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Le nouvel ordre amoureux
Jacques de Guillebon & Falk Van Gaver
Livre
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Editeur : Editions de l'OEuvre
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Présentation de l'éditeur
Radiographie de la fracture qui sépare chaque jour davantage la génération née dans l’âge d’or des trente glorieuses de celle qui a grandi après la chute du mur de Berlin, cet essai résonnera avec force en ce quarantième anniversaire de Mai 68.
Après ce qui devait être une pleine libération des mœurs, qu’est-ce qui a vraiment changé dans la vie amoureuse des jeunes générations ? À quoi rêvent les enfants de ceux et celles qui chevauchèrent les barricades ? La promesse a-t-elle été tenue ? Et si oui, pour qui ?
Alors que l’héritage commence à être contesté, deux jeunes écrivains cherchent à évaluer les retombées de ce qui avait été annoncé comme une révolution. Ils portent, sur eux-mêmes et sur leurs aînés, un regard franc, sans concession ni esprit partisan.
Recension
n°192 avril 2008
En écho à l’ouvrage Le nouveau désordre amoureux
d’Alain Finkielkraut et Pascal Bruckner, Jacques de
Guillebon et Falk van Gaver signent un essai d’une
grande qualité sur le sentiment amoureux depuis ses
origines. Ce livre part à la recherche de l’amour perdu
en deux étapes : tout d’abord replacé dans son histoire,
l’amour est ensuite analysé au travers des dérives
actuelles dont il est victime. « La meilleure façon
de détruire ce qu’on n’aime pas est de construire ce
qu’on aime ». Ainsi Le nouvel ordre amoureux donne
les armes pour construire un monde meilleur où
l’amour retrouve sa vraie place et son vrai sens.
Dès l’Antiquité, l’homme découvre que l’amour
a un caractère divin et qu’il assure la paix. « Les
deux sexes réveillent des souvenirs qui donnent des
ailes à l’âme et l’appellent vers la Beauté divine et olympienne »,
constatait Plutarque. Cependant, la Révélation va apporter ce que
les anciens avaient tenté d’approcher : « Il est une vérité bien plus
grande qui embrase l’intuition païenne en son point le plus intime :
Dieu est amour ». Le sentiment amoureux prend alors un sens plus
profond et ô combien merveilleux : la fin première de l’homme
étant l’Amour, sa capacité d’aimer le rend participant à la vie
divine. Ainsi, par la procréation, l’homme touche au mystère de
Dieu : « le sexe est divin, sans doute, divin moyen, puisqu’il donne
vie, puisqu’il est instrument de procréation, participation à l’oeuvre
créatrice de Dieu, collaboration au don de la vie, à la création d’une
âme ».
De ces deux apports germera, au Moyen Âge, l’amour courtois
qui fit de la passion une fin en soi et de l’amour interdit le seul
moyen d’y accéder : « Contre le mariage dont la simplicité l’indispose,
l’amour courtois se fait l’apôtre de l’adultère, seul type de liaison
où le péril soit toujours assez grand pour que la passion ne diminue
pas ». Notre société actuelle est la directe héritière de cet amourpassion
qui l’a mené aux dérives qu’on connaît.
Face à la solitude, à l’utilisation effrénée du corps de la femme,
face à la guerre des sexes, face aux familles éclatées et au règne de
la pornographie, il est grand temps de redéfinir ce qu’est l’amour
vrai et ce qu’il peut exiger. Si l’amour qui se donne rend heureux,
il n’en est pas moins exigeant : « L’amour est un calice qui se boit
jusqu’à la lie, l’amour est une ivresse jusque dans sa monotonie ».
L’amour véritable, pour resplendir, passe par la croix. Le Christ,
premier Amant, a montré à l’homme qu’on n’aime vraiment qu’en
se donnant totalement.
Cependant ce chemin est source de joie, car aimer c’est correspondre
à ce à quoi l’homme est appelé : la béatitude éternelle dans
l’Amour.
Le sentiment amoureux est donc à redécouvrir. Ce qu’il faut
c’est « bâtir une civilisation de l’amour en le civilisant ». Mais il
existe une communion amoureuse des saints qui fait de chaque
homme un ouvrier de cette nouvelle civilisation de l’Amour :
« Ainsi qui décide de donner sa vie à jamais, qui décide de garder la
parole donnée, élève le monde pour ce qu’il glorifie l’amour en son
éternité temporelle. Ainsi, a contrario, qui se retire dans un plaisir
solitaire participe à la destruction générale de la confiance, donc de la
durée, et morcelle l’univers en monades combatives ».
Le nouvel ordre amoureux est un hymne à l’amour vrai. Il redéfinit
le rôle de l’homme et de la femme, il replace l’amour dans son
histoire et dans son temps, il exhorte au courage, à la patience et à
la volonté et donne à l’homme l’exemple même de celui qui a tout
donné par amour, notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ.
Marine Tertrais