Lanef.net Boutique Spiritualité
 |
Quarante jours au désert
Carnet de route d'un pauvre pèlerin du sable et des étoiles
Alexis de Guillebon
Livre
Plus que 2 exemplaires en stock. Commandez vite !
Ajouter à ma commande
Editeur : éditions saint-lubin
|
Présentation de l'éditeur
« Pourquoi passer les quarante jours du carême au désert ? Quarante jours au désert, c’est, dans la tradition biblique, le temps de purification nécessaire pour voir Dieu. C’est le temps que Jésus prend pour accepter, par amour pour les hommes dont il s’est voulu à la plus parfaite ressemblance, de se laisser tenter, et se préparer, par la prière, à sa vie publique et à sa mission de Révélé qui dévoile les secrets de l’inconnaissable Roi et Père de toutes choses. C’est le temps, enfin, que propose l’Église chaque année pour approcher, si tant est qu’il soit possible de le faire, cet insondable poids d’amour qu’est le mystère de la rédemption. Mais parce que la vie déserte peu à peu le monde comme un corps se vide de sa substance, il est devenu urgent de vivre et se spiritualiser n’est plus suffisant. Il faut prendre acte de notre incarnation, et déployer en nous, dans l’esprit, les puissances vitales, sans lesquelles notre être ne peut être que morcelé. Il en va de la respiration même du monde. Il faut se pénétrer et vivre de l’idée, avec Péguy, que le spirituel doit plus que jamais être charnel. Aujourd’hui, où il importe désormais peut-être plus de vivre que de penser, j’ai préféré un vrai désert, matériel, charnel, vivant, à un désert spirituel, car la vie, en définitive, mène à l’Esprit qui en est le ressort et la source, à l’Esprit de Dieu, dont il est dit qu’il planait sur les eaux, au premier matin de la création… »
Alexis de Guillebon
Recension
n°191 mars 2008
C’est étrange, en voici encore
un qui s’appelle Guillebon. Et
c’est sans doute parce que nous
sommes si nombreux qu’Alexis
ne réclame rien tant que la solitude,
et le silence. Jeune homme
de moins de trente ans et « pauvre
pèlerin du sable et des étoiles »,
Alexis est donc parti en 2006
pour un carême de « méharée
hautière », en Mauritanie, sur les
pas de mythiques voyageurs. Car
pour apprendre à passer le chas
qui ouvre le Royaume, quoi de
mieux que la compagnie des
chameaux, finalement (même si
ce sont des dromadaires, nous
dit-on) ?
Traqueur de Psichari, dont il
relève partout les traces de la disparition,
l’explorateur des dunes
découvre parfois qu’il y a presque
des embouteillages dans le
désert aujourd’hui, que les fortins
coiffés d’un drap tricolore
qu’on aurait tellement aimé
défendre ont été engloutis par les
temps et que, malgré la fuite
délibérée loin de son cadre natif,
malgré le chant des heures laissées
à elles-mêmes, c’est-à-dire
au soleil ou aux astres de la nuit
(« J’en suis sûr, j’ai vérifié aujourd’hui,
j’ai vu la
Croix du Sud sur l’horizon »), le
seul espace infini où le silence se
déploie et où il n’est pas glacé,
déjà il le portait en lui. Et que
déjà, et évidemment, il le savait.
Mais quand on est jeune et
large d’épaule, quelle raison
pour nous interdire de gagner les
plain-chants du vent, quelle
autorité assez sérieuse pour nous
faire oublier qu’il n’y a rien de
plus sérieux que d’aller suer le
burnous dans les vallées de feu
de lointaines contrées ? Là où
souvent « après l’émerveillement,
la découverte, vient le sentiment
d’abandon. La solitude d’Adam. »
La où, aussi « c’est déjà une perception
d’éternité ». Rimbaud qui
aurait abandonné les vieilles
croûtes païennes pour la soumission
à la grâce du vrai Dieu,
Alexis sait que c’est au désert que
se manifeste la Parole, que,
comme Abraham, c’est là qu’on
gagne un nom nouveau et que,
comme Charles de Foucauld,
c’est ici qu’on peut terminer sa
prière d’entrée dans la vie en
disant enfin par une joie d’abandon:
« Car Tu es mon Père ».
Jacques de Guillebon