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Trois entretiens . Sur la guerre, la morale et la religion suivi du Court récit sur l'Antéchrist

Trois entretiens . Sur la guerre, la morale et la religion suivi du Court récit sur l'Antéchrist

Vladimir Soloviev

Livre
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Année :
2005
Editeur :
Ad Solem
EAN13 :
9782884820479
Notre référence :
9566
Nombre de pages :
188

Présentation de l'éditeur
Ces Trois entretiens sur la guerre, la morale et la religion constituent le dernier livre de Vladimir Soloviev (publié peu de temps après sa mort, en 1900). On peut à juste titre y voir le testament philosophique, politique et religieux de celui qui a sans doute été le plus grand penseur russe du XIXe siècle. Trois protagonistes : un Général, un Homme politique et Monsieur Z (alias Vladimir Soloviev), personnifications des vérités du passé, du présent et de l'avenir, s'opposent dans un dialogue très vif au représentant de l'erreur sous toutes ses formes qu'est le Prince (disciple de Tolstoï et à ce titre agent d'une confusion mentale et spirituelle qui en fait un précurseur de l'Antéchrist). A travers ces " trois entretiens ", Vladimir Soloviev montre le caractère indispensable de l'Etat, de la culture, de l'Eglise - du progrès et des institutions humaines en général - au moment où une lumière crépusculaire commence à descendre sur les valeurs qui formaient la civilisation occidentale. Au fil d'un dialogue où s'entremêlent admirablement gravité et humour, la courtoisie des échanges se voit perturbée par le sentiment d'une menace diffuse, qui altère la limpidité de l'atmosphère. Un temps s'achève. Un autre commence, prélude à ce " temps de la fin des temps " (le nôtre ?) que décrit en conclusion le Court récit sur l'Antéchrist, où face à la persécution que l'Antéchrist a déclenchée contre les chrétiens du monde entier, les représentants de l'Orthodoxie (le moine Jean) et du Protestantisme (le pasteur Paulus) prennent refuge auprès du pape Pierre II, qui scelle dans le martyre le retour à l'Unité des communautés chrétiennes divisées.
 
Recension
La Nef n°164

Depuis quelque temps, la limpidité a reculé dans l’air comme dans les âmes. La fin de la civilisation et l’approche concomitante de l’Antéchrist s’accompagnent d’une baisse sensible de la clarté des esprits comme de l’atmosphère. Cela, que Vladimir Soloviev, philosophe russe éteint en 1900, avait remarqué il y a plus d’un siècle déjà, est chaque jour plus vrai. Le dernier livre de Soloviev, mort à 47 ans, prématurément vieilli, à demi aveugle, porte sur les fins dernières et envisage l’aventure humaine et cosmique sous l’angle de la fin, de l’eschatologie, « de l’absolu religieux qui doit révéler son importance décisive dans l’avenir ». Ces Trois entretiens opposent la vérité de l’avenir et l’erreur de l’avenir en éreintant le simplisme taphysique, politique et historique de Tolstoï, sa morale de non-résistance au mal, son anarchisme foncier, et surtout son christianisme sans résurrection qui ont connu depuis, sous diverses formes, un immense succès.

Ces entretiens sont suivis d’un Court récit sur l’Antéchrist, qui est à mettre en parallèle avec « La Légende du Grand Inquisiteur » des Frères Karamazov de Dostoïevski, dont il reprend l’idée du « philanthrope » qui trahit le Christ en invoquant une « pitié » mensongère pour les êtres humains, bon sentiment qui cache en fait son ambition de se rendre maître des âmes et des corps. C’est l’usurpation et la falsification qui constitueront la marque des entreprises de l’Antéchrist, maître spirituel qui prêche une contrefaçon du bien, comme l’ont souligné les Pères de l’Église, ajoutant qu’il se reconnaîtra à ce qu’il prétendra clore l’histoire du monde et congédier le christianisme, se comportant moins en païen qu’en post-chrétien, tandis que saint Thomas d’Aquin notait que la puissance du monde, la « potentia saecularis », serait son véritable instrument. Le grand ouvrage du Falsificateur s’appelle d’ailleurs La Voie ouverte vers la prospérité et la paix universelles et n’envisage aucun au-delà. Le père de Vladimir, l’historien Serge Soloviev, écrivait que « l’humanité contemporaine est un vieillard malade et l’histoire universelle est intérieurement finie. » Et son fils d’ajouter : « Le drame historique est achevé, il ne reste qu’un épilogue qui, comme chez Ibsen, peut durer cinq actes. Mais la teneur en est au fond connue d’avance. » Ce n’est pas le moindre mérite de Soloviev que d’éclairer chrétiennement cet avenir. Falk van Gaver