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Quand les catholiques étaient hors la loi
Format poche
Jean Sévillia
Livre
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9,00 €
Disponibilité :
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Année :
2006
Editeur :
Librairie Académique Perrin
EAN13 :
9782262024642
Notre référence :
22414
Nombre de pages :
323

Caracteristiques
Format poche
Présentation de l'éditeur
Présentation de l'éditeur
Les catholiques hors la loi ? De 1901 à 1904, une série de mesures d'exception restreint le droit des congrégations religieuses et finit par leur retirer la liberté d'enseigner. Leurs communautés dissoutes et leurs biens séquestrés, plus de 30 000 moines ou soeurs sont contraints à l'exil. Au cours de la même période, le gouvernement ferme 14000 écoles catholiques, multiplie les agressions à l'encontre du clergé, et prive d'avancement les officiers qui vont à la messe. Pourquoi rappeler ces faits ? Cent ans après la séparation de l'Eglise et de l'Etat, il se répète que la laïcité garantit la neutralité publique en matière religieuse. Cette vision est purement rétrospective : de 1879 à 1914, l'anticléricalisme a servi de ciment politique aux partis exerçant le pouvoir, et les catholiques ont été écartés des instances dirigeantes du pays. En 1905, c'est dans un climat où beaucoup ne cachaient pas leur volonté de déchristianiser la France que la loi de Séparation a été imposée sans concertation avec l'Eglise. Aujourd'hui, ce conflit appartient au passé. Mais alors que l'irruption de l'islam a relancé le débat sur la laïcité, de nouvelles questions se posent. Croit-on faciliter l'intégration des musulmans en niant le fait religieux ? Pour assurer la cohésion de notre société, ne vaudrait-il pas mieux nous interroger sur ce que nous avons fait de nos valeurs chrétiennes ?
 


Recension


Christophe Geffroy dans La Nef n°159 d'avril 2005
Pour le centenaire de la loi de séparation de 1905, après l'ouvrage de référence d'Émile Poulat, Notre laïcité publique(Berg international, 2003), voici deux ouvrages complémentaires qui apportent une intéressante contribution à la réflexion sur la laïcité. Le livre de Jean Sévillia est une étude historique qui raconte avec force détails comment la laïcité a été imposée en France de 1879 à 1914: les lois sur l'école d'abord (Jules Ferry), qui conduisent à l'expulsion de nombreuses congrégations, la loi sur les associations (1901), «loi d'exception»qui «exclut du droit commun les religieux, hommes ou femmes »(pp. 109-110) et qui est l'occasion de nouvelles expulsions, interdictions et spoliations, la loi de séparation de 1905 enfin. Le dernier chapitre explique également la suite, depuis le compromis sur les «cultuelles» devenues «diocésaines» de 1923-1924 jusqu'au temps présent. Tout cela forme un épisode fort complexe de notre histoire et finalement mal connu. Eh bien Jean Sévillia réussit le tour de force de nous offrir un livre passionnant, précis et surtout très clair: nul doute que sur cet aspect historique, c'est désormais un ouvrage de référence à lire. Plusieurs points saillants ressortent de sa lecture, à commencer par la violence et la haine anticléricales du législateur de 1879 à 1914. Certes, Jean Sévillia montre bien que le Concordat de 1802 est devenu anachronique et limite sérieusement la liberté de l'Église, mais le législateur se moque bien d'ajuster les choses, le but affiché, hautement proclamé, est bel et bien d'éliminer l'Église catholique, d'affaiblir son influence, ce qui fait dire à l'auteur que les catholiques sont, durant cette période, en situation d'exclusion politique, alors même qu'ils représentent 95% de la population (les femmes, plus pratiquantes que les hommes, n'ont pas le droit de vote à cette époque). Ce n'est pas un jugement partisan, c'est un fait historique et il faut le savoir. À cet égard, le livre de Jean Sévillia est aussi un acte nécessaire de mémoire, car il est fort à craindre que cet aspect soit fortement minimisé, voire oublié, durant cette année du centenaire. Certes, l'application de la loi a été finalement assez libérale, en net décalage avec les discours invraisemblablement haineux des députés radicaux, mais, montre Sévillia, si cela est sans doute dû à la volonté de Briand, cela l'est plus encore en raison de la résistance opiniâtre des catholiques et de la réalité du fait religieux que les anticléricaux n'ont pu abolir comme ils l'espéraient.