Recherche
 
 
Votre panier est vide

 
 
 
Pour recevoir régulièrement des nouvelles de La Nef, entrez votre courriel et validez
 
Lanef.net Boutique Société
Les femmes et la vie ordinaire
Amour, mariage et féminisme
Christopher Lasch
Livre
Prix :
19,00 €
Disponibilité :
Habituellement expédié sous 6 à 10 jours

 
Mon panierX

Ce produit a été
ajouté à votre panier
Passer la commande
Continuer les achats
 
Ajouter à ma commande
Année :
2006
Editeur :
Flammarion
EAN13 :
9782082105453
Notre référence :
23112
Nombre de pages :
249

Présentation de l'éditeur
La rationalisation de la vie quotidienne en Occident a profondément bouleversé nos conceptions de l'amour, du mariage et du féminisme. L'intrusion des professionnels de l'assistanat dans la sphère intime a précipité la famille dans une situation de dépendance, où son horizon imaginatif et affectif s'est considérablement rétréci. Les techniques ésotériques en sont venues à remplacer les habitudes et les coutumes. La mentalité thérapeutique a ainsi ouvert la voie à un paternalisme d'un type nouveau, celui de l'Etat libéral, qui n'est pas plus désirable que l'ancienne tradition du patriarcat.

 


Recension

n°172

Auteur de nombreux ouvrages, comme les excellents La Révolte des élites, La Culture du narcissisme ou encore Le Seul et vrai paradis, tous traduits en français aux éditions Climats, l’historien américain Christopher Lasch (1932-1994) développe une pensée originale et puissante qui présente une des plus lucides analyses des évolutions du monde moderne. Quand il s’attaque au sujet controversé du féminisme et de la condition féminine, c’est avec une hauteur de vue aussi rare que nécessaire aujourd’hui. Le recueil d’essais Les Femmes et la vie ordinaire décortique ainsi les récits conventionnels de la mythologie féministe. À l’instar de l’industrie de la publicité, le mouvement des femmes a adopté le « choix » comme slogan, non seulement sur la question de l’avortement mais aussi dans ses attaques contre la famille traditionnelle, désormais considérée uniquement comme l’une des variétés de types familiaux parmi lesquels les gens peuvent librement choisir. Cela dit, le mouvement ne reconnaît en fait qu’un seul choix : la famille au sein de laquelle les adultes travaillent à temps plein. La famille où les deux parents poursuivent une carrière représente le « progrès », les traînards doivent se mettre au pas : telle est la logique que les féministes ont empruntée au marché. « Les féministes du courant dominant poursuivent désormais presque exclusivement un seul but : permettre aux femmes de se trouver sur un pied d’égalité avec les hommes à leur entrée dans le monde du travail et des professions libérales. Même leur obsession pour la question de l’avortement doit être observée par ce prisme. Dans la mesure où la biologie de la reproduction constitue la plus flagrante différence entre les hommes et les femmes, ainsi que la principale source, semble-t-il, de l’inégalité touchant les femmes par rapport au travail, il importe de neutraliser ce “handicap” en donnant aux femmes le droit de vie et de mort sur l’embryon. L’affirmation des “droits liés à la fonction reproductrice” repousse le dernier obstacle entravant l’intégration des femmes dans la main d’oeuvre. » La lecture de Lasch permet d’en finir avec le mépris féministe envers les femmes, notamment celles du passé, bien sûr plongées dans l’ignorance et qui ne pouvaient hélas pas saisir l’essence de l’oppression patriarcale puisqu’elles n’avaient aucun accès aux « études sociologique de la différence sexuelle »…
Lasch montre aussi une compréhension de la religion qui se fait rare de nos jours et en défend l’importance fondamentale dans la vie ordinaire face aux attaques progressistes et aux interprétations utilitaristes qu’elle subit : « La religion n’est pas qu’un simple refuge, un vecteur de sécurité dans un monde agité. C’est aussi un défi à l’apitoiement sur soi et au désespoir – tentations qui nous sont communes à tous, mais particulièrement à ceux qui sont nés dans les mauvaises classes sociales. Les victimes d’injustice sociale n’ont aucun mal à rejeter tous les torts sur l’oppression systématique – capitalisme, patriarcat, racisme, le “système” en général. Ce mode de pensée n’est pas inutile, s'il encourage la résistance mutuelle à l’exploitation ; mais il est aussi néfaste en ceci qu’il ne sert que d’excuse pour décliner toute responsabilité vis-à-vis de soi-même. La soumission envers Dieu rend les gens moins dociles dans la vie quotidienne. Elle les rend moins peureux, mais aussi moins amers et désagréables, moins enclins à s’excuser. Les mouvements sociaux modernes ont pour leur part tendance à exploiter continuellement la fibre du ressentiment. Leur but est de faire prendre conscience aux victimes de leur persécution. Ils se méfient de toute compréhension qui semblerait “rejeter la faute sur la victime”. Ainsi découragent-ils les gens d’assumer leur responsabilité personnelle ; et après leurs adhérents se disent “dérangés” et “déprimés” que les gens préfèrent se tourner vers la religion ! » Lire Christopher Lasch, c’est toujours faire une cure d’intelligence.

Falk van Gaver