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Vers Quelle Unité ?

Vers Quelle Unité ?

Un oecuménisme en quête de cohérence

Santogrossi Ansgar

Livre
Produit épuisé
Année :
2005
Editeur :
Hora Decima
EAN13 :
9782915844047
Notre référence :
20646

Présentation de l'éditeur
Voulant participer à la refondation d'un véritable œcuménisme, ce livre fait une critique systématique de la notion de « foi commune » qui existerait entre catholiques et chrétiens séparés. Comme si la foi était un immeuble à étages : un rez-de-chaussée serait constitué par les dogmes des conciles du premier millénaire, au-dessus duquel s'élèveraient des étages séparés, l'un orthodoxe, l'autre catholique, l'étage catholique se subdivisant encore en constructions catholique, luthérienne, etc. De sorte que tous, catholiques, protestants, orthodoxes, seraient en « communion imparfaite » et qu'entre tous, sans qu'ils renoncent à leurs doctrines opposées, existerait une « diversité réconciliée ». Cette illusoire construction repose sur une relativisation de la tradition et du magistère vivants, par mise en parallèle des divers « récits » religieux : il n'y aurait pas de « vérité bloquée ». En réalité, elle montre que l'œcuménisme dominant ne croit ni n'espère en une vraie réconciliation des chrétiens dans l'unité de la foi. Pour le salut de l'œcuménisme lui-même, Ansgar Santogrossi demande qu'on le préserve des œcuménistes.
 
Biographie de l'auteur :
 
L'auteur Le frère Ansgar Santogrossi, o.s.b., est né en Californie en 1962. Docteur en philosophie de l’Institut catholique de Paris, spécialiste de Duns Scot, après avoir enseigné à Mount. Angel Seminary (Oregon) pendant onze ans, il est actuellement maître des jeunes profès du monastère Nuestra Señora de los Angeles (Cuernavaca, Mexique) et il y professe la philosophie. Auteur de L’Évangile prêché à Israël. À propos du dialogue judéo-chrétien (Clovis, 2002), il a publié dans de nombreuses revues d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique des articles concernant la philosophie, la théologie et la liturgie.
 
Recension
La Nef n°169
L’ouvrage du Frère Ansgar Santogrossi nous est présenté par l’abbé Claude Barthe comme le premier Carnet de la collection « Perspectives ». Il ne s’agit pas moins, dans cette entreprise éditoriale, que d’une « refondation de l’oecuménisme ». Ansgar Santogrossi critique avec pertinence la théologie herméneutique d’un Claude Geffré pour lequel le « pluralisme (religieux) de principe » est « l’horizon de la théologie au XXe siècle » à partir duquel il convient de « réinterpréter l’unicité du christianisme comme religion du salut parmi les religions du monde ». Le P. Santogrossi souligne bien combien cette pensée se situe dans une ligne de continuité avec le modernisme. L’auteur passe aussi au crible la théologie contextuelle de Lieven Boeve, soit une conception de la tradition comme « un récit ouvert comportant sa part d’interruption de certitudes antérieures, en fonction des changements de contexte et d’époque ». L’auteur s’attaque ensuite à la Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Église catholique (31octobre 1999). La méthode du consensus différencié a, en effet, ses limites, mais le dialogue théologique mis en oeuvre pour y parvenir n’était au moins pas sans mérite. C’est enfin la reconnaissance de la validité de l’anaphore d’Addaï et Mari et certains aspects de l’encyclique Ecclesia de Eucharistia, sur la communion aux chrétiens séparés, qui sont mis en cause par A. Santogrossi. La méthode est donc typiquement « barthéienne » : partir des effets des théologies effectivement sujettes à caution, pour remonter à la cause supposée des ambiguïtés magistérielles ! On est aussi étonné du recours décisif à l’autorité de la « théologie classique », qui n’est jamais qu’un moment de la scolastique et de l’École romaine et qui laisse quand même le sentiment d’une pensée ossifiée. Enfin, une fois suspectés les efforts oecuméniques du magistère, il reste l’impératif de l’unité : « L’unité, disait Joseph Ratzinger, est elle aussi une vérité chrétienne, une réalité essentielle dans le christianisme ». Il ne s’agit « pas seulement de se demander si l’union et la reconnaissance de l’autre sont justifiables, mais de se demander avec encore plus d’insistance si la permanence dans la division est justifiable, car ce n’est pas l’unité qui a besoin d’être justifiée, mais la division » (Entretiens sur la foi). Abbé Christian Gouyaud