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La force de conviction

La force de conviction

A quoi pouvons-nous croire?

Jean-Claude Guillebaud

Livre
Prix :
22,00 €
Disponibilité :
Habituellement expédié sous 6 à 10 jours

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Année :
2005
Editeur :
Seuil
EAN13 :
9782020639279
Notre référence :
11279
Nombre de pages :
389

Présentation de l'éditeur

Nul homme ne peut vivre sans croyance. Aucune société humaine ne peut survivre sans une conviction minimale qui la maintienne debout. Or, en ce début de millénaire, une violence nouvelle semble avoir envahi le monde. Un peu partout, des fanatismes se déchaînent, des assassins tuent et terrorisent au nom de Dieu. Hier, c'est au nom de l'idéologie qu'ils le faisaient. Une folie paraît s'attacher, décidément, à toutes les croyances. Elle nous fait horreur. Dans le même temps, nous sentons rôder autour de nous le désabusement général. Un doute délétère nous habite. Le XXIe siècle, avec ses massacres et ses désastres, nous a appris à nous méfier des adhésions rassembleuses et des utopies. Nous voudrions bien croire encore, mais à quoi ? Nous errons entre intolérance et désenchantement, crédulité et cynisme. Quelque chose paraît s'être détraqué dans notre capacité de conviction. Ainsi la grande question devient-elle aujourd'hui celle du croire, et de ses diverses pathologies. Cette question déborde largement le cadre du religieux et de son prétendu "retour ". Ailleurs aussi, des dogmatismes et des cléricalismes menacent, d'autant plus redoutables qu'ils se présentent comme des savoirs. En politique ou en économie, dans la science ou dans la religion, il nous faut réapprendre à distinguer la croyance aveugle de la conviction raisonnable, la pure crédulité de la détermination réfléchie. C'est à cette patiente et minutieuse interrogation que nous invite ce livre : à quoi pouvons-nous croire ?

Biographie de l'auteur
Jean-Claude Guillebaud est écrivain et journaliste. Derniers livres publiés: La Trahison des Lumières (prix Jean-Jacques-Rousseau, 1995), La Tyrannie du plaisir (prix Renaudot essai, 1998), La Refondation du monde (1999), Le Principe d'humanité (Grand Prix européen de l'essai, 2002), Le Goût de l'avenir (2003).

 
Recension
La Nef n°166

D'abord un constat. Depuis quelque temps déjà, les peuples de l'Europe, et spécialement le peuple français, après « tant d'illusions évanouies, de croyances désavouées et de convictions brisées », en sont venus, nous dit-on, à se défier de ce qu'ils étaient avant-hier au point de prendre progressivement en horreur leur histoire. Ayant « chassé dieux et diables », à ceux-ci ils préfèrent dorénavant la « société du vide », exempte de frontières et d'allégeances, l'esprit sceptique et la postmodernité joueuse. D'ailleurs, selon toute apparence, ce « déracinement » leur est si doux qu'ils ne répugneraient pas à voir l’ensemble des peuples du globe les imiter et, utopie oblige, concourir à l'heureuse mise en place d'une citoyenneté universelle et de son futur État planétaire… Au vrai, le « vide » évoqué ici nous trompe. Crédulités et idolâtries, « sous le déguisement de la raison et derrière le masque du savoir », se répandent et prolifèrent, remarque Jean-Claude Guillebaud. Science, économie, technique, politique, médias, rien qui ne les suscite ou ne les entretienne. Le désenchantement est à la mode, de même la dérision, la raillerie ? Certes. À la reconnaissance des valeurs communes qui fondent une nation s'est substituée la dislocation, l'anomie ? Sans doute. Mais les plus pernicieux catéchismes trouvent de vastes, de déférents auditoires, et l’omniprésente police de la pensée (dont l'auteur ne souffle mot), peu ou point surmenée, de toute façon veille au grain. L'essai de Jean-Claude Guillebaud, en somme, où abondent les réflexions pertinentes et les justes analyses sur l'atomisation sociale actuelle et l'individu désaffilié, plaide pour une croyance nécessaire et structurante qui serait à la fois « robuste et ouverte, vivante et non dogmatique ». Fort bien. Nous craignons cependant que ses axes principaux se révèlent difficilement compatibles avec les orientations qui sont nôtres.

Michel Toda