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Du Pouvoir Dans la Modernite et la Postmodernite
Javier Barraycoa
Livre
Produit épuisé
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Présentation de l'éditeur
« Prendre le pouvoir comme fil conducteur d'une enquête sur la modernité, tel est l'angle choisi par Javier Barraycoa. Et cet angle se révèle fécond. Il permet en effet de mettre en évidence divers paradoxes de la modernité morale et politique. »(Thibaud Collin)
Aux frontières de la sociologie et de la philosophie politique, un décorticage critique de la conception moderne du pouvoir, née du rejet de l'autorité et de la contrainte extérieure. Tout en revendiquant sa propre liberté, l'individu est prêt à l'aliéner pour permette la cohabitation des individualismes. Toute la modernité vit sur cette tension entre liberté individuelle et maintien d'une vie sociale dans laquelle le pouvoir est vécu comme un mal nécessaire.
Avec l'avènement de la modernité finissante, on assiste dans le même temps à la mort du politique et à sa transformation. Le pouvoir devient complexe, multiforme et derrière ses institutions visibles se cache l'action des lobbies. Face à cette « neutralisation » de l'État et au désenchantement généralisé, la tentation est grande de s'insérer à son tour dans le système pour y constituer un lobby réformiste. Mais ce serait illusion tant le préalable à toute restauration de l'ordre politique est précisément de sortir du carcan intellectuel constitué par l'obligation quasi totalitaire de rallier la logique moderne des jeux de pouvoir.
Recension
La Nef n°169Héritier talentueux des travaux du visionnaire Tocqueville, dont il cite généreusement et heureusement le prophétique De la démocratie en Amérique, mais aussi de ceux d’Hannah Arendt et Eric Voegelin, l’universitaire barcelonais Javier Barraycoa met à nu quelques paradoxes de la modernité et montre la logique interne de ces apparentes contradictions : l’autorité disparaît et le pouvoir s’étend, l’avènement de la démocratie est celui du totalitarisme, l’individualisme grandit avec le renforcement de l’État, le sentiment de liberté remplace les libertés réelles. Il remonte la genèse sociologique (Durkheim, Weber…) philosophique (Hobbes, Rousseau, Hegel…) et politique (la Révolution française…), mais aussi théologique (la Réforme protestante…), de la modernité politique caractérisée par l’absolutisation du pouvoir et son absence de limites, notamment transcendantes. La prétendue sécularisation ne signifie pas l’évacuation du sacré mais son absorption par l’État, qui se prétend l’horizon indépassable de l’humanité et produit sa propre eschatologie : le mythe du progrès et ses épigones, partagés des libéraux aux marxistes. Les idéologies sont des théologies décapitées. Libérée de l’auctoritas, la potestas se fait toujours davantage domination et, réduit à être défini comme monopole de la violence légale, l’État moderne est consacré en tant que structure de pouvoir absolu. L’affaiblissement contemporain des États ne doit pas non plus nous tromper : le pouvoir devient de plus en plus invisible mais de plus en plus présent, la contrainte sociale s’intériorise en autodiscipline mentale. La démocratie devient un état de conscience conditionné par la politique-spectacle et contrôlé par une bureaucratie anonyme et omniprésente. Seule la redécouverte radicale et concrète de l’autorité, de la tradition, de la personne et des communautés naturelles dans une véritable subsidiarité peut lutter contre le totalitarisme inhérent au pouvoir moderne : « Face au pouvoir, l’homme doit, de manière urgente, récupérer les sphères de la vie sociale qui lui sont propres. » Voilà un livre à lire avec Eucharistie et mondialisation de William Cavanaugh (Ad Solem, 2001) pour sortir de l’impuissance et entreprendre une véritable révolution catholique. Un livre à mettre entre toutes les mains pour saisir la substance étatique du monde dans lequel nous vivons, un livre qui devrait être au programme de tous les étudiants en sciences historiques, politiques et sociales.
Falk van Gaver
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