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Les Aveux : Nouvelle traduction des Confessions
Livre
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Année :
2008
Editeur :
POL
EAN13 :
9782846822251
Notre référence :
30869
Nombre de pages :
402

Présentation de l'éditeur
" Ne laisse pas ma part obscure me parler. Je me suis dispersé là-bas. Je suis obscur. Mais là, même là, je t'ai aimé à la folie. Je me suis perdu et je me suis souvenu de toi... Maintenant je reviens vers ta source. En feu. Le souffle coupé. Personne pour m'en empêcher. Je vais la boire. Je vais en vivre. Je ne suis pas ma vie. Je vis mal de moi. J'ai été ma mort. " Livre XII, 10. Interpellations, confidences, exhortations, aveux, micro narrations, souvenirs, hymnes, fictions, louanges, analyses exploratoires, déplorations, cris, anathèmes, psaumes, discours, chants... J'ai voulu, par une nouvelle traduction intégrale du texte d'Augustin, rendre justice à cette véritable odyssée personnelle, à ce voyage intime dans le temps, la mémoire de soi et l'écriture. Augustin révolutionne ainsi la confession antique, détourne la littérature classique, et fait exploser les cadres anciens à l'intérieur desquels nous avons l'habitude de nous réfugier et de penser notre vie.
 


Recension

n°193 mai 2008

Prétendre traduire de nouveau les Confessions de saint Augustin est une fort belle entreprise, bien qu’il ne faille aucunement se dissimuler que le travail accompli jusqu’à ce jour en cette matière ne souffre d’aucune insuffisance qui fît la tâche nécessaire. Autant avouer qu’il faut avoir de bonnes raisons pour s’atteler à une telle entreprise et contenir assez en soi de talent afin qu’il devienne avantageux de la rendre publique. Et que chose soit ancienne ne suffit évidemment pas à consacrer sa péremption – croire le contraire est s’aduler. Mais qu’est-ce ci ? Une nouvelle traduction. Il paraît que notre époque a découvert la clef dorée de l’objectivité totale, celle qu’ignorèrent tant de siècles où les préjugés giboulaient sur les cervelles. Une ère comme la nôtre serait donc celle de la traduction véridique, celle qui se traduit devant l’auteur au lieu que de le traduire devant elle, celle, positive, qui devient le miroir d’un fait et non celle qui tout satellise autour de son ombilic. Ce ne sera pas le cas ici où notre ère étale impudiquement son symptôme. On nous parle gentiment de « nouvelle traduction », on tend donc l’oreille (il s’agit quand même de saint Augustin), on y regarde, et un piteux équipage au passage nous gave de ce hoquetant brouet plein du jus de l’outremoderne treille. La « traduction » est morfondue, bourrelée de contresens linguistiques, théologiques, philosophiques, littéraires, avec d’artificiels effets de syncope, mots isolés dans le genre riendutoutiste, procédé évidemment absurde alors que le style augustinien se déploie dans le souffle et la longueur du grand rhéteur romain lecteur de Cicéron. On invente dans la foulée un titre qui est un non-sens : Les Aveux, parce qu’on ignore encyclopédiquement qu’Augustin confesse certes sa vie mais aussi et surtout sa foi, valeur du terme confessio dont le sens ne peut être restitué par ce titre de cour d’assises. En cette entreprise le métraducteur nous donne une préface où tout n’est qu’âne imbu et où le lecteur peut lors déjà voir qu’il sera bientôt gîté dessous un maître en impéritie. Il y est fait étalage, en un hagard brouillard, de la subjectivité du traducteur, puis d’une sorte de « christianisme » auquel on se convertit, paraîtil, dans l’infidélité et qui associe la foi et l’épuisement. Certains aiment assaisonner leurs confusions de condiments ésotériques qu’ils prennent pour du christianisme. Qu’ils se laissent plutôt activement croître en la grâce, et qu’ils ne confondent pas le reliquat des fatigues humaines avec le surabondant Ami qui suscite les intarissables élans choraux des Confessions augustinienne. L’appel de Dieu résonne toujours en l’âme et suscite saintement fatigue pour certains aspects du monde, mais en rester à ces fatigues est refuser l’appel de Dieu. Les Confessions appellent à la Voix de Dieu en qui le Chant du Repos n’est pas celui d’une extinction mais d’une ineffable Vie dont l’inextinguibilité s’appelle l’Eternité. Cette Voix s’est donnée Voie en Jésus-Christ, qui prit sur lui toute lassitude afin que la lassitude ne soit plus obstacle à l’ascension de l’homme vers cette glorieuse vocation que saint Augustin ne cesse de confesser. Maxence Caron