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Le mariage gay

Le mariage gay

Les enjeux d'une revendication

Thibaud Collin

Livre
Prix :
14,90 €
Disponibilité :
48h

 
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Année :
2005
Editeur :
d'Organisation
EAN13 :
9782708133235
Notre référence :
8157
Nombre de pages :
155

Présentation de l'éditeur
« Un grand nombre de nos concitoyens ne perçoit dans la revendication du mariage gay, qu’une étape supplémentaire de la lutte démocratique contre l’injustice, dans la continuité de celle engagée contre le racisme. Sur ce sujet sensible, les véritables enjeux du débat ne sont pas explicités. N’existerait-il pas aujourd’hui un malentendu entre la société française et les partisans du mariage gay ? » - Thibaud Collin Pour que le débat ait lieu sur la question du mariage gay, il est nécessaire de bien comprendre le discours de ceux qui le revendiquent. Demandent-ils seulement l’« égalité des droits » ? Sur quoi fondent-ils cette revendication ? Que veulent-ils vraiment ? Dans cet essai, Thibaud Collin se propose de décrypter le discours des partisans du mariage gay. Il s’en tient à leurs écrits, qu’il dévoile et analyse, afin de permettre l’émergence d’un vrai débat.
 


Recension

n°160

Faut-il ou non accepter la demande du mouvement gay d’ouvrir le mariage aux personnes de même sexe ? Le bon sens le plus élémentaire sait que le mariage a toujours été l’union d’un homme et d’une femme qui forme ainsi une
famille, cellule de base de la société qui assure le renouvellement des générations. La morale, héritée de notre civilisation
judéo-chrétienne, répond également péremptoirement à cette demande. Aucune civilisation ne peut perdurer en s’appuyant sur le « mariage gay », c’est donc aussi une question qui dépasse l’aspect moral et touche fondamentalement au Bien commun temporel de nos cités. Tous ces aspects essentiels, cependant, sont volontairement laissés de côté par Thibaud Collin qui s’intéresse ici à décortiquer la redoutable dialectique des gays dans leur revendication du « droit au mariage ». Ce faisant, son livre a davantage de chances de toucher des milieux réfractaires à tout discours moral. Et le résultat est saisissant. Notre auteur développe un talent dialectique remarquable pour montrer ce que veulent réellement les gays et finalement les contradictions de leur argumentation. Certes, la démonstration de Thibaud Collinest de haut vol, d’une tournure très philosophique et donc pas toujours facile à suivre, il n’en fait pas moins un véritable travail de salut public que devraient étudier, plume à la main, tous nos responsables politiques et tous ceux que la question intéresse. « Que l’on ne s’y trompe pas, prévient d’emblée Thibaud Collin, la revendication gay est davantage une dynamique révolutionnaire qu’une
simple rubrique d’un programme réformiste ! » (pp. 19-20). L’influence de Marx est patente et c’est bien en termes d’un droit à revendiquer par une minorité opprimée que les gays vont bâtir leur argumentation – les homosexuels prenant la relève du prolétariat. Dans la droite ligne de la rhétorique antiraciste, il s’agirait d’un combat contre d’injustes discriminations, pour l’«égalité des droits » dont l’acte fondateur est en quelque sorte le Manifeste pour l’égalité des droits publié par Le Monde du 17 mars 2004. Ce texte, longuement analysé par l’auteur, développe l’idée centrale que toute opposition au mariage gay et à l’égalité des droits (donc aussi pour l’adoption) relève de l’homophobie et doit être condamnée au même titre que le racisme (ce que prévoit bien la loi anti-homophobe de décembre 2004) : « restreindre l’homophobie aux seuls injures et actes violents dont sont victimes des individus homosexuels, c’est manifester officiellement sa volonté de la combattre pour mieux cacher la sienne, la vraie, que nos pétitionnaires eux savent déceler : celle qui consiste à s’opposer à l’égalité des droits »(pp. 27-28). En s’appuyant sur Michel Foucault – le véritable maître à penser du mouvement gay –, lui-même influencé par Nietzsche, les gays parviennent à subvertir le langage pour détruire le sens commun en le culpabilisant. Pour Foucault, il n’existe pas de vérité, son affirmation n’étant qu’un instrument de pouvoir. Il n’y a donc pas d’« identité sexuelle » préétablie, pas plus homosexuelle qu’hétérosexuelle. L’homosexualité est donc une forme de sexualité comme une autre et rien ne justifie la domination actuelle du système « hétérosexiste ». Dès lors, les discours savants des « experts » sont discrédités, car accusés de préjugés au service de l’idéologie « hétérosexiste ». Pour les gays, tout est politique et doit être traité à ce niveau : ainsi, peuventils soumettre au politique des changements qui relevaient jusqu’alors
du plus élémentaire sens commun, à savoir que le mariage unit un homme et une femme. Les conséquences de cette revendication conduisent à une subversion dramatique qui mine la base de toute société, ce que ne semble pas percevoir le législateur prisonnier de sa lâche démagogie ! Cette « égalité des droits » est fondamentalement trompeuse, car elle crée
en fait une inégalité profonde, puisque c’est en tant que gays, que ces droits particuliers sont envisagés, alors qu’en tant que citoyens, les gays ont les mêmes droits que tout Français. On crée donc un droit lié à une identité particulière, sexuelle qui plus est ! « Ce qui est recherché, conclut Thibaud Collin, c’est la réouverture indéfinie des possibles qui ne cessent de se jouer des limites, des différences et des identités. […] Finalement, on pourrait dire que ce qu’ils (les gays) veulent vraiment,
c’est foutre le bordel ! » (p. 146).
Christophe Geoffroy