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L'illusion libérale

L'illusion libérale

Louis Veuillot

Livre
Prix :
15,00 €
Disponibilité :
Habituellement expédié sous 6 à 10 jours

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Année :
2005
Editeur :
De Paris
EAN13 :
9782851620828
Notre référence :
11253
Nombre de pages :
88

Présentation de l'éditeur
" Notre temps n'aime pas la vérité et dans le petit nombre de ceux qui l'aiment, plusieurs pour ne pas dire beaucoup, n'aiment point ceux qui se mettent en avant pour la défendre. On les trouve indiscrets, inopportuns. On ne leur pardonne pas leurs défauts. On leur sait mauvais gré de ne pas mettre tout le monde d'accord et de ne pas se mettre d'accord avec tout le monde. On ne peut rien qu'avec la religion, par la religion et pour la religion. Dieu par qui nous sommes capables de liberté est le premier maître. "
 
Recension
La Nef n°171
Une phrase, dans ce petit livre, en constitue, nous semble- t-il, la pierre angulaire. Citons. « Le libéralisme catholique nie que le pouvoir puisse être chrétien ; je nie qu’il puisse impunément ne l’être pas et que nous puissions impunément nous dispenser de faire tout ce que la religion commande et approuve pour le maintenir chrétien ou l’obliger à le devenir. » Chaque mot, ici, pèse lourd, et, ensemble, ils expriment la plus solide, la plus inaltérable certitude. Car, aux yeux de Louis Veuillot, seule la vérité importe. En lui donnant protection, « soit qu’elle ait besoin de se défendre, soit qu’elle se trouve dans la nécessité d’attaquer à son tour », le pouvoir assume un rôle qu’il n’a pas, en tant que pouvoir, le droit de décliner. Bien entendu, chez les esprits forts de l’époque, irréductiblement hostiles à toute reconnaissance, à toute ingérence et toute apparence de l’idée de Dieu dans la vie publique, pareille réclamation déchaînait le sarcasme et l’injure. C’était dans l’ordre, si l’on ose dire. Mais la posture des docteurs du libéralisme catholique ! À les entendre, il fallait sans barguigner en passer par les exigences de la société moderne, accepter toutes ses conditions, rejeter tout ce qui lui déplaisait, protester contre une quelconque reviviscence des pensées et des sentiments dont elle ne voulait plus. Bref, la rupture leur paraissant bonne, ces docteurs la souhaitaient définitive. Ils croyaient que l’Église y gagnerait la paix, et même, à la fin, un grand triomphe. Veuillot, en tout cas, leur attribuait ce genre de desseins. Avec le feu et le talent qui étaient sa marque de fabrique. En réalité, les chefs du parti catholique libéral (Montalembert, Falloux, Albert de Broglie et les autres) savaient mesurer leurs audaces. À gauche d’ailleurs, on les tenait pour des fieffés réactionnaires et des obscurantistes indécrottables… Davantage infiniment que les libéraux catholiques à l’ancienne mode, ce sera une troupe nouvelle, rassemblée au XXe siècle sous l’étiquette (avouée ou implicite) de la démocratie chrétienne, qui prendra à tâche de légitimer devant le peuple des fidèles ce que redoutait et combattait Veuillot : la complète répudiation d’une chrétienté spirituelle descendue dans le temporel, et s’épanouissant en chrétienté politique. Après quoi, annulée par ses lâchages et ses abandons, il ne lui restait plus qu’à s’abîmer dans le rien." Michel Toda