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Les logiques totalitaires en Europe
Stéphane Courtois
Livre
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Editeur : Editions du Rocher
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Présentation de l'éditeur
Le XXe siècle a été marqué en Europe par le phénomène totalitaire dont les formes diverses - fascisme, nazisme, communisme - ont été inaugurées et portées par des chefs charismatiques - Lénine, Staline, Mussolini, Hitler. Cependant, par-delà ces hommes, le phénomène était sous-tendu de logiques spécifiques. La logique initiale renvoie à la dimension idéologique des mouvements totalitaires, une idéologie - racialiste, classiste ou ultra-nationaliste - qui, devenue religion politique, légitime la volonté de puissance et de domination totale qui anime les chefs et justifie leurs actions, même les plus criminelles. Lors de leur passage à l'acte pour la prise du pouvoir, les mouvements totalitaires mettent systématiquement en œuvre la logique de la guerre civile qui ouvre le champ de tous les possibles en supprimant les traditionnelles limites de durée, d'espace et de moyens par lesquelles la violence étatique est bridée. Le déclenchement de la guerre civile implique la mise en œuvre de la logique de la terreur qui, selon des intensités variables, a présidé à tous les régimes totalitaires. Enfin, pour conserver le pouvoir à tout prix et développer leurs projets - " construction du socialisme " en URSS, épuration de la race en Allemagne, création de " l'Homme nouveau " en Italie -, les régimes totalitaires liquident les élites traditionnelles ou démocratiques, et suscitent l'apparition de nouvelles élites totalitaires formées d'un type d'homme prêt à pratiquer la terreur pour mieux profiter des gratifications offertes. C'est à toutes ces questions qu'une équipe de vingt-cinq historiens, sociologues et politologues venus de toute l'Europe consacre sa réflexion.
Recension
n°179
Le siècle écoulé, riche en tentatives
totalitaires (marxisme,
fascisme, hitlérisme...), a vu s’affronter
ces utopies dans un antagonisme
perçu alors qu’elles ont
toutes un lien de parenté indéniable.
Ce lien n'est cependant
pas dans les crimes commis, mais
dans le projet fondamental qui
les sous-tend: une refonte totale
de l'humanité passant par le
remplacement de Dieu par
l'Homme.
Pour le scientisme, le monde
réel ne peut être régi que par des
lois tangibles: Dieu ne serait
qu'illusion, au mieux expliquée
par la psychologie, au pire par la
volonté de domination qui
aurait trouvé là un outil puissant.
Voulant rejeter ce qui est
perçu comme superstition et
assujettissement, certains théoriciens
en viennent à penser que
l'homme peut par la connaissance étendre sa domination
non seulement à la création mais
aussi à lui-même, devenir son
propre dieu.
Cette idée va être reprise par
ceux pour qui l'homme est seul
responsable de son destin et qu’à
lui seul revient la tâche de bâtir
le paradis sur terre, de devenir
parfait.
C’est la clé de l’idéologie totalitaire
qui trouve ici la justification
d'une politique dure envers
le peuple ainsi que l'élément
saboteur qui explique la dichotomie
entre utopie et réalité.
Cette volonté qui doit transformer
le monde et les hommes va
justifier les pires dérives.
Volonté de puissance qui nie
l'âme et le caractère sacré de
l'homme qui exclut. Sous-hommes,
parasites, voilà les qualificatifs
utilisés pour désigner les
coupables, les traîtres, purger le
peuple ainsi que l'appareil
d'État dans un emballement
idéologique où il faut sans cesse
être à la pointe de la révolution,
sans cesse se dépasser dans sa foi
révolutionnaire.
Nouvelle religion, l’expérience
totalitaire a en tout cas
permis de comprendre que
l'homme ne pouvait se passer de
Dieu : non pas par la crainte
d'un châtiment – ne nous laisset-
Il pas libres ? – mais parce que
sans raison et sans éthique, sans
référent moral supérieur, l'homme
n'est plus que l'instrument
d'un système technique dont il
devient la victime.
Aldric van Gaver