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Le livre noir de la psychanalyseVivre, penser et aller mieux sans Freud
Jacques Van RillaerLivre
Produit indisponible Année : 2005 Editeur : ARENES EAN13 : 9782912485885 Notre référence : 17320 Nombre de pages : 830 |
Ce livre, paru il y a quelques mois, a suscité un tollé dans les Milieux français de la psychanalyse. Une avalanche d’articles est tombée des hauteurs ébranlées de la « grande » presse. Il est vrai qu’il s’attaque à un mythe imposant : parmi les figures tutélaires du XXe siècle, en est-il de plus influentes que celle de Freud ? Pour tout le monde ou presque, l’Inconscient freudien est une vérité dogmatique – même si on ne sait pas trop ce que c’est. Pulsions, refoulements sexuels et frustrations, lapsus révélateurs… Le langage courant reflète cet état d’imprégnation. Du moins Freud continue-t-il de régner en France. Car si la France est, avec l’Argentine, le pays le plus freudien au monde, ailleurs, l’étoile de la psychanalyse a singulièrement pâli. Au pays de Woody Allen, par exemple ! Pragmatiques, les Américains ont constaté que la psychanalyse, en plus de coûter cher, ça ne marche pas ! Il y a toujours des divans newyorkais, mais beaucoup de praticiens se sont tournés vers d’autres thérapies du mal de vivre ; particulièrement, vers la psychologie cognitive. Cette nouvelle approche, fondée sur les neurosciences, gagne de plus en plus de terrain et devient turbulente en Europe. Au dire des gardiens du temple du freudisme, qui entendent garder leur suprématie, Le Livre noir est un acte de guerre abject des cognitivistes contre la psychanalyse. Aïe, aïe, aïe ! Il se trouve que 2006 va être une « année Freud », puisque le père du complexe d’OEdipe est né en 1856, il y a cent cinquante ans. Ces quelque 800 pages constituent donc une provocation à la frange du sacrilège. En effet, elles n’y vont pas de main morte ! Mensonges de Freud, résultats thérapeutiques fabriqués, absence de fondements scientifiques, abus de faiblesse… Noir, le tableau l’est vraiment ! L’ennui, c’est que la démonstration est convaincante : le freudisme est une imposture, nous le savions déjà. Voici donc une lecture d’un grand intérêt, même si nous n’adhérons pas aux principes anthropologiques et moraux de tel ou tel intervenant. Nous ne sommes pas non plus obligés de choisir entre la psychanalyse et la psychologie cognitive… À lire ce (gros) pamphlet, on se prend à réfléchir à de graves questions, plus morales que psychologiques, et plus spirituelles encore que morales. Les partisans du freudisme se présentent aujourd’hui comme les défenseurs de l’âme humaine et de la liberté face au matérialisme de la psychologie cognitive. Quel est le sens des mots ? Il est pour le moins étrange de penser que la liberté puisse être dans l’expression de forces inconscientes ! Jean-Paul Sartre, qui n’est pas un père de l’Église, se méfiait de la psychanalyse parce qu’il avait bien vu en quoi elle annulait la liberté. Sommes-nous arrivés à un point tel que nous ne sommes même plus capables de sentir ce que mesurait l’intelligence dévoyée de l’existentialisme ?
Florence Eibl dans La Nef,