe siècle » pour définir au plus près l’idéologie antiraciste qui
fait taire les consciences et baisser les yeux français.
L’antiracisme, saine réaction à l’origine que tout chrétien
véhicule ordinairement depuis deux mille ans dans son bissac,
a au fil des ans, on ne l’ignore pas, accaparé cette grâce insigne propre
aux régimes totalitaires d’occuper seul le terrain de la morale –
et à l’heure du refus de toute morale c’est même un comble – disposant
maintenant de la puissance inouïe de jeter dans le même sac
qui et tout ce qui l’indispose, le raciste (espèce rare) comme l’antiantiraciste,
aussitôt assimilé au nazi de demain.
Renaud Camus
n’hésite pas, pour lui, dans ces quelques textes réunis aujourd’hui,
à se qualifier d’anti-antiraciste, c’est-à-dire salutaire guetteur dans
la nuit de l’intelligence, au risque de se voir à nouveau condamné
à errer comme paria.
L’écrivain n’annonce cependant pas encore l’aube, bien au
contraire il crie et se lamente comme Rachel qui, ayant perdu ses
enfants, ne veut pas être consolée : il constate avec frayeur que l’irruption
de l'antiracisme a coïncidé, sans affirmer s’il y a là cause et
effet, avec le délabrement de la culture entière d’un peuple, dont
l’éducation des enfants n’est plus assurée, dont la violence des adolescents
n’est plus canalisée ni même, quand il le faut, réprimée,
dont la langue est de moins en moins correctement prononcée,
dont l’âme finalement s’étiole et, comme une ultime flamme, n’attend
qu’un souffle un peu violent pour s’éteindre. Renaud Camus,
qui préfère les observateurs du réel quand bien même il est désastreux
aux chasseurs de déclinologues, apparente sans vergogne
notre situation à celle du Liban et du Kosovo, pour arriver à la
question décisive : à nier, au nom d’une lutte antiraciste, les maux
d’une immigration francophobe, aurons-nous la guerre civile ? Et
s’il répond par la négative, ne vous réjouissez pas, c’est pour annoncer
pire mal : « L’effondrement moral intellectuel, culturel, grammatical,
spirituel, “religieux”, que dis-je, “hormonal”, d’une des parties au
conflit éventuel l’empêchera sans doute de se lancer dans une résolution
aussi extrême que le conflit armé; et l’engagera très fort à le fuir, même,
quel que soit le prix à payer pour ce désistement. » Terrible prophétie,
qui se conclut ainsi : « Le mépris de soi nous sauvera du bain de sang.
L’habitude de la capitulation fera le reste. »
Camus, l’un des plus
grands écrivains français vivants, annonce le pire ; il ne tient pourtant
qu’à nous autre, Français, comme à chaque heure de désespoir,
de relever le gant. La défaite n’est pas notre culture, ni le déshonneur
notre patrie, ce n’est pas vrai. Et les poètes, heureusement,
souvent se trompent.
Jacques de Guillebon