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Les écrits intimes de la sainte de Calcutta
Viens, sois ma lumière
Mère Teresa de Calcutta
Livre
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Présentation de l'éditeur
«Si jamais je deviens sainte - je serai certainement une sainte des "ténèbres". Je serai continuellement absente du Ciel - pour allumer la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres sur terre.»
Mère Teresa de Calcutta
Au cours de sa vie entièrement dédiée aux plus pauvres d'entre les pauvres, mère Teresa est devenue une icône de la compassion aux yeux de gens de toute religion, son dévouement extraordinaire auprès des malades, des mourants et de milliers d'autres laissés-pour-compte a été reconnu et acclamé dans le monde entier. On connaît moins les sommets de sa spiritualité et ses combats intérieurs. Ce recueil d'écrits et de pensées, pour la plupart inédits, apporte un nouvel éclairage sur sa vie intime et manifeste pour la première fois la profondeur et l'intensité de sa sainteté. Rassemblées et présentées par le père Brian Kolodiejchuk, qui a côtoyé mère Teresa pendant vingt ans, ces lettres furent adressées à ses différents directeurs de conscience au fil de plusieurs décennies. Émouvante chronique de son itinéraire spirituel qui connut des années entières de complète désolation, cette correspondance révèle les secrets qu'elle ne partageait qu'avec ses confidents les plus proches. On y découvre une authentique mystique dont la vie brûlait du feu de la charité et dont le coeur fut mis à l'épreuve et purifié par une terrible nuit de la foi.
Née en 1910, Mère Teresa est entrée chez les soeurs de Notre-Dame-de-Lorette en 1928 et fut envoyée en Inde. Elle quitta son ordre pour fonder les missionnaires de la Charité. Son dévouement au service des plus pauvres s'est propagé dans le monde entier. Elle a reçu le prix Nobel de la paix en 1979. Elle a été béatifiée en 2003. Le père Brian Kolodiejchuk a rencontré mère Teresa en 1977 et l'a suivie jusqu'à sa mort en 1997. Il est postulateur de la cause en canonisation et directeur du centre Mère-Teresa.
Préface à l'édition française de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap
Traduit de l'anglais par Cécile Deniard et Delphine Rivet
Recension
n°193 mai 2008
« Je n’ai pas
la foi » : phrase ô combien atroce,
au moins d’apparence, et combien
plus encore quand c’est de
la plume de Mère Teresa qu’elle
vient. On sait comme les journalistes
du monde entier se sont récemment
emparé de cet aveu.
Mais ils ont peut-être oublié –
pour nous faire douter de quoi ?
de l’amour de Mère Teresa ? De
celui de son Dieu pour les hommes?
Cela reste mystérieux – de
noter à qui la religieuse s’adressait
quand elle écrivait ces mots.
Ils ont omis de dire que c’est
toujours au « Seigneur, mon
Dieu » que Gonxha Agnes
Bojaxhiu s’adresse et se plaint des
ténèbres dans lesquelles elle est
jetée. Confesser à Dieu qu’on n’a
pas la foi, n’est-ce pas l’ultime
mystère quotidien ? « Et dans le
même souffle, je demande “pardon,
faites de moi ce qu’il Vous plaît” »,
écrit-elle aussi. Et encore, cet
acte d’abandon inouï : « Je suis
prête à Vous attendre toute l’éternité ». Si l’on ne précise pas
d’abord cela, on ne peut rien
comprendre à ce que la bienheureuse
a traversé et dans quelle
perspective ses doutes, ou ses
certitudes d’être abandonnée,
s’inscrivaient. Nuit de la foi,
nuit obscure, dit-on rapidement
pour exprimer une souffrance
mystique que l’on connaît rarement
de soi-même. Le père
Brian Kolodiejchuk, missionnaire
de la Charité, postulateur
de la cause de la Mère et admirable
introducteur et commentateur
de ces Lettres, note qu’elle
« vivait le mystère du Calvaire »,
c’est-à-dire aussi bien que l’espérance
du Salut, le paradoxe de
Gethsémani et de l’agonie sur la
Croix qui font crier : « Eli, lama
sabbactani ». Dira-t-on que
Jésus avait perdu la foi quand il
s’adressait ainsi au Père ? Dira-ton
que Job éructant sur son
fumier ne croyait en rien ?
Alors, à la question « pourquoi
publier ces lettres ? » s’esquisse
une réponse : il est bon
pour le monde, surtout contemporain,
qui ne jure que par
la « solidarité » et « l’aide aux
victimes », dont il s’imagine
qu’elles procèdent d’un sentiment
toujours naturel et que
Mère Teresa était destinée,
comme si elle en éprouvait une
évidente jouissance, à aider les
pauvres de Calcutta, il est bon
pour le monde de connaître
combien elle fut seule dans cette
mission, et à lutter non seulement
contre les injustices sociales
mais aussi contre son propre
désespoir. « Je ne suis pas Mère
Teresa », répond notre coeur
outrecuidant quand il est sollicité
pour un sacrifice trop
grand. Mais Mère Teresa ellemême
répond dans ces lettres
qu’elle n’était pas Mère Teresa.
Mais qu’elle l’est devenue, sans
jamais le savoir.
Jacques de Guillebon