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Les racines chrétiennes de l'Europe

Les racines chrétiennes de l'Europe

Conversion et liberté dans les royaumes barbares Ve-VIIIe siècles

Bruno Dumézil

Livre
Prix :
32,00 €
Disponibilité :
Habituellement expédié sous 6 à 10 jours

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Année :
2005
Editeur :
Fayard
EAN13 :
9782213622873
Notre référence :
20660
Nombre de pages :
804

Présentation de l'éditeur
Pourquoi l'Europe est-elle devenue chrétienne ? Une évangélisation pacifique des populations a bien évidemment existé ; mais très tôt la force, et notamment la force publique vint s'ajouter ou se substituer au pouvoir de conviction des prédicateurs. Malgré la qualité de leur appareil législatif et administratif, les empereurs romains ne parvinrent cependant jamais à convertir l'ensemble de leurs sujets. Lorsque le dernier d'entre eux fut déposé en 476, l'Occident passa définitivement sous la domination de rois germaniques, dont à cette date aucun n'était catholique. Les politiques civiles de coercition religieuse disparurent et l'on put même douter que le christianisme survive à l'anéantissement de l'Empire. Pourtant, trois siècles plus tard, l'Europe ne connaissait plus qu'une seule religion, le christianisme, et dans sa variante catholique, non pas arienne. Pour les contemporains, le phénomène parut mystérieux, car il était paradoxal. Les peuples barbares, vainqueurs de la puissance romaine, avaient accepté de se soumettre à la religion de leurs vaincus. De façon plus extraordinaire encore, des évêques isolés et des législateurs d'Etats embryonnaires étaient parvenus à réaliser ce que Rome n'avait pas même rêvé d'accomplir. Comparer l'ampleur des réalisations à la modestie des moyens ne peut qu'amener à réviser l'idée que le christianisme a été imposé par la force. A moins que notre définition de la contrainte religieuse se révèle imparfaite face aux mentalités de ces siècles obscurs ... Dans un âge d'inquiétude, la participation collective à des rituels d'unanimité ou la reconnaissance de signes surnaturels ont pu fléchir les consciences, sans pour autant les violer. De multiples facteurs sociaux, économiques ou culturels et intellectuels se sont superposés, comme autant de formes de pression subtiles qui amenèrent les individus au baptême (l'attitude changeante des monarques barbares envers les juifs fournit aussi quelques intéressants points de comparaison). Etendue dans l'espace à toute l'Europe occidentale sur pas moins de trois siècles, cette enquête rigoureuse et nuancée restitue ainsi le passage de l'Occident au christianisme dans toute sa complexité. En multipliant les angles de vue, elle propose une nouvelle approche du concept de liberté religieuse en un temps où convaincre et contraindre ne constituaient pas nécessairement des démarches opposées. Ce livre fera date.
 
Recension
La Nef n°169
Ce livre au titre apparemment militant cache en fait la thèse de doctorat d’histoire d’un jeune universitaire français. Ce travail ample et précis porte sur la conversion des royaumes barbares entre la fin de l’Empire romain et le début du carolingien, et plus précisément sur les conditions de ces conversions, entre liberté et coercition. Il en ressort essentiellement, contre la légende noire du christianisme, que les Pères de l’Église ont toujours défendu la liberté de conscience comme intrinsèque à l’acte de foi. Si des évêques isolés ont pu parfois prendre quelques malheureuses initiatives solitaires, notamment envers les juifs, les papes ont sans cesse rappelé cette vérité aux princes chrétiens souvent tentés d’obtenir par la contrainte la conversion de leur peuple et l’unité de la foi. Cet ouvrage honnête ne masque aucune zone d’ombre, mais montre tout de même que la liberté religieuse n’est pas une invention récente. Falk von Gaver