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Quarante jours au désert
Carnet de route d'un pauvre pèlerin du sable et des étoiles
Alexis de Guillebon
Livre
Prix :
20,00 €
Disponibilité :
48h
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Année :
2008
Editeur :
éditions saint-lubin
EAN13 :
9782917302002
Notre référence :
29737

Présentation de l'éditeur
« Pourquoi passer les quarante jours du carême au désert ? Quarante jours au désert, c’est, dans la tradition biblique, le temps de purification nécessaire pour voir Dieu. C’est le temps que Jésus prend pour accepter, par amour pour les hommes dont il s’est voulu à la plus parfaite ressemblance, de se laisser tenter, et se préparer, par la prière, à sa vie publique et à sa mission de Révélé qui dévoile les secrets de l’inconnaissable Roi et Père de toutes choses. C’est le temps, enfin, que propose l’Église chaque année pour approcher, si tant est qu’il soit possible de le faire, cet insondable poids d’amour qu’est le mystère de la rédemption. Mais parce que la vie déserte peu à peu le monde comme un corps se vide de sa substance, il est devenu urgent de vivre et se spiritualiser n’est plus suffisant. Il faut prendre acte de notre incarnation, et déployer en nous, dans l’esprit, les puissances vitales, sans lesquelles notre être ne peut être que morcelé. Il en va de la respiration même du monde. Il faut se pénétrer et vivre de l’idée, avec Péguy, que le spirituel doit plus que jamais être charnel. Aujourd’hui, où il importe désormais peut-être plus de vivre que de penser, j’ai préféré un vrai désert, matériel, charnel, vivant, à un désert spirituel, car la vie, en définitive, mène à l’Esprit qui en est le ressort et la source, à l’Esprit de Dieu, dont il est dit qu’il planait sur les eaux, au premier matin de la création… » Alexis de Guillebon
 


Recension

n°191 mars 2008

C’est étrange, en voici encore un qui s’appelle Guillebon. Et c’est sans doute parce que nous sommes si nombreux qu’Alexis ne réclame rien tant que la solitude, et le silence. Jeune homme de moins de trente ans et « pauvre pèlerin du sable et des étoiles », Alexis est donc parti en 2006 pour un carême de « méharée hautière », en Mauritanie, sur les pas de mythiques voyageurs. Car pour apprendre à passer le chas qui ouvre le Royaume, quoi de mieux que la compagnie des chameaux, finalement (même si ce sont des dromadaires, nous dit-on) ? Traqueur de Psichari, dont il relève partout les traces de la disparition, l’explorateur des dunes découvre parfois qu’il y a presque des embouteillages dans le désert aujourd’hui, que les fortins coiffés d’un drap tricolore qu’on aurait tellement aimé défendre ont été engloutis par les temps et que, malgré la fuite délibérée loin de son cadre natif, malgré le chant des heures laissées à elles-mêmes, c’est-à-dire au soleil ou aux astres de la nuit (« J’en suis sûr, j’ai vérifié aujourd’hui, j’ai vu la Croix du Sud sur l’horizon »), le seul espace infini où le silence se déploie et où il n’est pas glacé, déjà il le portait en lui. Et que déjà, et évidemment, il le savait. Mais quand on est jeune et large d’épaule, quelle raison pour nous interdire de gagner les plain-chants du vent, quelle autorité assez sérieuse pour nous faire oublier qu’il n’y a rien de plus sérieux que d’aller suer le burnous dans les vallées de feu de lointaines contrées ? Là où souvent « après l’émerveillement, la découverte, vient le sentiment d’abandon. La solitude d’Adam. » La où, aussi « c’est déjà une perception d’éternité ». Rimbaud qui aurait abandonné les vieilles croûtes païennes pour la soumission à la grâce du vrai Dieu, Alexis sait que c’est au désert que se manifeste la Parole, que, comme Abraham, c’est là qu’on gagne un nom nouveau et que, comme Charles de Foucauld, c’est ici qu’on peut terminer sa prière d’entrée dans la vie en disant enfin par une joie d’abandon: « Car Tu es mon Père ». Jacques de Guillebon